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Mouloud feraoun
PORTRAIT…
Publié dans Liberté le 13 - 03 - 2011

Adolescent, le nom de Feraoun m'imposait une sorte de respect figé. Feraoun, vous vous rendez compte ! L'incarnation de la force et de la démesure. J'imaginais un écrivain croulant sous l'or aussi puissant que son homonyme égyptien de l'antiquité. Et puis voilà que sa fille devient mon enseignante à la fac dans les années 70 – souvenirs… souvenirs... – et voilà que je découvre une femme timide, grave, la voix douce et le regard encore plus. Etonnement. Quoi, la fille de Feraoun qui adopte un profil aussi modeste ! Je ne comprenais pas. Il y avait maldonne. C'est que je n'avais pas encore lu Le fils du pauvre, sinon j'aurais compris que le fils du pauvre était l'auteur lui-même ; rien d'un pharaon, tout d'un fils de fellah kabyle qui trimait pour un bout de pain de l'aube au soir. Dans les débats à la fac, Feraoun était diversement apprécié. Pour certains, c'était un écrivain nationaliste. Pour d'autres, un tiède, un humaniste à ranger du côté de Camus. Loin de Sartre et Beauvoir. Ses contempteurs brandissaient son journal en ne retenant que ses impressions spontanées et instantanées qu'il n'a eu le temps ni de relire ni de corriger, l'OAS l'ayant frappé auparavant. En vérité, Feraoun n'était ni un traître ni un indifférent au sort de ses frères de race. Comme beaucoup de lettrés francophiles qui ne désespéraient pas de la France, Feraoun était d'abord pour l'assimilation. Normal, c'était un écrivain reconnu et apprécié par les Français. Il bénéficiait d'une relative quiétude, mais à sa place d'enseignant indigène. Quand la révolution a éclaté, il fut si étonné qu'il exhorta “les maquisards” à ne pas commettre les mêmes crimes que l'armée coloniale, car “que des soldats tuent des enfants, des femmes, des simples d'esprit, des innocents, ce n'est pas une nouveauté, ni un scandale…” Autrement dit, ne réagissez pas par les armes face aux forces colonialistes, leur répression sera terrible et notre sang coulera en abondance sans résultats. Il ne croyait pas à cette époque à l'indépendance. Qui y croyait d'ailleurs ? Peut-être une poignée d'Algériens, ceux qui ont déclenché la guerre. Et ceux-là n'avaient ni l'instruction de Feraoun, Dib, Mammeri, Kateb et Abbas, ni leur notoriété. Mais à mesure que l'Algérie s'enfonçait dans la guerre et le peuple algérien dans la tragédie, sa position évolua. Il devint un indépendantiste déchiré. Tout son être se cabrait contre les violences. Il sait bien que cette guerre est imposée aux Algériens. Pour autant, cela ne l'empêche pas de souffrir pour le sang versé des deux côtés. C'était un humaniste candide qui croyait à la fraternisation entre les deux communautés. En cela il ressemblait à Camus, mais un Camus embrassant dans le même amour les deux communautés. Candide mais pas dupe sur ses amis écrivains. Preuve, Feraoun reprochera à Camus et Roblès l'absence d'Algériens dans leurs romans. Il leur dira aussi : “Ce pays s'appelle bien l'Algérie et ses habitants des Algériens... Dites aux Français que ce pays n'est pas à eux.” Emporté par la fièvre de l'indépendance, il lancera ce cri qui réchauffe le cœur : “L'indépendance est désormais acquise. Grâce aux patriotes, grâce au patriotisme. Vive l'Algérie ! Que vienne à s'instaurer n'importe quel régime, il sera le bienvenu pourvu qu'il émane des Algériens eux-mêmes. C'est tout.” Même si le cœur avait lancé ce cri, la tête restait lucide. Il n'avait aucune illusion sur les futurs maîtres de l'Algérie. Il aura même des accents prophétiques dans son journal sur le destin de son pays. Il connaissait assez la nature de ses frères pour savoir que ceux qui allaient conquérir le pouvoir ne ressembleront ni à Farhat Abbas ni à lui-même. Ils ne connaissaient ni Rousseau ni Montaigne. Ni d'ailleurs Machiavel et Mazarin. Ils avaient cette règle qui les valait toutes : à quoi bon lire des moralistes quand on a avec soi celle qui imposera notre morale : Mme Kalachnikov.
H. G.
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