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La face cachée de la coquette
Opération de lutte contre la criminalité à Annaba
Publié dans Liberté le 22 - 05 - 2005

Du train qui emmène notre reporter aux quartiers chics de la perle de l'Est, les brigades anticriminalité sont sans cesse sur la brèche.
Il est 21h. Le mastodonte métallique quitte la gare centrale pour un périple qui va le conduire jusqu'à Annaba en s'arrêtant à toutes les stations. Un voyage qui dure 12 longues heures. Les derniers voyageurs essaient de trouver chacun une place disponible. Ceux qui ont opté pour les wagons-lits sont déjà dans les cabines. Des familles, des petits commerçants, des jeunes militaires en permission ou tout simplement des petites gens en quête d'un minimum de sécurité, mais qui n'ont pas les moyens de s'offrir un billet d'avion. Alger-Tunis ou l'AT, comme préfèrent l'appeler les agents de la SNTF, relie la capitale à Annaba.
Autrefois, pompeusement appelé Transmaghreb, ce train avait pour destination Tunis. À cause de l'insécurité qui régnait durant les années 90, l'administration des chemins de fer a été contrainte de limiter le voyage à Annaba. La cellule de communication du commandement de la Gendarmerie nationale a initié une sortie sur le terrain (après celles d'Alger et d' Oran) en collaboration avec la Fondation algérienne des droits de l'enfant et de l'adolescent (Fadea) dans le cadre de la prévention et de la lutte contre la petite et moyenne criminalité. Dans le compartiment qu'ils partagent avec les journalistes, les éléments de la brigade spéciale du GIR entrent en action à Réghaïa. Un “cas” vient de se présenter. Voulant prendre le train en marche, un jeune homme se retrouve nez à nez avec les gendarmes. Non seulement, il n'a pas de billet de voyage, mais en plus, ces derniers trouvent sur lui un couteau à cran d'arrêt dont la lame porte des alvéoles. Une arme que les gendarmes jugent très dangereuse. Les alvéoles laissent passer de l'air dans la blessure, la rendant plus vulnérable. L'opération-fouille est immédiatement déclenchée à travers tous les wagons. Certains voyageurs ne comprennent pas ce qui se passe. La spéculation fait dire des choses insensées. Des suspects, essentiellement des jeunes, mais aussi des personnes d'un certain âge sont fouillés. Abdelhak, dans un état second, est minutieusement fouillés. Le gendarme va trouver sur lui plusieurs plaquettes de psychotropes. Opposant la force au début, il finit par lâcher prise. “Ils ne sont pas à moi, c'est un ami qui m'a demandé de les lui garder le temps du voyage”. Il crie le nom de son ami Djaâfar que les gendarmes interpellent au milieu des voyageurs. Ce dernier reconnaît que les psychotropes lui appartiennent. Il confie en présentant des ordonnances qu'il est traité en psychiatrie depuis son divorce, il y a quatre ans. Il est pris en charge par le centre de Dély-Ibrahim. Abdelhak, quant à lui, se dit un cas social. Il raconte que son père a été tué par les terroristes dans les environs de Sidi Moussa. Dans les wagons-lits, le même scénario se déroule. Les cabines sont passées au peigne fin. Seule la partie réservée aux familles est épargnée. Toute personne présentant un comportement suspect est automatiquement fouillée. L'air vicié par l'odeur des chaussettes devient irrespirable. Le président de Fadea, Nacer Dib, assiste les gendarmes en mettant la main à la pâte. Servant de soupape, il instaure le dialogue entre ces derniers et les jeunes interpellés aux fins d'un maximum de renseignements sur d'éventuels réseaux. De paisibles voyageurs manifestent leur mécontentement. Une réaction somme toute légitime sachant que les conditions de voyage ne sont pas des meilleures.
L'AT, un train fourre-tout
“Nous vivons ces scènes régulièrement au risque de notre vie”, lance un contrôleur de la SNTF en assistant à une scène de fouille au corps sur des jeunes refusant de coopérer. Ils finissent, sous les coups de boutoirs du GIR, à admettre la réalité. Ce sont des jeunes appelés en permission. Sept cartouches de cigarettes Legend constituent la seule marchandise suspecte. Les gendarmes n'en font pas cas. Un dealer est arrêté en possession de psychotropes. Le couteau trouvé sur lui est confisqué. Après les formalités d'identification, il est placé dans le même wagon que nous, disposant d'une surveillance particulière. En tout, ce sont 16 personnes arrêtées pour différents délits qui seront remises entre les mains de la brigade de gendarmerie territorialement compétente avant leur présentation devant le procureur de la République. Le va-et-vient se fait de plus en plus rare. Une dernière visite d'inspection nous renseigne que le calme a fini par s'imposer. Les passagers ont adopté, chacun d'eux, la position de leur choix pour faire un somme, en attendant leur destination. Dans la nuit noire, le sifflement du train rompt par intermittence le silence imposant de la rase campagne.
L'établissement secondaire le plus réputé de Annaba et aussi le plus ancien, le lycée Saint-Augustin a abrité, mercredi dernier, une journée de sensibilisation sur la toxicomanie. Construit en 1848, il a toujours porté le nom de l'auteur de La cité de Dieu, Saint-Augustin né à Tagaste et évoque Hippone. Une conférence est animée par la cellule de prévention de la délinquance appartenant à la Gendarmerie nationale et le président de la Fadea en présence des autorités locales. Lors de cette conférence, les intervenants ont essentiellement mis l'accent sur les dangers de la drogue, notamment en milieu scolaire. Une projection-vidéo a permis aux élèves de suivre des aveux de cas authentiques de délinquance.
