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La fille des Aurès
63e partie
Publié dans Liberté le 26 - 09 - 2020

Résumé : Houria déballe son trop plein. Elle vide son cœur, et raconte à Hakima ses misères. Elle avait vécu l'enfer auprès de son pseudo mari, qui n'a fait que l'exploiter à outrance. Elle se rappelle un tas de choses qui l'avaient révoltée. Mais n'ayant pas où se rendre, elle avait continué à subir l'humiliation jusqu'à u jour où ...
Elle s'arrête et se reverse un verre d'eau. Hakima lui serre les mains, et l'exhorte à continuer. Houria poursuit :
-Il me menace de me tuer si je n'exécutais pas ses ordres. Je ripostais qu'on était ensemble, et qu'il était mon mari. Il me rigole au nez, et me donne une gifle. Ce qu'il voulait de moi c'était uniquement mes "charmes". C'était cette "marchandise" qui lui permettait de rouler sur de l'or, alors que je n'avais pas une robe de rechange. Il contrôlait tout, et même mes pourboires ne m'étaient pas permis. Je m'emportais... Je ne savais plus ce que je faisais. Je me saisissais alors d'un couteau et le lui plantais dans l'abdomen. Il tombe à mes pieds. Il y avait du sang partout. Les gens quittaient les lieux en courant. Je voyais des visages s'approcher de moi. Des mains et des doigts qui se tendaient vers moi. Des éclats de voix. J'ai perdu connaissance. À mon réveil, on m'apprend que Redouane venait de mourir, et que la police était là. Je n'avais aucun argument valable pour défendre mon geste. Tout le monde s'était légué contre moi. Je fus jetée en prison, et jugée pour meurtre avec préméditation. J'étais condamnée à une vingtaine d'années. Je venais de boucler mes vingt ans !
Hakima soupire :
-Mais on t'a libérée. Tu n'as passé que quelques années à ce que je comprends.
Houria hoche la tête :
-Je ne sais comment l'expliquer, comme par hasard, un jour je reçois la visite d'un avocat. Ce dernier me révèle qu'un homme était venu le voir et lui avait demandé de plaider ma cause. Il me demanda de lui relater les faits tels que je me les rappelais. Je lui rétorque que comme j'étais dans un état second, je ne me rappelais pas de tous les détails, mais que j'avais intentionnellement tué Redouane, parce qu'il m'avait non seulement exploitée, mais s'était aussi payé ma tête durant de longues années. Je lui racontais les promesses de l'homme, ses projets, et enfin son harcèlement.
Cet avocat prend en compte ma déposition et fait un appel en cassation. On revoit alors mon procès. Je fus rejugée, et on réduit ma peine à une dizaine d'années. Mais au bout d'une année, l'avocat revint à la rescousse, et demande une autre réduction de peine. Ma bonne conduite plaida en ma faveur. Un matin, on vint m'annoncer que j'étais libre. Libre de partir... De humer l'air de la liberté. Je n'en revenais pas. Cet avocat, c'est Allah qui l'a orienté vers moi. Je quittais la prison, mais une autre prison m'attendait à l'extérieur : la société... Au début, je pensais qu'en retrouvant ma liberté, je pourrais toujours reprendre ma vie en main. Hélas ! Là où je me présentais, je ne recevais que des réponses évasives. Les gens fronçaient les sourcils en me regardant d'un air parfois plein de pitié, et d'autres fois d'un air furieux. On me repoussait et on me demandait de ne jamais montrer mon nez chez eux. J'ai crevé de faim des jours durant. Alors je me suis mise à mendier. Je tendais la main à tout bout de champs. Parfois, je ramassais la pitance d'une journée, mais souvent, je m'endormais sur un carton dans le couloir d'un immeuble ou à même le trottoir, le ventre creux.
Elle ouvrit ses bras :
-Même mon corps ne peut plus servir à grand-chose. Je n'ai plus ni ma santé, ni les moyens de me refaire une beauté.
Elle se mouche, puis se remet à pleurer :
-Un jour, je t'ai attendue à la sortie de la cité universitaire. Je n'ai pas osé t'aborder, mais je t'ai suivie. J'ai compris alors que tu avais terminé tes études, et que tu bossais dans un grand journal. Je... Je voulais te demander de me dénicher un petit job. N'importe quoi, quelque chose qui me mettra à l'abri du besoin, et des mauvaises intentions. Je n'ai pas eu le courage de t'approcher ce jour là, ni aujourd'hui non plus. Mais le hasard a fait que tu m'as vue, et que tu es venue à moi. Oh Hakima ! Au nom de Dieu... Au nom de notre enfance à l'orphelinat, aide- moi, je t'en prie.
Hakima garde le silence un moment. Elle savait qu'elle ne pouvait pas abandonner Houria. Mais elle savait aussi, que sa réinsertion dans la société ne sera pas facile. Cette fille donnerait plutôt raison aux multiples appréhensions dont on affublait les filles élevées dans des institutions publiques. Telle que sera sa conduite à l'avenir, Houria sera marquée à jamais par son passé.
Elle jette un coup d'œil à Nawel qui jusque- là avait suivi la conversation sans broncher. Cette dernière regarde Houria avant de dire d'une petite voix :
-Il y a peut-être une petite solution pour toi dans l'immédiat, mais tu devrais penser à assurer ton avenir Houria.
Hourai hoche la tête :
-Si vous m'aidez, je finirais par trouver du travail. Un travail honnête, qui me mettra à l'abri de toutes les tentations. Certes, je n'ai pas un bon cursus scolaire. Mais je sais me débrouiller. Je pourrais travailler comme vendeuse dans une boutique, ou comme femme de ménage.

(À SUIVRE)
Y. H.
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