Le président de la République trace un cap et fixe une échéance. Le cap est de faire hisser l'Algérie au statut de puissance économique émergente. Pour cela, le pays s'en est donné les moyens. Au regard des méga-projets initiés ces derniers mois, et dont un certain nombre entrera en production, l'évaluation de Abdelmadjid Tebboune est très objective. La mine de fer de Gara Djebilet, à Tindouf, parviendra à sa vitesse de croisière en matière de production aux alentours de la fin 2026, début 2027. Cette échéance coïncidera avec l'entrée en service de la ligne de chemin de fer Tindouf-Oran. Dans le même temps, les unités de traitement du minerai de fer, installées dans une gigantesque zone industrielle, à Bechar, débuteront le traitement du minerai. Une dizaine d'usines, dont des complexes turcs, chinois et malaisiens, notamment, y sont actuellement en phase de construction. Le chef de l'Etat n'a visiblement pas fixé l'année 2027 par hasard, puisqu'en matière de production d'acier plat, le complexe sidérurgique de Tosyali, à Oran, atteindra son niveau de production optimal, en utilisant le fer de Gara Djebilet. Cette production servira le processus d'intégration de la chaîne des valeurs des industries mécanique et électroménager. À cette date, également, les usines de production d'automobile seront parvenues à un taux d'intégration susceptible de leur permettre d'envisager des exportations en Afrique et ailleurs. Et même si cette perspective ne sera pas vraiment au rendez-vous, il est certain que l'industrie automobile aura une bien meilleure visibilité. L'industrie minière et la filière céréalière ont assez fait parler d'elles, ces dernières semaines, pour espérer un développement exponentiel d'ici à 2027. Retenons que les deux immenses mines de phosphate à Tebessa et de zinc à Béjaïa, arrimeront le pays au club des nations minières, avec, en prime, dans les deux cas, des complexes de transformation attenants aux gisements. De tout ce qui précède, en y ajoutant la boucle de production de sucre et d'huile, de la plante au consommateur, déjà opérationnelle, la valeur ajoutée sera exceptionnellement importante pour l'économie du pays, l'emploi et la balance commerciale. Dans tout ce qu'a entrepris l'Algérie ces dernières années et qui culminera en 2027, l'impact sera plus que visible sur les importations qui baisseront fortement et les exportations hors hydrocarbures qui dépasseront, de loin, les prévisions les plus optimistes. L'inversion des tendances, déjà observée dans le ciment et l'acier, et qui prend forme dans le médicament et les carburants, en 2024, concernera une multitude de produits et d'intrants pour de nombreuses filières industrielles. L'année 2027, c'est également l'entrée en production des 3 000 MGW d'électricité solaire, point d'appui pour la production d'hydrogène vert. Un gigantesque projet structurant, stratégique et vital pour l'Europe qui attend avec impatience la réception du Gazoduc transsaharien Algérie-Nigeria, seule source de sécurité énergétique pour l'Europe. Tous ces investissements qui arriveront à maturité autour de 2027 conforteront l'image de la nouvelle Algérie. Cette image sera d'autant plus nette que le processus de numérisation, qui s'achèvera à la fin de l'année en cours, permettra à l'Exécutif de travailler sur la base de données socioéconomiques réelles. Une perspective qui accélérera toute la dynamique de l'émergence du pays. Il restera un secteur éminemment important, mais dont on ne peut prévoir l'évolution. Il s'agit de l'économie du savoir. Actuellement balbutiante et quelque peu marginale, il n'est pas interdit de penser que dans les trois prochaines années, elle étonnera le monde. Parmi les milliers de start up, aujourd'hui au stade de l'incubation, il s'en trouvera peut-être quelques dizaines de success story. Et une success story dans la technologie apporte un gain exceptionnel à l'économie et contribuera au soft power du pays. 2027 est donc une année de l'émergence, et plus encore!