La liste des joueurs qui seront du voyage est enfin connue. Belmadi ne va pas affronter les mauvais commentaires. Les médias et les consultants ont accordé leurs violons. L'absence des locaux se justifierait par leur faible niveau. L'absence des locaux n'étonne plus personne, on est tous d'accord, pour une fois, sur le choix du sélectionneur. Ceux qui sont retenus bénéficieront d'une grâce que leur offre Belmadi. Un message facile à décortiquer : «A vous de démontrer que vous êtes capable de réaliser l'exploit et faire rêver la nation», un message chargé de promesses que doivent tenir les professionnels. La première réaction enregistrée auprès de quelques supporters et anciens joueurs sur l'absence de joueurs locaux, est la même : «Deux matches auxquels il avait assisté, lui ont permis de comprendre que le niveau ne peut contrecarrer l'adversaire...» Un autre message, encore plus fort, destiné aux gestionnaires du football «faire réveiller la formation et lui donner la possibilité d'occuper le terrain si l'on veut gagner, faire avancer le football national». Pas besoin de s'attarder sur cette question. Personne ne connaîtra les secrets du sélectionneur à la veille du match face à la Gambie. Comment Djamel Belmadi composera-t-il son équipe et avec quelles stars ? Quels principes de jeu appliquera-t-il ? Comment choisira-t-il ses joueurs ? Les professionnels réagissent, saluent et confirment l'excellente expertise de Belmadi. Pour l'ex-international Omar Betrouni, «je suis entièrement d'accord avec lui, il lui a suffi d'assister à deux grandes rencontres de football, en l'occurrence, MCA - ESS et l'USMA face au club africain pour comprendre que le niveau du championnat algérien n'est toujours pas du niveau qu'exige les compétitions internationales. Les joueurs convoqués auront, pour la énième fois, l'occasion de pouvoir s'exprimer. Ils partent donc forcément avec un avantage, l'expérience, celle de connaître l'Afrique pour y avoir joué. C'est la raison pour laquelle Belmadi a convoqué ceux qui évoluent sous d'autres cieux, parce qu'il pense avant tout à l'équilibre de son groupe, par rapport aux rôles de chacun. Il y a beaucoup de critères qui sont en jeu». Pour Mustapha Kouici, Belmadi pense d'abord, et il a raison, à son système de jeu, notamment celui de la défense «qui reste la partie importante du corps de l'équipe qui est d'ailleurs souvent malade et forcément a toujours posé problème... L'autre partie du corps qui s'essouffle vite est bien l'attaque, les joueurs mis en scène sont souvent statiques, ils ne sont pas mobiles, or ils doivent l'être, chercher à briser les stratégies adversaires, les bloquer, les freiner dans leurs avancées. Les locaux, mis à part une poignée, ils ne sont pas prêts pour ces compétitions», dit-il. Belmadi l'avait souligné avec force lors de sa conférence de presse «je veux des joueurs qui doivent être mobiles, très mobiles, sinon, ils n'auront aucune proximité, mais plutôt ils ne feront que créer des espaces, de grands espaces et ils risquent de ne pouvoir jouer leurs premiers rôles, ni en attaque placée ni sur un autre front». Face à la Gambie, ils doivent s'adapter à l'adversaire, les locaux, eux, par manque d'expérience face à de grands joueurs, ils ne pourraient pas les contrecarrer. Pour cela, quels schémas conviennent-ils le mieux ? Pour l'ex-international Zenir, «on peut mettre n'importe quel schéma, tout ça c'est du blabla. La vérité c'est l'intensité, le cœur, l'agressivité qu'on met. Au plus haut niveau, c'est ça qui fait la différence. Au coup d'envoi on est en 4-3-3 ou en 4-4-2. Après, c'est l'animation. Lorsqu'on est en situation haute ou basse, il faut qu'on soit collectif, on doit s'améliorer. On n'est pas obligé de presser pendant 90 minutes. Ce sont des automatismes qu'il faut peaufiner. (...) On n'a pas beaucoup de temps avant le match, Belmadi, peut réussir par la communication, je lui fais confiance.» Ali Bencheikh espère que les professionnels, habitués aux grandes rencontres, peuvent réagir très vite aux consignes du sélectionneur. «Nous n'avons pas besoin d'entraînement, puisqu'ils se disent être des professionnels, alors un professionnel comprend vite un professionnel, je suis persuadé qu'ils feront un excellent match.» Les Algériens sont pour une fois tous d'accord pour laisser tranquille le sélectionneur, pas besoin de parler de locaux, professionnels ou de X ou Y. L'essentiel est que Belmadi a pris les 27 meilleurs joueurs. Un pari difficile qu'il doit relever. «Nous sommes des compétiteurs, nous voulons forcément aller le plus loin possible, et pourquoi pas jusqu'au bout», disait-il. Une difficile mission à accomplir mais pas impossible à réaliser.