RESUME : Mehdi n'a plus donné signe de vie. Elle apprend que sa femme a fait un accident. Elle comprend qu'il s'occupe d'elle. Sorreya aurait voulu qu'il la tienne au courant. Mais ce dernier qu'elle revoie devant le lycée, lui dit que tout est fini entre eux… La sonnerie du lycée retentit et Sorreya part avant que les lycéens ne sortent de classe. Elle rentre chez elle, évite sa belle-sœur et son frère, gardant Yasmine dans sa chambre, ce petit témoin de son amour innocent, sans arrière-pensée, interdit et mal vu par les autres. Tout à l'heure, quand elle l'avait vu après toutes ses semaines, elle avait été troublée. Elle l'aime comme au premier jour. Elle a mal en constatant, même si ses sentiments ont été sincères au début, qu'il a suffi d'un accident pour qu'il l'abandonne et retourner à sa famille. Peut-être que les choses auraient eu un cours différent si elle avait accepté sa demande en mariage, si elle avait eu l'audace de ruiner son premier mariage en le séparant même de ses enfants. En refusant, elle s'était voulue ne pas être la cause de leurs souffrances. Elle n'en veut pas à Mehdi d'assumer ses responsabilités, elle lui reproche seulement de faire comme si elle n'existait pas, comme si ces deux dernières années, elle n'avait pas été sa campagne, comme s'ils n'avaient pas partagé leurs sentiments d'amour, de complicité. Elle serre contre son cœur, sa petite complice Yasmine. - Avec quelques années de plus, avec tout ce que tu as vu et entendu, tu aurais pu le faire trembler si tu avais eu l'idée d'aller parler à sa femme. Elle est comme secouée par la réflexion qu'elle vient d'émettre. Et si elle allait parler à la femme de Mehdi ? Ainsi il souffrira un peu. Il saura ce que c'est que d'être rejeté. Sorreya, poussée par le désir d'apaiser sa propre douleur, en se vengeant, décide d'attendre que l'accidentée se soit remise et ait quitté l'hôpital. Elle aura la force, après avoir appris l'infidélité de son mari, de lui demander le divorce, de lui crier de partir, qu'elle ne veut plus rien de lui, qu'il aille rejoindre cette autre… La jeune femme tente d'imaginer leurs réactions, leur divorce, ses retrouvailles avec Mehdi. Même si elle sait, qu'avec le coup qu'elle lui prépare, ce sera comme s'accrocher à des chimères. Le cours de la vie qui reprend doucement et sa réalité aussi. Sorreya n'arrive pas à dépasser sa douleur. À la maison, tout comme au travail, elle s'efforce de garder le sourire mais dans sa bouche, elle conserve le goût des larmes. Elle s'en veut parfois d'être faible, en proie aux souvenirs, aux regrets. Mehdi est en elle. Elle a toujours mal au fait qu'il l'ait devancée en mettant fin à leur relation, pour mieux reprendre avec sa famille. Il avait fallu que sa femme soit entre la vie et la mort, pour qu'il ouvre les yeux et s'aperçoit de son erreur. La jeune femme a servi à le réconforter, à l'aider à passer une période difficile parce que vide en évènements et en sentiments. Il a fallu qu'elle arrive dans sa vie pour que tout change. Leur rencontre leur a permis de recouvrir, d'espérer des jours meilleurs. Dans la peine qu'elle ressent encore plus dans les heures de solitude, elle se laisse emporter par les souvenirs des jours heureux, loin derrière elle, maintenant. Avec Mehdi, ça a été des mois de bonheur émerveillé par son amour, elle avait été aveuglée, ne se faisant pas à l'idée qu'il y aurait une fin un jour entre eux. Elle savait qu'il avait une famille. Comme elle ne lui avait jamais demandé de la quitter quand il l'avait voulu. Elle avait cru qu'il ne songerait jamais à mettre fin à leur amour. Elle ne lui pardonnait pas de ne pas reprendre avec elle… Son chagrin d'amour s'agrippe à elle, malgré les jours et les semaines qui passent. Sorreya n'a aucun moment de répit. Tout lui rappelle l'infidèle, le traître. Une odeur, une musique, une plaisanterie, Sorreya aurait voulu être amnésique, oublier à tout jamais cette période de sa vie, même si elle a été la plus belle. Et même n'avoir jamais connu Mehdi. Elle aurait continué sa vie en paix, elle n'aurait pas été la proie de la colère et le chagrin. Ces deux-là, la poussent à se venger, à le faire souffrir aussi. Il le mérite bien… (À suivre) A. K