Considérée comme un levier stratégique au service de la compétitivité des organisations dans un environnement concurrentiel, la performance de l'entreprise dépend de l'efficacité de son potentiel humain et, partant, de l'investissement dans la formation de sa main-d'œuvre. C'est dire toute l'importance à donner à la formation pour être un sujet d'étude dans le cadre d'un colloque intitulé "Impact du management de la connaissance sur le développement des ressources humaines", organisé jeudi par la faculté des sciences économiques, commerciales et de gestion de l'université Yahia-Farès de Médéa. Au nombre des interventions sortant du contexte théorique, celle du professeur et ancien secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre chargé de la statistique et de la prospective, Bachir M'sitfa, portant sur la vision de l'Algérie à l'horizon 2030. Reposant sur 6 axes, la vision met en avant une économie basée sur le savoir ; le new management de l'entreprise ; les NTIC ; le triangle composé d'un partenariat stratégique entre l'université, l'entreprise et le secteur de la production ; l'innovation ; le modèle macroéconométrique à l'horizon 2050. À propos du rôle de l'université dans le processus de transition, l'expert suggérera la mise en place d'un cahier des charges sur le rendement de l'institution en allant pour cela vers plus de partenariats avec les universités étrangères des pays avancés (USA, Japon), en sortant des seules destinations Egypte-Jordanie. Se référant à une étude réalisée par une chercheure de l'université de Constantine à partir d'un échantillon représentatif, présentée à l'occasion d'un séminaire qui s'est déroulé à l'université de M'sila mardi dernier, il citera ce résultat selon lequel "70% des mémoires et thèses soutenus en Algérie sont des copies plagiées". Au nombre des approches théoriques sur les retombées du management de la connaissance présentées par les conférenciers venus de 25 universités algériennes, l'on comptera aussi la nécessité de la certification ISO qui est une norme internationale de management de la qualité. Pour Dr Arab Abdellah, de l'université de Tizi Ouzou, dont la communication intitulée "La certification ISO 9001 : outil de conversion des connaissances nécessaires au développement du capital humain d'une entreprise", l'idée est de formaliser par écrit tout ce qui se fait au niveau de l'entreprise en matière de qualité. Cette formalisation, dira-t-il, est, à son tour, objet de management de la connaissance par le biais de la certification ISO. L'intervenant citera le cas de l'Eniem de Tizi Ouzou, première entreprise publique nationale certifiée ISO qui est parvenue à reconstituer son capital humain perdu à la suite de l'ouverture du droit au départ volontaire appliqué au début des années 90. L'entreprise est même arrivée à former quelque 1917 travailleurs, soit 67,50% de ses effectifs en 2004, ce qui prouve qu'il est possible de préserver la pérennité d'une entreprise grâce à la certification ISO et au management des connaissances, selon le même orateur. Parmi les principales recommandations du colloque, il est insisté sur la nécessité d'adapter les systèmes d'enseignement et de formation aux mutations de l'environnement, de renforcer les liens de ces systèmes avec les entreprises économiques. Cependant, la réussite de toute stratégie est subordonnée aux moyens mobilisés, en mettant l'accent sur la nécessité d'allouer plus de moyens financiers au secteur de la recherche scientifique, à l'instar de ce qui se pratique dans d'autres pays. M. EL BEY