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QUE FAIRE ?
ECOLE et COVID-19
Publié dans Liberté le 11 - 08 - 2020


Par : Ahmed Tessa
Pédagogue




Une phase de remise à niveau psychologique s'impose avec un document didactique à destination des enseignants. Ce document sera élaboré par des psychologues et des pédagogues. La remise à niveau sera étalée sur ces deux semaines et portera sur des séances de 5 à 10 min."
"À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles", voici un adage populaire qui convient à la gestion des crises aiguës. L'histoire nous apprend que des pays l'ont adopté comme mot d'ordre mobilisateur. En ce sens qu'il permet de nous remettre en question sur des choix malheureux et nous pousse aussi – et surtout – à la résilience. Avec cette crise sanitaire qui frappe la planète, les systèmes scolaires et universitaires de tous les pays sont confrontés à ce dilemme : fermer les yeux et continuer à gérer comme par le passé ou appliquer l'adage populaire ci-dessus cité. L'Algérie n'est pas indemne de cette crise sanitaire qui se double d'une crise scolaire.
Que faire pour amoindrir l'impact négatif de la Covid-19 sur les apprentissages de nos élèves ? Que faire pour sauver, non pas seulement les examens de fin de cycle – ce qui est une grave erreur – mais toute leur scolarité, celle passée et celle à venir ?
Ainsi, apprenant la nouvelle du passage massif en classe ou en cycle supérieur de leurs enfants, des youyous ont fusé un peu partout dans des foyers algériens. Certains sont allés jusqu'à renouer avec les habitudes d'avant-corona : festoyer, danser, embrasser... Ces familles ont salué le "succès" de la fille ou du garçon en dehors de toute précaution.
À la limite, nous comprenons les enfants quand ils crient victoire. Mais nous, les adultes, sommes-nous conscients des conséquences sur la santé des uns et des autres qu'un tel comportement peut engendrer ? Et puis, ce qui attend un bon pourcentage des élèves admis n'est nullement réjouissant. On les envoie au "casse-pipe" avec des admissions frelatées – au rabais. Imagine-t-on les difficultés qu'il aura à affronter l'année prochaine avec tant de déficits accumulés, en dehors de toute prise en charge sérieuse et efficace ? Que fera à l'université le nouveau bachelier muni des connaissances de deux trimestres seulement ? Le MEN ayant décidé d'évaluer que sur les deux premiers trimestres de l'année 2019-20. Exit donc les leçons décisives du troisième trimestre ! Une aberration.
À voir les cafouillages dans les annonces ministérielles concernant le calendrier de reprise, l'observateur avisé doute fort que l'année 2020-21 soit une année de bonne récolte.
À l'université comme dans les autres cycles !
Ici, quelques propositions afin – nous l'espérons – d'amoindrir le choc de la crise sanitaire sur nos enfants. Car choc il y aura dès l'entrée en salle de classe.
- Rentrée scolaire le 1er septembre - révision jusqu'au 15.
- Une phase de remise à niveau psychologique s'impose avec un document didactique à destination des enseignants. Ce document sera élaboré par des psychologues et des pédagogues. La remise à niveau sera étalée sur ces deux semaines et portera sur des séances de 5 à 10 min.
- Parallèlement, les élèves recevront une remise à niveau pédagogique qui portera sur les deux trimestres de l'année écoulée.
- Un test n°1 d'évaluation diagnostique à la fin de la révision (avec remédiation collective). Il portera sur les matières de spécialité ou dites de base.
- Période du 15 septembre au 31 octobre :
- Rattrapage du 3e trimestre en 5 semaines et demie) selon un emploi du temps aménagé qui mettra l'accent sur les matières de base pour le primaire (arabe, français et calcul) et le collège (rajouter la physique et les sciences nat.) et les disciplines de spécialité pour les lycéens – en fonction de la filière.
- À la fin du 3e trimestre : test n°2 (un samedi) sur ce 3e trimestre portant uniquement sur les matières de base (les langues, maths, physique). La note au test n°2 sera la moyenne de l'élève au 3e trimestre.
- La moyenne de passage portera sur les 3 trimestres.
- Pour les 5e AP et les 4e AM, seront admis d'office ceux qui auront plus de 10/20 aux tests n°1 et n°2 cumulés avec les moyennes des 1er et 2e trimestre.
- Du 2 novembre au 10 novembre :
Dans le collèges et le lycée : les élèves admis au collège et au lycée passeront un test de pré-requis ou évaluation diagnostique (d'une journée, un samedi). Seules les matières de base seront testées, soient langues, maths, physique et sciences naturelles. Le test se fera au collège et au lycée.
Le test sera corrigé en classe et une remise à niveau/remédiation d'une semaine pour toute la classe. Cette remise à niveau s'organisera de façon à favoriser l'interactivité élèves/élèves via une entraide dans des travaux de groupe.
Le test diagnostique et la remise à niveau amèneront les élèves à bien suivre les exigences de ces deux cycles sur de bonnes bases.
- Le bac allégé au maximum de journées. Des épreuves ne porteront que sur les disciplines de spécialité (une proposition pertinente de certains syndicats).
