Dynamiques de la Société civile: La rencontre du 24 août vise l'élaboration d'une feuille de route "consensuelle" affirme Lyes Merabet    Farida Benyahia à Bouira : La lutte contre la corruption et la récupération de l'argent pillé, "une des priorités persistante pour la justice"    Reconnaissance faciale, conduite autonome… La Russie présente à l'Unesco ses "technologies d'aujourd'hui"    Solde commercial : Une dégradation prévisible, liée à la structure de l'économie nationale    Parc automobile : Légère hausse des immatriculations et ré-immatriculations    Une campagne vouée a l'échec    2e journée de l'Afrique à New York: L'ONU salue la "contribution active" de l'Algérie    Or noir : Les USA renforcent leur présence sur les sites pétroliers en Syrie    Brésil: Première titularisation pour Dani Alves avec Sao Paulo    Transferts: L'Algérien Guedioura rejoint Al-Gharafa pour deux saisons    Cause palestinienne : Eddalia réitère le soutien indéfectible de l'Algérie    "C'est en bonne voie"    17.200 Seat vendues en 7 mois    La Volkswagen Golf Joint n'est plus disponible    "On veut nos salaires !"    "L'indépendance du juge n'est pas un privilège mais une responsabilité"    Transfert de contrôle à l'Agence nationale    Décès de 20 hadjis algériens    Sidi Mezghich (Skikda) : Les habitants de Boutamina bloquent la RN 85    Le chanteur andalou Brahim Hadj Kacemanime un concert    Ooredoo annonce le rétablissement de son réseau de couverture    Judo : deux nouvelles médailles pour l'Algérie    Delort buteur, Abeid signe ses débuts avec Nantes    Le match contre ses détracteurs    Réception fin 2019 des projets annexes du barrage Ouarkis    Lutte contre la corruption et la récupération de l'argent pillé    Près de 2 millions de déplacés rentrent chez eux depuis 2015    Un lourd fardeau pour les nouveaux magistrats    20 AOUT 1956, LE CONGRES DE LA SOUMMAM : Le tournant décisif    Le documentaire Tideles projeté en avant-première    Anime un concert à Alger    VISA POUR LA FRANCE : Changement des délais de traitement des demandes    Le corps d'un baigneur retrouvé sur une plage près de Ouréah    Le ministère de l'Intérieur suspend ses activités à Aden    Moscou accuse Washington d'y avoir alloué des fonds    De plus en plus d'étudiants algériens dans les universités allemandes    Gratuité de transport pour 720 handicapés    La mer artistique de Mohammed Bakli    Cheba Farida priée de quitter la scène illico presto    Hassen Ferhani doublement primé au Festival de Locarno    Une marche pour réclamer le retour aux principes de la Soummam    CRB - NCM, aujourd'hui à 21h00: Tout pour une 1re victoire    En amical: NAHD-WAB, aujourd'hui à 17h: Boufarik pour préparer l'ASO    Tlemcen : 400 hectares de forêt ravagés par le feu    Jeux Africains : La sauteuse Arar accréditée à Rabat    Tébessa: L'OPGI, les loyers impayés et le reste    Embouteillages monstres aux accès de la capitale Les retraités de l'ANP empêchés d'atteindre Alger    Karim Younes: Le Panel «ne parle pas au nom peuple, du hirak ou du pouvoir»    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Le coin du libraire : «Trop tard» de Hajar Bali chez Barzakh
Publié dans La Nouvelle République le 26 - 05 - 2014

«Aujourd'hui mon libraire m'a donné ce livre avec des nouvelles octogonales sur un style terriblement trivial, mais de cette trivialité vénéneuse qui te pousse tout de suite au suicide, que le lecteur soit rassuré, il ne s'agit que de fictions».
