Il n'y aura pas de "Medef" algérien à la tripartite du 10 octobre. Rahim n'aura pas le loisir de parler au nom du patronat national unifié et Hamiani ne se sera pas laissé doubler dans la course au micro. Celui-ci pourra, une nouvelle fois, réitérer "sans ambiguïté", comme en mars dernier, l'adhésion de son "organisation à la politique actuelle en matière économique conduite par les pouvoirs publics", confirmer "sa disponibilité à travailler sans relâche à son succès" et se féliciter à nouveau de l'arrivée d'Amara Benyounès au ministère de l'Industrie. Rahim devra lire une déclaration d'une Coordination patronale amputée du FCE. Sidi-Saïd n'aura donc pas réussi à créer un syndicat unique des patrons. Avec Hamiani, Sidi-Saïd et Benyounès pour défendre et réconcilier l'Etat, le capital et le travail, Sellal devrait jouer sur du velours. Dans ses controverses, comme dans ses ententes, la tripartite est une histoire de famille. Il y a plus de collusion politicienne que de convergence stratégique. Le développement, comme le modèle de société, sont pensés ailleurs. C'est-à-dire pas pensés du tout. Ce que l'Etat peut faire pour l'entreprise, pour le ménage et pour le salarié, il l'a déjà fait. Le principe du 51/49 est maintenu pour les investissements étrangers, "exception française" homologuée par Raffarin ; il est même élargi pour le commerce d'importation. Et la condition de soumission à l'examen préalable du Conseil national d'investissement des projets d'investissements étrangers directs ou d'investissements en partenariat avec des capitaux étrangers est abrogée. Par ailleurs, les diplômés en pré-emploi conserveront ce statut tant qu'ils ne seront pas régularisés dans un poste. Les jeunes ayant contracté des crédits Ansej sont dispensés de paiement d'intérêts en attendant que les dettes soient effacées. Les patrons et le syndicat gouvernemental voudraient bien discuter l'opportunité d'instituer "l'autorisation d'importation" et de "la protection de la production nationale". Pas pour économiser la devise, mais pour s'assurer l'exclusivité oligopolistique du marché national. Mais comme le pouvoir ne peut pas s'aliéner les forces affairistes de l'import, ils devront bien s'accommoder de cet état de fait. Une économie de rente est une économie d'import. Au demeurant, il n'y a pas de production à protéger, sinon quelques unités agroalimentaires qui dépendent... de l'importation. L'après-pétrole, c'est pour plus tard : l'Algérie va doubler sa production (d'hydrocarbures) dans dix ans, a annoncé un Yousfi triomphal ! Dans cette tripartite pour la forme, il ne peut pas y avoir de divergence doctrinale, puisque tout le monde, représentants de corporations ou délégués de l'autorité publique, soutient, naturellement, "le programme du Président". Ces conditions, que de très rares régimes arrivent à réunir, où, de tripartite en tripartite, l'on constate la communion satisfaite du pouvoir, du monde du travail et du monde du capital, constituent l'idéal pour tout régime. Il faut avoir à partager d'autres revenus que ceux du capital ou du travail pour se les partager avec une telle entente. Comme l'on ne connaît pas très bien son contenu, ce doit être aussi cela, le si prodigieux et si consensuel "programme du Président". M. H. [email protected] Nom Adresse email