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Le triptyque de l'édification de la citoyenneté
"Libertés, dignité, Algérianité", de Mohamed Mebtoul
Publié dans Liberté le 12 - 12 - 2019

Pour les besoins de cet ouvrage, Mebtoul a privilégié une analyse et une observation émanant du cœur même de la contestation, qu'il a suivie depuis Oran, depuis l'avènement du Hirak.
Il est des sujets qui préoccupent écrivains, chercheurs, sociologues et le cercle intellectuel plus que d'autres, notamment en période de crise. Le Hirak, la révolution du 22 Février, mouvement de contestation sont autant de noms donnés à ce que vit l'Algérie actuellement, et nombreux ont été les ouvrages dédiés à cet effet par un grand nombre de personnalités ou de collectifs depuis son avènement.
Mohamed Mebtoul, chercheur, professeur de sociologie à l'Université Oran 2, n'est pas en reste lui non plus, puisque son ouvrage Libertés, dignité, algérianité, publié en octobre dernier aux éditions Koukou, offre une vue "de l'intérieur" du mouvement du 22 Février.
En effet, pour les besoins de cet ouvrage, Mebtoul a privilégié une analyse et une observation émanant du cœur même de la contestation, qu'il a suivie depuis Oran. "Je fais mienne l'option d'une épistémologie de la proximité vis-à-vis du mouvement social algérien", explique le chercheur.
Et de reprendre : "Il me semblait difficile de me positionner en surplomb par rapport à ce mouvement pacifique et inédit dans l'histoire politique en Algérie et dans le monde. Ces multiples évènements sociopolitiques majeurs pour le devenir de la société algérienne méritaient d'être décrits, traduits et analysés dans leur immédiateté." En fait, cette observation "du dedans" devient "incontournable" pour appréhender "les différentes formes de mobilisation dans l'espace public".
Il rappelle par ailleurs que l'exigence du contexte et l'ampleur de la mobilisation contre le système impose une prise de position affichée, face à la "neutralité des sciences sociales". Car celles-ci s'enfermeraient, selon lui, "dans l'illusion d'un objectivisme introuvable face aux mouvements des corps, aux formes d'expression collectives pour dire leur volonté de changement social et politique". Les trois éléments qui forment le socle de cet ouvrage, à savoir la liberté, la dignité et l'algérianité, constituent "un rite de passage", vers la "construction de la citoyenneté incontournable", écrit-il.
Cette révolution, en plus d'exiger une rupture immédiate avec les pratiques d'un régime scélérat, aux commandes depuis vingt ans, veut recouvrer sa dignité. "Du statut de sujets obéissants, contraints d'intérioriser une gestion politique opaque, dominée par les affinités familiales et régionales, le mouvement social algérien ambitionne la rupture avec la façon dont l'Etat, qui par son action multiforme, façonne les marchés du logement, du travail et des titres scolaires."
Divisé en quatre partie, Libertés, dignité, algérianité se propose ainsi d'analyser, tour à tour, les évènements politiques antérieurs au 22 février, en axant notamment ses commentaires sur les "stratagèmes employés par le pouvoir" pour préserver sa "continuité", et ses corollaires "la ruse, la violence et la force".
Dans un deuxième temps, il démontre que la dynamique du Hirak est loin d'un éphémère, et que les manifestants "sont déterminés à opérer, même dans la durée, une inversion profonde de l'ordre politique dominant". Dans la troisième partie, l'universitaire s'intéresse aux jeunes, fer de lance des manifestations, notamment celles des mardis.
Il dit de cette génération ayant "peu connu la guerre intérieure" durant la décennie noire, qu'elle "assure un rôle dominant et déterminant dans le mouvement social". Au paternalisme et mépris des figures du pouvoir, les jeunes répondent par un "patriotisme sincère" selon Mebtoul, "pour se positionner en première ligne dans le mouvement social".
Enfin, les détournements, arrestations, manipulations, encerclement de la ville d'Alger et l'obstination du pouvoir à se maintenir sont analysés de façon critique par le chercheur, qui explique que "le pouvoir réel accaparé par la hiérarchie militaire opère dans l'obstination la plus aveugle (…) «le dialogue» impulsé par le pouvoir peut être caractérisé comme une mise en scène fabriquée dans la précipitation".


Yasmine Azzouz
"Libertés, dignité, algérianité", de Mohamed Mebtoul, éditions Koukou, 222 pages, 800 DA. 2019.


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