L'avocat général a requis la peine capitale, dénonçant une exécution préméditée et de sang-froid. Un technicien supérieur de la santé, F. Mohamed, 54 ans, père de famille, a été condamné, mercredi, par la cour d'assises de Tiaret, à la prison à perpétuité pour l'assassinat de son collègue, N. Sid Ahmed, père de 3 enfants et médecin de son état, le 4 mai dernier. Retenant l'altération de discernement de l'accusé au moment des faits, le tribunal criminel a assorti sa condamnation de 2 millions de dinars de dommages au profit de la famille du défunt et d'un suivi socio-judiciaire comprenant, notamment, une injonction de soins. Auparavant, l'avocat général avait requis la peine capitale. Dans son réquisitoire, il avait dénoncé une exécution préméditée et de sang-froid de la victime qui avait reçu 18 coups de couteau sur plusieurs parties du corps. Les faits remontent à la matinée du 4 mai 2016 quand le prévenu, qui se trouvait en congé, est allé voir la victime, son collègue et ami de longue date, à son poste au service de prévention, à la direction de la santé. Quelques instants après, ils quittèrent ensemble la DSP pour une sortie, à bord du véhicule de la victime, en direction de la forêt séparant les communes de Tagdempt et Mellakou. Auparavant, F. M. avait demandé à son compagnon de le déposer, pour un instant, dans son domicile d'où il avait récupéré l'arme du crime qu'il avait pris le soin de dissimuler dans sa chaussette. Arrivés au lieudit Bouguerba, ils marquèrent une halte avant le drame. Le tueur avait tiré le poignard, pour un mobile que seuls les deux antagonistes connaissent, pour s'acharner contre la victime avant de s'entailler le ventre pour simuler une agression étrangère. Lors du procès, le juge a vainement tenté de tirer la vérité de la bouche de l'accusé quant au mobile du crime. Pour sa part, Me Attallah, avocate de la défense, a axé sa plaidoirie sur la carence de l'instruction qui n'a pas été approfondie, avant de solliciter le tribunal d'accorder plus d'intérêt à ce dossier dont le mobile de l'acte demeure énigmatique. Ainsi, elle a demandé la révision de cette affaire avec une instruction approfondie.