Les élèves de collège et de lycée recevront des séances de sensibilisation aux métiers et spécialités offerts par la formation et l'enseignement professionnels. Dans chaque CEM, organiser des portes ouvertes sur les spécialités du secteur de la FEP et leurs débouchés. Cela aura pour but de susciter des vocations et éventuellement orienter les élèves qui désirent cette voie professionnelle (école ou institut supérieur d'enseignement et de formation professionnels). Le but aussi est de désengorger les lycées (orientation d'office pour les élèves de 3e, 4e AM et 1re et 2e AS qui ne sont pas admis en classe supérieure, s'ils le désirent bien sûr).
Aménagement de l'année scolaire 2020-2021
Elle démarre le 10 novembre
Assurer 28 à 30 semaines de cours effectifs sachant que les normes internationales sont de 36 à 40 semaines. Si l'année scolaire à venir devait se décliner selon le calendrier traditionnel des vacances et des évaluations, on assistera à une aggravation des retards déjà enregistrés. On ira inévitablement vers la baisse d'une semaine des vacances trimestrielles, sauf pour le préscolaire, les 1re et 2e AP.
Revoir dans le fond et dans la forme les compositions et les devoirs surveillés ainsi que la tenue des conseils de classe de fin de trimestre (ne pas empiéter sur les heures de cours). Les programmes par discipline seront bouclés vers la fin du mois de juin 2021.
Dégraisser les programmes par une progression intelligente des leçons. Il sera question d'insister sur les leçons-pivot. Si nécessaire, les enseignements fondamentaux (langues, maths, physiques et sciences) bénéficieront de l'appoint d'horaires empruntés aux autres disciplines. Bien entendu selon une démarche consensuelle entre les enseignants concernés.
Travailler samedi et mardi après-midi. Ainsi, on offrira aux élèves des activités de remédiation et de rattrapage de cours, sans oublier les activités périscolaires en collaboration avec les cadres spécialisés des maisons de la culture, des maisons de jeunes et des centres culturels. Pour les élèves en difficulté, des séances de remise à niveau se feront en petits groupes avec des techniques interactives d'entraide mutuelle.
Relancer le sport scolaire à l'échelle communale ou de daïra.
Réfléchir au niveau de la centrale, et ce, dès la rentrée, sur d'autres modalités de passage au collège et au lycée.
Sanctionner sévèrement les élèves qui désertent à la fin du 2e trimestre, voire avant (pas de convocation pour l'examen) obligation de suivi des cours. En Algérie, l'absentéisme scolaire est une plaie structurelle qui discrédite l'acte pédagogique. Aller à la traque des cours clandestins qui enlaidissent la noblesse du métier d'enseignant. N'est-ce pas révoltant de voir l'élève devenir client et l'enseignant commerçant ? Il est grand temps que les autorités en charge du commerce informel et des fraudes fiscales sévissent face aux milliards de centimes qui circulent de poche en poche.
Certains vendeurs de cours sont déjà sur "le pied de guerre'' pour embaucher leurs élèves/clients : ils retapent qui sa villa louée, qui son garage ou sa cave. Le coronavirus ne dissuade ni ces enseignants/commerçants ni ces parents irresponsables.
L'année 2020-21 sera l'occasion idéale de finaliser la réforme du baccalauréat. Il va sans dire que ces propositions constitueront une douche froide pour les parents et les élèves. Mais le travail de sensibilisation doit être réalisé comme cela se fait dans tous les pays. Il est de notre devoir de leur expliquer que les passages gratuits mènent à une impasse. Et que c'est leur avenir qui risque d'en pâtir.
De leur côté, les enseignants – et à voir la belle mobilisation des syndicats – afficheront toute leur générosité et leur don de soi, à l'instar des médecins en cette crise sanitaire de Covid-19, excepté bien sûr les vendeurs de cours clandestins.Et si ce virus, avec cette diète pédagogique qu'il nous a imposé, nous forçait à nous éloigner de la vieille façon de travailler et de concevoir l'éducation scolaire ?
La preuve est que les examens de passage ont été gommés d'un seul trait de circulaire : ce ne sont pas des totems sacrés, car d'autres modalités d'évaluation existent, plus efficaces et moins coûteuses (en argent, en temps et en énergie). Il reste à imaginer des protocoles de prise en charge tant psychologique que pédagogique pour sauver l'année en cours et l'année qui vient. Mais aussi de se forger une mentalité en rupture avec les archaïsmes qui se nichent dans le fonctionnement et l'organisation de notre système scolaire.
C'est là tout l'intérêt de cette modeste contribution : lancer le débat. Loin de l'anglais à la place du français, des programmes à revoir, ceux des quatre années "maudites'' : comme si les autres étaient nickel. La pédagogie c'est l'esprit scientifique mais c'est aussi le bon sens... à partager au maximum.
Exit la démagogie, le populisme ou l'idéologie de mauvais aloi.


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