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«Ma deuxième nationalité est la francophonie»
Michel Choueiri, libraire libano-canadien, à L'Expression
Publié dans L'Expression le 13 - 10 - 2024

Parallèlement au sommet de la francophonie qui s'est tenu les 4 et 5 octobre dernier, en France, un beau festival de la francophonie comprenant un riche programme culturel et artistique du 1er au 6 octobre, avec entre autres, une riche librairie qui a attiré un ensemble d'auteurs, d'éditeurs et de libraires du monde de la francophonie. Une semaine bien animée qui s'est deroulée au niveau de la Gaieté lyrique, à Paris, ayant drainé un monde fou, afin d'assister aux rencontres littéraires, projections cinéma et autres concerts. Une belle librairie accueillait ainsi les badauds. C'est dans cet espace hautement coloré qui respirait l'amour des belles-lettres francophones que nous avons fait la connaissance de ce libraire qui nous parle ici de son parcours, non sans confier son amour pour la langue française...
L'Expression: Tout d'abord, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs?
Michel Choueiri: Je suis libraire actuellement domicilié à Dubaï. J'étais libraire au Liban, au Canada et en France. Je suis membre de l'association internationale des libraires francophones.
«Refaire le monde» est le thème du festival de la francophonie auquel vous participez. Que peut la langue française pour cela, pour paraphraser la problématique d'une des tables rondes qui figure dans ce programme?
On partage déjà la même langue, mais nous ne partageons pas la même culture. C'est cette diversité de culture qui est intéressante dans cette histoire. Refaire le monde donc avec sa diversité culturelle à partir d'une langue qu'on partage ensemble, je trouve cela d'une richesse extraordinaire qui me convient. C'est pour cela qu'on se bat tout le temps pour nous faire connaître, les uns les autres dans nos pays respectifs, parce qu'on a tendance, aujourd'hui en tant que libraire, à mettre en valeur que les livres qui paraissent en France. Au niveau logistique, c'est plus pratique, mais on oublie souvent les auteurs et les éditeurs des autres pays francophones, du sud ou d'ailleurs ou même du Canada. Même si c'est un grand pays, ce n'est pas dit que ces grands éditeurs sont connus à l'étranger. A partir de là, refaire le monde c'est le refaire à partir de tout ces auteurs qui sont d'excellente qualité, mais qui sont méconnus, par le monde francophone.
Comment vous vous êtes retrouvé du Liban, au Canada, puis aujourd'hui à Dubai? Parlez-nous de votre parcours qui parait assez singulier...
Je suis né et grandi dans une librairie, celle de mes parents qui étaient déjà libraires au Liban. J'ai fait mes études aussi en France et ce, grâce à une bourse que j'ai obtenue de la part du syndicat national de l'édition. À partir de là, j'ai travaillé un peu en France, dans des librairies et maisons d'éditons en tant que stagiaire mais professionnel. Je suis rentré après au Liban et j'ai continué à travailler avec mes parents. Ça allait mal, donc j'ai émigré avec ma petite famille, mon fils et ma femme au Canada. J'ai travaillé au Canada en tant que libraire aussi. Ca m'a fait découvrir un monde différent dans le domaine de la librairie. Par la suite, avec un ami journaliste on a monté une librairie au Liban et je représentais dans tous les salons du livre de Beyrouth les auteurs francophones, les éditeurs québécois, les éditeurs belges et suisses, en plus des éditeurs français, pour justement montrer cette diversité francophone..
Quelle est la situation du livre francophone au Liban?
En temps normal, le Liban est un pays francophone et la littérature marche bien. Quand vous rentrez à l'école, vous rentrez avec deux langues l'arabe et le français ou l'arabe et l'anglais, mais pour la plupart, c'est l'arabe et le français. À partir de 9 ou 10 ans, commence l'apprentissage de la troisième langue. On finit en terminale, avec trois langues, ce qui est une richesse aussi pour nous. En termes de littérature, on a beaucoup d'auteurs libanais francophones. Vous avez déjà Amine Malouf qui est libanais, aussi Wajdi Mouawad pour le théâtre, vous avez aussi Charif Majdarani etc, aussi beaucoup d'auteurs libanais qui sont très connus à l'étranger, y compris les auteurs libanais arabophones qui parlent le français et qui sont traduist au français. Ces derniers, sont très connus également. On a plein d'intellectuels libanais qui sont mal connus à l'étranger.
Pourquoi être parti à Dubaï?
À ause de la situation au Liban. Àun moment, on a dû fermer la librairie et comme il y avait une librairie francophone à Dubaï que j'avais aidé à monter, un groupe l'a achetée e on m'a fait ramener du Canada pour la gérer. C'est un hasard.
Citoyen du monde?
En effet. Je me sens citoyen du monde. C'est ce que je dis à mes enfants: plus vous êtes en contact avec les gens, plus vous serez riches, je ne parle pas en termes inancies,mais riche en termes hmains. Car, avoir des contacts et connaître le monde à travers les gens et les livres c'est une richesse. C'est notre métier que de faire découvrir le monde aux gens...On a parfois des amis qui sont plus intimes que la famille...Ce qui me relie à mes amis qui sont francophones c'est la langue, quand je me déplace dans le monde par exemple. Là, je vais à Sfax en Tunisie, pour une formation de libraire, pour moi, c'est quelque chose d'extraordinaire. J'ai déjà fait une formation au Maroc et ailleurs. Ce sont des belles expériences incroyables.
Et quelle est la situation du livre à Dubai?
Il y a une communauté francophone assez importante quand même. Les écoles françaises sont en train d'augmenter le nombre de classes, même de bâtiments. À part les Français, les Belges, les Suisses et les Canadiens vous avez beaucoup de Maghrébins qui viennent de l'Algérie, de Tunisie, Maroc, du Liban, des Syriens aussi des Egyptiens et des gens qui viennent d'Afrique en général. Et puis, vous avez aussi des francophiles, notamment les Italiens, les Espagnols qui mettent leurs enfants dans des écoles françaises et même des locaux, sachant que sur le plan officiel, aujourd'hui, aux Emirats arabes unis, la langue française est la troisième langue officielle, après l'arabe et l'anglais. Donc, l'école publique enseigne de plus en plus la langue française, comme troisième ou quatrième langue.
Vous vous épanouissez bien en tant que libraire à Dubai?
À Dubaï, c'est vraiment un pays où on est là pour travailler, économiser de l'argent, mais ce n'est pas un pays où on a envie de continuer à vivre. Je le ds franchement. Il y a beaucoup de respect, de tolérance et de la sécurité. C'est une nouvelle expérience en fait pour moi. La clientèle que j'ai eue avant, que ce soit en France, au Liban et au Canada était quasiment issue de la même culture, partageant la même façon de penser. Ce qui est différent par rapport à Dubaï. Ici, vous avez une culture très différente, c'est pluricutrelle. Il y a différentes nationalités et elles n'ont pas nécessairement les mêmes goûts, au niveau du choix littéraire. C'est assez intéressant et on doit toujours s'adapter. Dubaï, ce n'est pas un pays où les gens restent pour y vivre. C'est généralement un passage. Les gens changent. Il y a des gens qui restent pendant dix ans, puis disparaissent etc. Notre clientèle est en continuel changement et nous, on est en continuel changement aussi, dont la façon de présenter nos livres, de choisir nos livres et nos auteurs. C'est une nouvelle expérience et un challenge pour nous en tant que libraire.


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