Le délit est provoqué par Djalila Hajar Bali, elle est née dans les années 1960, est professeur de mathématiques qui manie le verbe et la tirade de théâtre pour lequel elle est une dramaturge appréciée, elle est l'auteur de «Rêve et vol d'oiseau», un recueil de pièces de théâtre paru chez Barzakh en 2009. Pour ce livre qu'elle a sorti dernièrement, Hajar Bali se livre à quelques exercices jubilatoires qui explosent toutes nos certitudes de bien pensants. Sur huit nouvelles courtes, l'écrivaine oublie ses anciennes amours de Chrysalide aujourd'hui sortie de son enveloppe translucide pour devenir un papillon écrivain qui se montre, enfin, dans la lumière avec sur ses ailes un ensemble de textes très croustillants à lire. On a droit à quelques histoires qui flirtent avec des notes surréalistes sans avoir l'air d'y toucher. Parce que Hajar Bali emmène le lecteur dans des situations d'apparence normale, puis elle dérive lentement, ou fait dériver plutôt lentement ses héros, où ses anti-héros dans une longue litanie aventureuse sur le fil du rasoir ancré dans le quotidien. Un peu comme «Le petit pépin de pastèque» qui, au début, était l'espace potentiel d'une protestation maternelle toute légitime, et qui prend ensuite la forme énorme et puissante de récéptacle des confidences les plus intimes. Ou comment faire d'un cafard un ami fidèle !? même si ce dernier vit dans un monde parrallèle avec la mort sans cesse à proximité. Une femme oubliée par les siens, oubliée par l'amour, se confie à un ami inattendu, jusqu'à ce que...«Peu importe le mensonge...», est la seconde nouvelle inscrite comme un tatouage très concis sur un couple très attaché, entre eux, il y a le drame formidable d'un petit oiseau tombé du nid. Il est sous la menace du temp qui passe, une épée de Damoclès avec une Faux etune tunique noire, on la voit passer furtivement comme une ombre fantomatique le long des lignes de vie de Hajar Bali, qu'elle s'amuse dans une faconde trop polie pour être réelement gentille à nous écrire dans un langage simple, très dialogué, courts mais précis. L'auteur mèle délicatement le destin de cette femme promise à une mort certaine incessement visible à un oisillon tombé du nid. La suite, le lecteur dans un superbe instinc de curiosité, se délèctera de la chute de cette histoire. Pour ce qui est de La chaussette à la main, Hajar Bali mène la danse dans une sorte de Polka endiablée, sur fond de musique triste d'une femme qui se trouve enfin libre de faire le tapin dans un immense désordre sur le microcosme d'un immeuble qui abrite une faune délicieusement anticléricale, et qui, sous l'impulsion malheureuse du meurtre non élucidé d'un poète approximatif, mari malheureux de la tapineuse avouée, laisse un désordre dans nos sens par les pistes inextricables dont Hajar Bali a le secret pour nous perdre dans ses labyrinthes humoristiques, délicieusement écrit. On dit souvent que les nouvelles vont vite, eh bien à la lecture de ce recueil, la vitesse est aussi un atout créatif très agréable à la découverte entre amour et haine, mépris ou latence avec «La Mante», on sait encore si c'est une leçon d'espoir pour un quidam de plus de 80 ans qui redécouvre une seconde jeunesse en instillant dans sa vie de nouveaux personnages féminins. Mais l'histoire ne suit pas le cours que l'on s'imagine... Même destinée étrange pour Mehdi de cette petite histoire intitulée «Bêtes à bon Dieu» qui suit les traces d'un jeune garçon au destin bien tracé qui sait faire les paquets de coriandre comme personne et qui adore jouer au foot, mais que la vie rattrape le temps d'une compétition pour le rendre à la trivialité comme pour un apprentissage des choses inexorables qui doivent arriver. «Sitôt que la souffrance surgit» plonge dans les arcanes du pouvoir, la dictature peut-être, mais le pouvoir change de main sitôt que la souffrance surgit ou que la mort rode dans les environs. Une très bonne nouvelle de Hajar Bali qui, dans ses dialogues et sa manière de nous mener à la chute dans un élan bon enfant, nous fait poser la question de l'humanité chez ses personnages, toujours en décalage avec le paraître et le conventionnel. L'auteur n'a pas peur des méchants et méprise les gentils, elle pense se placer avec la vérité des êtres et des choses, et c'est sans nul doute ce qui nous fait apprécier ses textes, «Les chiens errants» est une superbe histoire d'amour baignée dans l'errance justement d'un couple presque normal, et l'issue de cette aventure reste à découvrir par son pied de nez. Et bien-sûr l'inévitable option apolcalyptique laissé au final dans l'intitulé «Trop tard» qui débute dans une ruelle embourbée dans un embouteillage et d'une guerre déclarée, le tout dans une histoire qui rappelle grandement «La guerre des mondes» d'Orson Welles. Finalement, Hajar Bali réussit à nous amuser, nous distraire, rire sur nous-même avec une force littéraire qui trempe sa plûme dans le quotidien pour illustrer cet immense éloge de la folie dans lequel nous sommes tous susceptibles de tomber d'une... minute à l'autre, mais avec tout ça, il n'est malgré tout jamais... trop tard pour lire ce délicieux recueil de nouvelles. «Trop tard», recueil de nouvelles de Hajar Bali, Editions Barzakh, Alger, 2014, 176 pages, prix public 700 DA.

Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.