On ne pensait pas que le président de la Fédération algérienne de football, Mohamed Raouraoua allait soulever une légère tempête dans le périmètre du sélectionneur national Vahid Halilhodzic. La visite de l'entraîneur français Christian Gourcuff (58 ans) à Alger puis au centre technique national de Sidi-Moussa, le dimanche 30 mars, ne pouvait pas passer sans susciter commentaires et questionnements. La modestie veut que le sélectionneur national ne prête pas attention à ce rappel de Raouraoua, qui voulait démontrer qu'il est en mesure de mettre à exécution, ce qu'il avait annoncé dans le cas où le Bosniaque venait à choisir un autre camp après le Brésil. Ce qui est certain, c'est que Vahid ne semble pas du tout prêt à plier couverture pour partir ailleurs, les Verts semblent l'avoir séduit et le climat vivotant qui apparaît, ne le déstabiliserait pas. Raouraoua ira-t-il jusqu'au bout de son objectif ? Pas sûr, pensent les observateurs. Le coach Vahid qui tourne le dos à la présence sur son terrain de ce technicien français (dont la fin de contrat est prévu à Lorient le 30 juin prochain), préfère poursuivre sa mission, celle de répondre depuis le Brésil par le résultat qu'il espère décrocher. Contacté par «Jeune Afrique», le sélectionneur des Fennecs s'est montré plutôt lapidaire sur cet épisode. «Je n'ai pas grand-chose à dire. J'ai une Coupe du monde à préparer. On verra après la compétition», a-t-il répondu. Le Bosnien, en poste depuis l'été 2011, a comme objectif de passer le premier tour du Mondial-2014, alors que Raouraoua lui a déjà proposé de prolonger son contrat après le voyage au Brésil. «Si l'Algérie est au premier tour, ce serait compliqué pour Halilhodzic. Et s'il atteint l'objectif, il aura sans doute d'autres propositions. C'est logique que Raouraoua prospecte», explique un ancien international algérien. «Il prend des contacts pour piquer Vahid. Gourcuff en Algérie, je n'y crois guère. Il aime être sur le terrain tous les jours, et Bordeaux s'intéresse à lui. En Algérie, la méthode consiste souvent à lancer des pistes qui ne sont pas les plus concrètes pour garder secrète la plus sérieuse», intervient l'entraîneur sur «Jeune Afrique». «Je pense que Rouaraoua et Halihodzic – qui doivent certainement avoir des pistes ailleurs – des contacts dans le Golfe Persique existent, ndlr) devraient attendre la fin de la Coupe du monde pour faire le point», poursuit cet entraîneur. Dire aussi que Raouraoua est une personnalité du monde du football très apprécié en Europe, et il n'a pas cessé de côtoyer ses semblables lors de ses diverses sorties professionnelles. Ira-t-il jusqu'à bout de son raisonnement ? C'est peut-être la méchante question qui fait travailler le sectionneur. Après réflexion, Vahid a-t-il envie de partir ? Regretterait-il son comportement provocateur ? S'attendait-il à une réaction de feu de la part du président de la FAF ? Le climat n'est pas encore au vert, l'après coupe du monde livrera très certainement les secrets de l'un et de l'autre. En attendant, gardons les yeux braqués sur le Rio. A voir n Canal + sport : Everton – Arsenal à 16h 50 n Canal + sport : Tottenham – Sunderland à 20h 55