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La foire au spectacle
RENCONTRE NATIONALE DU THEATRE
Publié dans L'Expression le 06 - 02 - 2002

Après la présentation, samedi au TNA, de la pièce Nuit de divorce avec Sonia et Rachid Farès, faisant office de cérémonie d'ouverture, les choses sérieuses commencent.
La Rencontre nationale du théâtre a commencé effectivement dimanche et s'annonce marathonienne.
Trois représentations par jour jusqu'au 11 du mois sur trois sites différents, à savoir et dans l'ordre, le Cercle El-Adjouad, La salle El-Mouggar et le Théâtre national Mahieddine- Bachtarzi, tel est le rythme de cette Rencontre, inhabituelle concentration de spectacles.
Le concept est, comme l'a expliqué Ziani Cherif Ayad lors de sa conférence de presse, de présenter aux directeurs de sites français, désirant accueillir des spectacles dans le cadre de l'Année de l'Algérie en France, un maximum de pièces, ce qui devrait leur permettre de sélectionner celles qui s'accordent le mieux avec leurs lignes éditoriales respectives. Un marché du théâtre autrement dit auquel prend part notamment l'administrateur général de la Comédie française Marcel Bazonnet.
15h au Cercle El-Adjouad, même si la cafétéria au deuxième étage du Théâtre Mahieddine-Bachtarzi baptisée ainsi n'est pas opérationnelle en réalité à cause des dernières intempéries, on garde le nom, mais le spectacle a lieu au studio qui se trouve au dernier étage. Le «coin» est réservé aux mises en espaces, comme on dit dans le jargon théâtral: un spectacle dont la mise en scène est réduite et qui ne requiert, par conséquent, qu'un espace restreint ou réductible. Le monologue s'en accommode très bien et c'est justement de cela qu'il s'agissait, lors de ce premier rendez-vous au Cercle El-Adjouad.
Les protégés de feu Boubekeur Makhoukh seront de loin la révélation de cette première journée avec Zeynouba, un monologue adapté par Makhoukh, mis en scène par le jeune Yahiouche Rabah et interprété par Amroun Kheïrreddine.
Le personnage, un jeune Algérien sensible et rêveur, vient pourtant de commettre un meurtre. Contre qui? Le spectateur aura le loisir de choisir une victime. Pourquoi? Toute une histoire, celle de Zeynouba.
Assignée à une diffuse et séculaire règle sociale, la petite famille, comptant une mère veuve, une fille de trente ans et un jeune homme, adopte tout à coup de nouvelles habitudes, un nouveau comportement. Le but est louable ; le jeune homme voudrait marier sa soeur qui est son aînée, mais l'enfermement de cette dernière n'encourage en rien les rencontres. La prise de conscience ne se fait qu'après une rude bataille intérieure ; il doit prendre les choses en main, le garçon invite sa soeur à sortir et la découvre. Cet être, qui n'était pour lui qu'une machine à laver et à coudre lui dévoile une intelligence et un caractère, qui le séduisent. Elle devient, peu à peu, bien plus qu'un objet à fourguer, une charge dont il doit se débarrasser. Il redouble d'efforts pour lui choisir le meilleur parti et sacrifie même l'argent avec lequel il comptait se marier. La maison est sens dessus dessous sous cette vague de changements. Le voisinage aussi. La soeur timide et effacée trouve l'amour dans le dernier recours de son frère à bout de revers, un vieux délinquant. Le scandale : démence qui contamine le jeune homme et le transforme en meurtrier. «Il tire et la cible est inconnue ; elle est peut-être en chacun de nous».
La mise en scène, bien que s'appuyant essentiellement sur la prestation de Amroun, symbolisera avec une cocasserie intelligente les différents intervenants: le défunt père est suggéré par des habits accrochés à un porte-manteaux ; la mère est une boîte de laquelle dépasse un foulard ; la soeur est une valise qui se faisait piétiner au début du monologue et qui se fait enlacer plus tard ; l'amour de cette dernière est une boîte qui recèle les artifices d'une vie dispersée et malsaine : couteau et bouteille de vin.
La Coopérative du Petit Théâtre en est à sa quarantième représentation de Zeynouba. Evoluant notamment au Théâtre régional de Béjaïa, la petite troupe s'est récemment installée à Annaba.
Rencontrés après le spectacle, Yahiouche Rabah et Amroun Kheïrreddine, comédiens sortant de l'Inadc en 1997, parleront des années passées auprès du maître Makhoukh, de leur parcours et de l'esprit qui les anime, la formation.
Cette troupe d'artistes professionnels, constamment à la recherche de nouveaux espaces pour se produire, existe depuis 1989, à l'initiative de l'auteur de Hafila tassir. Au sujet de la Rencontre du théâtre national, les deux membres regretteront que la rencontre n'en soit pas une. «Nous devons faire nos bagages lundi ( un jour après leur représentation) car la Rencontre ne nous prend pas en charge sur toute sa durée. Mais on compte bien se débrouiller pour trouver des salles qui accueilleraient nos productions», nous apprendra le metteur en scène.
17h30 à la Salle El-Mouggar, l'Association El-Billiri de Constantine attendait son public pour lui présenter un théâtre expérimental à grand renfort de tableaux chorégraphiques et de bandes sonores. Sanhadji, titre de la pièce, a été montrée, pour la première fois, à la 13e édition du Festival du théâtre expérimental au Caire. Sanhadji nous emmène à travers l'introspection torturée d'une victime de la dépossession. Costumes, effets de lumière, musique et chorégraphie sont là pour dénoncer le colonisateur, parfois d'une manière maladroite. La fresque repose pour l'essentiel sur la représentation non verbale de perceptions, ce qui n'en fait pas une oeuvre très explicite sauf, peut-être, pour ceux qui maîtrisent les signes de la scène. Un show visuel et sonore à consommer avec modération.
19h30, dernière représentation de la journée au TNA. Le retour de Ziani Cherif Ayad à la mise en scène n'a pas été au goût de tout le monde, mais il faut dire qu'il n'a pas choisi de faire dans la facilité.
Le texte de Abdelkader Djemaï, dont il s'est inspiré, est un réel casse-tête. Le personnage central de la pièce est techniquement un maniaco-dépressif. L'adaptation ne pouvait autrement. Allier l'orateur et le cas pathologique, dont s'est chargé Hamid Remas, de retour, lui aussi - sur la scène- avec beaucoup d'énergie, n'a pas eu l'écho souhaité. L'innocent fonctionnaire de la Direction générale des statistiques, tombé en disgrâce et noyé dans l'atmosphère moite, puante et terrifiée des temps des situations extrêmes, semble, quant à lui, convenir au stéréotype que certains auteurs aiment à véhiculer quand il s'agit d'offrir une image de nous à l'étranger. Passons.
Des autres aspects de la pièce, nous retiendront un bruitage agressif et un décor intéressant.
La Rencontre du théâtre national qui se poursuit jusqu'au 11 février est ouverte au public. Le prix du ticket allant de 80 à 150 dinars ne semble pas attirer pour autant.


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