Des dizaines de citoyens ont fait le déplacement à Batna où ils ont organisé un sit-in devant le CHU de cette ville. Les manifestants brandissaient des pancartes et des banderoles à travers lesquelles ils ont demandé le départ du directeur de la santé et l'ouverture d'une enquête à la suite du décès d'un jeune dans des circonstances qualifiées d'énigmatiques par les contestataires.Les manifestants ont laissé éclater leur colère devant la structure de la santé, accusant le directeur de la santé d'avoir menti au sujet de l'état de santé du jeune décédé au CHU de Batna. Selon leurs déclarations, le jeune en question a été victime d'un accident de la circulation entre Batna et Barika. L'accidenté a été admis au niveau de l'hôpital de Barika avant qu'il ne soit transféré au centre hospitalier-universitaire de Batna. Prenant à tour de rôle la parole devant les journalistes et s'adressant aux internautes présents sur les lieux, les manifestants n'ont pas manqué d'accuser lourdement le premier responsable de la santé de la wilaya de Batna. « Le directeur de la santé nous a présenté des imageries (Radio-scanner), tout en indiquant que le patient n'a rien de grave et que selon lui, il n'y avait pas de raison de s'inquiéter. Les radios que le directeur de la santé nous a présenté n'appartenaient pas au jeune accidenté. Sinon comment expliquer que les radios n'indiquent pas de choses graves et de l'autre, le jeune est décédé ». Nous avons repris ici les déclarations des manifestants qui on ajouté qu'ils en avaient marre d'être pris pour des débiles. Plusieurs autres manifestants ont pris la parole pour expliquer le mal qui ronge la santé dans la région. Parmi les personnes qui avaient pris la parole se trouve un homme qui a indiqué qu'il est père de trois enfants en bas âge et que sa femme n'avait pas bien été prise en charge dans les services de l'hôpital. « Je ne sais pas à quelle porte dois-je taper, alors que je vois déjà mon épouse s'éloigner de moi sans pour autant qu'elle soit prise en charge par les blouse blanche ». Les manifestants ont longuement expliqué que ce n'est pas uniquement la santé dans la région qui est « malade », mais la majorité des secteurs, hormis les services de sécurité, ont -ils fait savoir. « Nous interpellons le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune et les hautes autorités du pays pour qu'il intervienne, car les citoyens souffrent énormément dans cette région », ont-ils martelés. Pour en savoir plus à ce sujet, nous avons pris attache avec le directeur de l'hôpital de Barika. Ce dernier nous a expliqué que les services de l'hôpital ont pris en charge le jeune accidenté et qu'il a été transféré au centre hospitalier de Batna en raison de la gravité de son état de santé. Au niveau du secrétariat du directeur du CHU, il nous a été répondu que le premier responsable de la structure du CHU n'est pas disponible et se trouve en réunion avec les membres de l'inspection qui a été dépêchée du ministère de la Santé pour les causes évoquées plus haut. Nous avons également tenté pendant deux jours de prendre attache avec la direction de la Santé de la wilaya de Batna mais en vain. La direction de la santé est injoignable au téléphone depuis plus de dix ans et ne répondait même pas aux appels intérieurs locaux, à savoir les quatre chiffres de la wilaya. Il y a deux édifices publics qui ne répondent jamais aux appels téléphoniques, et ce depuis plusieurs années, à savoir la direction de la santé et l'Assemblée populaire communale (APC), nous a-t-il été expliqué. Pour rappel, cette manifestation est la seconde du genre durant ce mois après celle où les citoyens de la wilaya d'Oum El Bouaghi ont été également contraints de sortir dans la rue pour presque les mêmes raisons évoquées par les habitants de ces deux wilayas, à savoir la mauvaise prise en charge des citoyens dans le secteur de la santé. Récemment installé, le nouveau ministre de la Santé, le professeur Mohamed Seddik Aït Messaoudène a été contraint de se déplacer en personne dans la wilaya d'Oum El Bouaghi et a réussi à calmer les esprits surchauffés des citoyens à la suite des décès de plusieurs enfants victimes des morsures d'un chien enragé. Nous avons pris attache avec le service de la communication du ministère de la Santé afin de connaitre les décisions prises par le ministre au sujet des doléances des citoyens de la wilaya d'Oum El Bouaghi et de Batna mais sans résultat. « Lorsque j'aurais l'information à ce sujet, je ne manquerai pas de vous en informer, nous a-t-il répondu.