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"Ma misère affective était à l'origine de mon combat contre les injustices"
Guy Bedos et le mal de vivre
Publié dans Liberté le 03 - 06 - 2020

Lors d'un séjour à Annaba en 2016, bien que sujet à une grippe carabinée, l'artiste voulait profiter au maximum de son passage dans la ville côtière qui l'a adopté "du temps de sa misère affective".
Guy Bedos, le "pied-noir pas comme les autres", s'en est allé en laissant derrière lui un héritage de films et de sketches humoristiques surtout, qui resteront ici-bas pour rappeler son combat pour la justice et contre le racisme. Lorsqu'on apprend le décès d'un artiste, car il en a été un, et parmi les plus grands, c'est toujours une triste nouvelle, car inconsciemment, ils font un peu partie de notre vie.
Guy Bedos, lui, a eu la chance de vieillir et de faire une longue carrière, avec… le mal de vivre, comme il n'a jamais cessé de le répéter en évoquant sa prime jeunesse et son adolescence, en Algérie, le pays qui l'a vu naître. Ceux qui ont pu le rencontrer et échanger avec lui, à l'occasion de son dernier passage à Alger et à Annaba, il y a quatre ans, ont pu se rendre compte de la tristesse immense qui transparaît, au travers du beau et toujours souriant visage de Guy Bedos, lorsqu'il parle de cette période tourmentée de sa vie. Une époque qu'il a vécue au rythme des perpétuels déplacements de son beau-père et de sa maman entre Alger, Souk-Ahras, Constantine et Annaba. "Cette période qui s'est achevée en 1949, alors que je n'avais que 17 ans, sans pour autant rompre le lien qui me lie à mon pays natal, a marqué mon existence. C'est de là qu'est parti mon combat contre la bêtise humaine et la politique française." Premier acte de résistance, "quelques années après que nous nous soyons installés à Paris en tant qu'‘immigrants' avec toutes les vicissitudes que cela impliquait en ce temps, en France, j'ai commencé par me faire réformer pour maladie mentale pour ne pas faire la guerre d'Algérie", nous révélait-il, pince-sans-rire, dans le salon de l'hôtel Sabri de Annaba, où il a séjourné un certain jour de mars 2016, à l'invitation de l'Institut français. Bien que sujet à une grippe carabinée, ce jour-là, l'artiste voulait profiter au maximum de son passage dans la ville côtière qui l'a adopté "du temps de sa misère affective".
Il a pu rencontrer, la larme à l'œil, son vieil ami, l'avocat Abdelkrim Khaldi, avec qui il a échangé des souvenirs d'adolescence et du lycée Saint-Augustin, qu'ils ont fréquenté ensemble. En fait, c'étaient des retrouvailles entre les deux hommes, puisqu'ils s'étaient déjà rencontrés, quelques années plus tôt, lors d'un voyage organisé par une chaîne de télévision française, que Guy Bedos, accompagné de son fils Nicolas, avait effectué en Algérie, à Annaba et à Souk-Ahras, notamment.
Le "pied-noir pas comme les autres", celui qui n'a cessé de clamer qu'il ne partageait en rien la nostalgie que peuvent éprouver les Français d'Algérie, a pu, une fois encore, rappeler son attachement aux idéaux de liberté de "tous les peuples asservis". L'air faussement détaché, il a parlé du "bougnoule" qu'il a été et de la violence tant morale que physique qui a prévalu en Algérie bien avant le déclenchement de la Révolution et de son propre parcours. Plus de 70 ans après avoir embarqué sur ce navire qui l'emmenait de Bône à Marseille, il a confié qu'il gardait en mémoire les visages de tous les amis qu'il a eu dans les différentes villes de ce pays qu'il n'a jamais pu oublier. "C'est ce qui a forgé mes convictions d'humaniste et de défenseur des libertés. Je ne démords pas de ça, même si je suis au crépuscule de ma vie et que j'ai préparé ma tombe après avoir fait mes adieux à la scène", révélait-il. Un signe prémonitoire.
A. Allia


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