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Peintures marines et compulsions terrestres
Publié dans La Nouvelle République le 19 - 11 - 2018

Taciturne, souvent, peu exubérant, souvent, l'air curieux, sans cesse porté par une lippe qui veut dire mais qui veut comprendre aussi, Machou Abdeldjalil est un personnage qui promène sa silhouette un peu voutée un peu partout dans les vernissages ou dans les évènements qui, de près ou de loin, attirent la faune artistique dans toute sa splendeur.
Cet ancien diplômé en peinture à l'Esba d'Alger laisse de très bons souvenirs dans l'immense institution dont il est diplômé par un DESA bien mérité. Assiduité et sérieux caractérisent cet artiste flamboyant qui a longtemps exploré les voies artistiques les plus originales par le traitement, mais aussi les plus classiques en explorant le corps dans ses postures les plus poignantes. Il usera souvent de son talent pour exprimer toute la grâce humaine dans des accents assez proches du réalisme, mais aussi avec des attitudes ou postures très maniériste, on n'était pas loin à l'époque de ses débuts de quelques œuvres très proches du Gréco par exemple, mais avec des tonalités propres à lui-même sur des notes presque pastels tout en bleus, roses, blancs qui humanisaient le propos de Machou Djalil en ôtant en rien la virilité naturelle de ses personnages masculins.
Véritable exercice de style décliné de fort belle manière par ce plasticien plutôt optant pour la peinture d'une manière quasi exclusive, quasi compulsive, car en effet quand Abdeljalil «Tient» un sujet, il n'est pas près de lâcher pendant de longues périodes, jusqu'à épuisement de toutes les inspirations relatives à la thématique abordée. Ses «marines» exposées à la Galerie Ezzou'Art sont composées de grandes toiles peintes, entre cinq et six, immenses qui trônent sur les cimaises en contrepoint avec des toiles minuscules de vingt sur vingt centimètres et qui représentent sans cynisme aucun… Juste des baleines.
Le tout dans un maelström d'écume d'où émergent des cétacés colorés dans des camaïeux de bleus, de roses, de blancs, et de noir…Le peintre laisse son pinceau dessiner un avion touché par le souffle d'un rorqual, de dauphins qui batifolent sur une scène minuscule, le reste de ces tableaux est dans la même veine qui en équilibre avec la logique générale use de variations colorées et composées sur le même thème qui oppose l'aspect massif de ces animaux géants avec une sensibilité à fleur de peau incarnée par la représentation en mouvement de ces baleines qui acquièrent une sorte de douceur par le graphisme épurée qui les délimite, et aussi par les tonalités d'une couleur qui prête au transparent et au sfumato des allures poétiques. Même le noir usité par Machou Djalil devient une couleur et non plus une valeur.
Nous attendons avec impatience le changement de thématique de cet artiste émouvant par son approche terre à terre de son travail. Il reste à suivre de près dans ses voyages colorés. Dans une œuvre semi abstractive qui est certes habitée par les nuances aux accents océaniques les plus prégnants, le peintre Abdeljalil Machou aborde ainsi avec sérénité et bienveillance les thèmes des nuages, des cétacés et de la mer en furie, le triangle des Bermudes n'est jamais très loin de ses scènes agitées. L'artiste est né en 1968 à Munich en Allemagne. Il est probable que les nuages gris de ce pays pluvieux reviennent souvent dans ses souvenirs et dans ses toiles.
Durant son enfance à l'école, il ne s'intéresse qu'au dessin et à l'histoire et dédaigne tout le reste, probablement aussi piètre élève que superbe artiste-peintre. Curieux de tout, aimant la découverte et la lecture il découvre plus tard, dans sa prime jeunesse les récits de l'aéropostale : les témoignages de Mermoz et de Saint Exupéry le font rêver. Il est aussi marqué par le cinéma des années 1950. Il peint fréquemment en noir et blanc. Ce peintre faisant figure d'Extra-terrestre dans l'aréopage des bobos caractérisant la scène artistique actuelle a travaillé au musée des beaux-arts d'Alger.
Il est fortement imprégné par les maitres anciens comme Claude Gelée, Jan van Goyen où-bien Claude Joseph Vernet. On a beau lui dire : «Sois de ton temps», il se sent étranger à l'époque du numérique. Ses derniers travaux mettent en scène des dauphins et des baleines : il a du respect pour les animaux, la nature pour la vie sans aucune autre fioriture ni effets gratuits de styles, Machou Abdeldjalil est un puriste du pinceau et du manuel inspiré.


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