Déconfinement progressif: "la FNTT appelle à des mesures strictes à l'égard des transporteurs privés"    Covid-19: aucun cas enregistré dans les camps des réfugiés sahraouis et les territoires libérés    Réunion OPEP: il ne faut pas se contenter des résultats réalisés à ce jour    Le chef d'AQMI Droukdel tué par l'armée française    ONU : Mimouni à la tête du Comité des Conférences de l'AG    IN AMENAS : La 41ème brigade blindée de l'ANP exécute un exercice avec tirs réels    MOSTAGANEM : Un rendement prévisionnel de 13 quintaux/ha de céréales    EVOLUTION DE LA SITUATION SANITAIRE : L'Algérie a atteint le pic le 29 avril dernier    Dzair TV met les clefs sous le paillasson    Le ministère sahraoui de la Culture dénonce le vandalisme du patrimoine matériel et immatériel dans les territoires occupés    115 nouveaux cas confirmés et 8 décès enregistrés en Algérie    Transport urbain: adoption de mesures préventives en prévision de la reprise de l'activité    Affaire des enregistrements téléphoniques : La justice se met en branle    Retour à la compétition : Medouar préconise un dépistage massif des joueurs    Le monde vient de connaître son mois de mai le plus chaud jamais enregistré    Hamel condamné à 12 ans de prison ferme    BLIDA RESPIRE    Rassemblements citoyens à Tazmalt et Akbou    LE HIRAK, UN NOUVEL ETHOS ET DES VICTOIRES…    Les enfants d'El Hamri avaient annoncé la couleur : le rouge et blanc    Hussein Si Ahmed, un artiste céramiste : A la fortune du potier    Violente Amérique !    Présidents des clubs de l'Ouest: La réunion reportée à une date ultérieure    Sidi Bel Abbès: Assemblée de l'APW sous tension    Des températures «au-dessus de la normale» prévues cet été    OM Arzew: L'affaire des dettes devant la justice    Le crime de Minneapolis    Coronavirus Covid-19 : une maladie sans visage, un visage sans maladie !    Investissement: Du nouveau pour l'octroi de terres agricoles    LA NECESSAIRE LECTURE APPROFONDIE    Le ou la COVID ?    Le Consul général de France à Alger s'exprime    Un "dangereux" terroriste capturé à Aïn Témouchent    Ghannouchi fragilisé    Les conseils de classe convoqués ce lundi    L'ONU crée une mission d'appui à la transition    1 300 civils tués et plus d'un demi-million de déplacés en 8 mois    La mineuse de la tomate fait des ravages    Les factures Sonelgaz salées à Jijel    Sit-in de souscripteurs devant le siège de l'AADL    "La fin du système Bouteflika" passée à la loupe    L'Algérie représentée par la poétesse Nina Lys Affane    Lancement de spectacles virtuels pour enfants    LUTTE CONTRE LE TERRORISME : Un "dangereux" terroriste capturé à Aïn Témouchent    "Heureusement que nous avons gagné le procès de Malo"    L'épreuve    L'infrangible lien…    Affaire de détournement de foncier agricole :12 ans de prison ferme à l'encontre de Hamel    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





""Khatini" n'est que l'écho des mécontentements populaires"
Ahmed Rezzak, metteur en scène, à "Liberté"
Publié dans Liberté le 10 - 02 - 2020