Privilégiant le langage direct, les animateurs ont invité les élèves à donner leurs points de vue. Un débat d'un niveau appréciable qui nous a permis de découvrir que nos lycées et autres établissements scolaires recèlent des lumières. Des questions très pertinentes sont posée dans un climat de discipline exemplaire menée par Mme Merad Fafani, proviseur. Une dame maîtrisant avec aisance gestion, éducation et pédagogie. Un échantillon qu'on aimerait voir fleurir dans tous les lycées du pays. Après un survol sur les raisons de prolifération de la délinquance juvénile dont on citera l'éclatement de la cellule familiale, les intervenants présentent trois cas de jeunes délinquants qui s'adonnaient à la mendicité sur la voie publique, récupérés heureusement par la cellule de prévention contre la délinquance. “La rue était mon chez moi, et la colle Patex ma nourriture. Elle me permettait d'oublier ma réalité”, s'exprime l'un d'eux.
Soirées tamisées sur la corniche
Du haut de la cathédrale d'une blancheur éclatante et généreusement éclairée, Yemma Bouna veille avec la bénédiction de Saint-Augustin sur la ville. Annaba, dont les habitants aiment la nuit, a plus d'un tour dans son sac pour charmer les visiteurs. La rue est animée jusqu'à une heure tardive. Du célèbre cours de la Révolution jusqu'à Belvédère en passant par Saint-Cloud, Chapuis, La Caroube, Toche ou Ras El-Hamra, l'invitation est tentante. Un axe où les plaisirs en tous genres s'achètent ou s'arrachent. C'est selon. Le mal, pour sa part, est également présent. La descente organisée à la plage Reffes-Zehouan ou Toche pour les nostalgiques est, tout comme celle opérée dans le train la veille, une surprise. La présence des journalistes et les éléments de la gendarmerie en grand nombre provoquent la panique. Les véhicules bloquent les issues. La fouille au corps est déjà entamée. Malgré l'alerte donnée par ceux qui ont aperçu de loin les véhicules, les mailles des gendarmes, aidés par le chien renifleur, se resserrent sur les délinquants. Dans la malle d'une vieille 504, on trouve deux couteaux à cran d'arrêt. Un jeune est arrêté et mis dans le fourgon alors que son ami essaye d'intervenir pour crier son innocence. on intime à ce dernier de se taire. Voulant se dérober à notre vue, un adolescent est rattrapé et tente de dissimuler une épée, cependant vainement. De ce fait, Il est arrêté. Le plus étonnant dans ce cas précis est que ce dernier rode sur les lieux avec cette redoutable arme depuis déjà six mois. Il reste à savoir le nombre de personnes qui auraient été éventuellement ses victimes. La brigade décide d'investir les cabarets de cette plage. À l'Auberge, la gasba et le bendir enflamment la scène. Le gérant ordonne au chanteur entouré de trois danseuses d'arrêter. L'officier lui demande de ne pas faire attention à la perquisition de routine. Des couples consomment, tout en gardant un œil discret sur ce qui se passe autour d'eux. Des filles, attendant des clients, nous dévisagent puis constatant la raison de notre présence arborent un sourire. Lola, la trentaine, est originaire de l'ouest du pays. Son pseudonyme, elle le doit à la femme qui l'a adoptée. Elle a décidé de voler de ses propres ailes dès l'âge de 17 ans. Elle ne connaît pas ses parents. De naissance X, sa mère l'abandonne à l'assistance publique puis adoptée par une dame d'Oran. Plutôt belle fille, Lola ne se sent pas du tout concernée par ce que pensent les autres d'elle. “Ma andi hadja fi nass”, se contente-t-elle de dire. On décide de visiter les six cabarets et les deux bars de Reffes-Zehouan. Dans l'un d'eux, un quinquagénaire ne semble pas cadrer avec le décor. Une galabia et un tarbouche indiquent son origine du Moyen-Orient. Un entrepreneur égyptien spécialisé dans l'installation des pylônes de haute tension. On lui demande son permis de travail qu'il présente. “Je suis là pour me payer du bon temps”, dit-il. Nous quittons l'ambiance endiablée de la corniche pour Sidi Amar, l'un des points noirs de Annaba réputé pour ses dealers et ses délinquants. Au lieu dit Tabaco, un ancien domaine appartenant au colon Borgeau. Nous pénétrons dans un endroit isolé non éclairé. À la vue des véhicules, des silhouettes disparaissent derrière les buissons en dévalant un monticule de gravats. Elles sont tout de suite rattrapées. Un groupe hétéroclite de gens de tout âge. Des toxicomanes. Sur les lieux, un hangar avec une entrée et une sortie différente fait office d'un dépôt et de vente illicite de boissons alcoolisées. Il jure par tous les noms qu'il est honnête. À proximité du hangar, une Mercedes C180 est garée. Le numéro du châssis ne correspond pas aux papiers du véhicule. Le propriétaire est conduit à la brigade pour être entendu. À la brigade de Sidi Amar, 4 personnes sont arrêtées pour port d'arme prohibée. Notons, enfin, que le bilan d'activité du 1er trimestre 2005 du groupement de wilaya commandé par le lieutenant colonel Yahia Kerrouche fait ressortir 336 cas concernant les délits en matière de circulation routière, 317 contraventions, 1 976 amendes forfaitaires, 123 retraits de permis de conduire.
En matière de foncier, il y a lieu de retenir que sur 469 EAC et EAI recensées au niveau de la wilaya, 5 EAC et 5 EAI ont fait l'objet d'enquête dont 2 EAC et 2 EAI ont changé de vocation. L'enquête est toujours en cours.
A. F.


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