La Mutuelle nationale des travailleurs de la santé (MNTS) vient de monter au créneau et interpelle le ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière pour récupérer la clinique Marie-Laribere d'Oran. Le président du Conseil d'administration de la mutuelle, Bachir Djebbara, dans une déclaration à Liberté, assure que cette infrastructure est un bien appartenant à la MNTS depuis l'indépendance du pays. Qu'en est-il exactement et pourquoi ladite mutuelle n'a réagi que maintenant ? Selon un document en notre possession, cette clinique, complètement détruite par l'OAS le 24 avril 1962 et reconstruite grâce aux cotisations des adhérents de la MNTS, avait été cédée en 1981 à titre temporaire par la mutuelle au ministère de la Santé pour renforcer l'infrastructure hospitalière dans la wilaya d'Oran. Après l'ouverture de plusieurs établissements hospitaliers, la MNTS a entamé, durant les années 1990, les démarches pour récupérer cette clinique. Rien ne fut et le ministère de tutelle n'a accédé à aucune des doléances de la mutuelle. En 2017, la MNTS décide donc de relancer les démarches auprès du ministère de la Santé. Selon M. Djebbara, un haut cadre du ministère de tutelle a été chargé par le ministre en personne pour le suivi de ce dossier. "Si la MNTS a observé un silence jusqu'à présent, c'était pour donner au ministère de la Santé le temps de réagir à nos multiples doléances", a expliqué, à ce sujet, M. Djebbara qui nous a affirmé, par ailleurs, que seul le directeur général du CHU d'Oran a reconnu explicitement, dans sa correspondance n° 177 datant du 22 décembre 2014, l'appartenance de la clinique Laribere à la MNTS. M. Djebbara a révélé que "tous les malades qui s'y trouvaient ont été transférés au CHU d'Oran. Ladite clinique a été fermée et des travaux ont été entamés". D'où cette question légitime que se pose la MNTS sur les intentions du ministère de la Santé. En effet, s'interroge notre interlocuteur, "pourquoi entamer des travaux dans cette clinique alors qu'elle devait faire l'objet d'une restitution par respect aux règles du droit ?" Selon notre interlocuteur, M. Djebbara, une démarche a également été entamée pour cesser les travaux entamés à l'intérieur de la clinique en question. "Aujourd'hui, Oran est dotée d'un CHU ultramoderne et les infrastructures hospitalières sont suffisantes pour prendre en charge les malades diabétiques." D'ailleurs, dans une note de service datant du 9 février 2017, un médecin chef du CHU d'Oran a indiqué "qu'en raison des travaux de réhabilitation du service d'endocrinologie et diabétologie, à la clinique Laribere, l'hospitalisation sera transférée au service de médecine interne au CHU d'Oran à partir du 12 février 2017". Cet état de fait fera dire à M. Djebbara que "la clinique Marie-Laribere devra être restituée à la MNTS, d'autant qu'elle a été reconstruite sur ses fonds propres et elle était destinée à accueillir un centre médico-social, un restaurant, une cafétéria, une bibliothèque et une trentaine de chambres pour l'hébergement des agents de la santé de passage ou en mission". FARID BELGACEM