Jouée à guichets fermés les 5, 6 et 8 février au TNA, la pièce Khatini d'Ahmed Rezzak est sans nul doute l'événement phare de la rentrée théâtrale. Elle est aussi l'illustration du marasme stagnant dans lequel s'engluent nos jeunes. Tous nos jeunes ? Non ! Car, il y a ce rebelle de "Khatini" qui décide de secouer la tour d'ivoire pour la vider de l'âge caduc qui a immobilisé les énergies et écroué nos jeunes dans la scène du naufrage du Radeau de la méduse de l'artiste peintre français Théodore Géricault (1791-1824). À ce propos, le metteur en scène y illustre ce personnage qui pourrait être le fils qui bat le pavé les mardis et vendredis pour "réussir à dévisser ces vieux du cercle de la décision". Après le tomber de rideau sous les clameurs du public qui scandait "L'istiqlal !", "Madania machi âaskaria" et "Djazaïr horra dimocratia !", Ahmed Rezzak a accordé à Liberté un entretien sur les coulisses de cette œuvre phénoménale.
Liberté : Khatini est le résultat des soubresauts qui enfièvrent actuellement l'Algérie depuis le 16 février 2019, quand le citoyen s'est réapproprié la rue après une longue période de précarité sociale et d'interdits. Vous êtes-vous senti en osmose avec la réaction du public ? Ahmed Rezzak : Comment ne pas l'être ? Du fait que c'est l'odyssée d'un jeune qui, sa jeunesse durant, guerroie contre la sénilité et l'omnipotence qui ont ankylosé la sphère dirigeante de la maison Algérie qu'on a tyrannisée jusqu'à son déclin. D'où l'ardue challenge de "Khatini", qui coalise ses idées novatrices face à une caste si nostalgique de dictature pour s'être abreuvée au totalitarisme et réfutant ainsi toute alternative au renouveau. Et face à l'absolutisme, source de l'arbitraire, Khatini a fait sien l'adage populaire "H'na imout Kaci" (ici mourra Kaci) pour déboulonner ces croulants qui se sont vissés sur leur siège. C'est dire l'illogisme des idéaux en présence, car, d'une part, il y a "Khatini" qui n'a que sa Sylmiya (pacifisme) pour détrôner ces vieux qui, pour leur part, n'ont d'autres préoccupations que le souci de durer au levier de commande et d'éloigner le spectre de la mort qui les guette. Du reste, le conflictuel n'est pas en reste, étant donné qu'il y a les adeptes de l'alternance au pouvoir mais qui se heurtent au sérail et son corollaire d'intrigues de palais aux relents de corruption. Auparavant, l'envie de "Khatini" d'émigrer ailleurs n'était pas du goût de la coterie au pouvoir qui tenait coûte que coûte à l'en dissuader, au motif qu'il était l'ultime bourgeon qui restait à l'arbre Algérie, malheureusement exsangue.
Il y a tout de même l'éveil de conscience du jeune "Khatini Machihoua" qui s'est rétracté d'aller sous d'autres cieux, pour s'investir en Algérie... Effectivement, le jeune "Khatini" s'est aligné sur le bon choix de sa copine Imane ! Soit l'initiative de s'unir pour rajeunir l'aspect gâteux de l'Algérie à l'aide des slogans "Yetnahaw gaâ" et de "Djibou el BRI, djibou Saâika". Mieux, et à la chute de ces adeptes du caporalisme, "Khatini" et sa compagne projettent d'irriguer l'Algérie avec le rappel du sang neuf de leurs frères harraga et d'endiguer ainsi la fuite des cerveaux.
Au-delà de la protesta, il y a aussi un message…
58 ans après l'indépendance, il est temps de sonner le glas contre "l'Indjeb" ou la reproduction et la cooptation de dinosaures qui avarient la pensée intellectuelle, la création artistique et qui gèlent la liberté d'entreprendre. D'où qu'il est requis d'engager une réflexion pour bénir l'avenir et ne plus idolâtrer le passé. Ce n'est qu'à cette condition sine qua non que l'on sauvera "Khatini" puisqu'il incarne l'image de nos enfants qui périssent dans les flots de la déperdition.
Quel est l'avis de l'autorité sur le sujet de la pièce ?
Plutôt que de heurter, l'objectif premier est de mettre en scène un spectacle dans la discrétion et ce, jusqu'à la générale de la pièce.
Au demeurant, le théâtre est d'essence révolutionnaire et Khatini n'est que l'écho des répliques de mécontentement populaire que l'on ressent dans la vie de tous les jours. Et puis, le cas de "Khatini" n'est pas l'apanage unique de l'Algérie, mais demeure dans l'actualité au Liban, à Téhéran, en Egypte et en d'autres contrées, où le ras-le-bol populaire s'en ressent.
Mieux, la pièce sert d'alibi au pouvoir pour qu'il continue d'alléguer auprès de l'opinion d'ici et d'ailleurs qu'il y a de la démocratie chez nous et, pourquoi pas, se faire passer pour des démocrates.
Pourquoi le choix du Théâtre régional de Mostaganem Djillali-Benabdelhalim ?
C'est le fait que mon texte a recueilli l'adhésion de la commission de lecture,
où, face à la réticence des uns, il y a eu l'approbation de la part d'authentiques patriotes qui restent à l'avant-garde du combat pour le progrès.

Entretien réalisé par : Louhal Nourreddine


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.