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Entre l'important déficit budgétaire et les incitations fiscales, la loi de Finances prévisionnelle 2026 permettra-t-elle de relancer l'économie nationale ? Planification stratégique
Pour que ces projections du projet de loi de Finances 2026 se réalisent, il faut résoudre quatre équations : Premièrement : ce déficit alimentera t-il les dépenses non créatrices de valeur et dans ce cas l'accélération du processus inflationniste est inévitable. C'est une loi économique applicable à tous les pays sans exception, surtout en cas de stagnation comme en 2024/2025 ou de baisse des recettes des hydrocarbures en 2026, qui servent de tampon social ou une grande fraction sera affectée aux activités productives ? En cas d'un cours du gaz représentant un tiers des recettes de Sonatrach de 30/35 dollars le mégawatt/heure et un baril de moins de 60/65 dollars, devant tenir compte des importations en euros donnant un cours 53/55 euros le baril, alors que 50% des importations se font en euros, il y a risque d'accroissement des tensions budgétaires. Aussi, s'imposent une nouvelle gouvernance centrale et locale, la valorisation et de profondes réformes au sein d'une planifications stratégique qui fait cruellement défaut, la création de la valeur reposant sur des entreprises productives loin des injonctions administratives. Deuxièmement : il faut avoir un fort taux de croissance devant attirer les IDE, ce qui suppose une visibilité dans la politique socio-économique, l'amélioration du milieu des affaires et la lutte contre la bureaucratie étouffante et l'émergence de segments hors hydrocarbures concurrentiels en termes de coût et qualité au niveau tant interne qu'au niveau international. Selon les données du FMI et de la Banque Mondiale, avec certains corrections des données du gouvernement algérien, le taux de croissance, non proportionnel aux dépenses monétaires a été le suivant : 3,8% en 2021, en 2022 3,6%, en 2023 4,1%, prévision pour 2024 3,3%, une prévision pour 2025 de 3,4% et une prévision de 3,7% pour 2026. Le produit intérieur brut pour 2022 a été de 225,6 milliards de dollars, en 2023, de 247,6 milliards de dollars, en 2024 263,6 milliards de dollars, une prévision de 278,7 milliards de dollars US pour 2025 et selon le PLF 2026, le produit intérieur brut (PIB), en valeur courante, devrait atteindre 41.878,3 mds DA en 2026, 322 milliards de dollars pour augmenter à 45018,4 mds DA en 2027, 346 milliards de dollars, à 48.395,7 mds DA en 2028, soit 372 milliards de dollars. Le PIB hors hydrocarbures à ne pas confondre avec les exportations hors hydrocarbures, selon le PLF 2026, devrait atteindre 36.286,5 mds DA en 2026, soit 27,91 milliards de dollars 39.578,3 soit 27,91 milliards de dollars mds DA en 2027, avant d'atteindre 43.117,8 mds DA en 2028, soit 33,16 milliards de dollars. Le taux annoncé de 400 milliards de dollars par certains experts organiques pour 2026/2027, selon les tendances de certaines institutions internationales, qui donnent PIB inférieur à celui du gouvernement pour 2026/2028, sous réserves de profondes réformes qui ne seraient atteints pas avant 2030/2032, supposant un taux de croissance constant de 6/7% par an pour juguler l'inflation et absorber un flux additionnel de demande d'emplois d'environ 350.00/400.000 par an qui s'ajoute au taux de chômage actuel. Troisièmement : lié à l'axe précédent, le PLF 2026 mise surtout sur les recettes fiscales hors hydrocarbures étant prévu que la fiscalité des hydrocarbures budgétisée devrait diminuer, passant au cours constant de 130 dinars/un dollar de 20,75 milliards de dollars en 2026 à 19,90 milliards de dollars en 2027 et à 19,30 milliards de dollars. Or, un projet après sa mise en exploitation réelle, son seuil de rentabilité, sous réserve qu'il s'insère dans la logique des valeurs internationales et de la levée des contraintes bureaucratiques, n'est atteint qu'au bout de 3 ans pour les PMI/PME et 5/7 ans pour les grands projets. Selon les données officielles pour les exportations hors hydrocarbures, nous avons selon les statistiques douanières (APS) : près de 6,9 milliards de dollars en 2022, 5,01 en 2023 selon la banque d'Algérie et selon les dernières données de l'ONS, une diminution de 6,7% par rapport à 2023, ce qui donnerait pour 2024 environ 4,7 milliards de dollars. Quatrièmement : constatant la stagnation de la fiscalité ordinaire, qui ne représente que 10% du PIB, soit environ 4.300 milliards de dinars le PLF 2026 prévoit pour plus de justice sociale élargir l'assiette fiscale ce par l'inclusion du marché parallèle mais le grand problème qui se pose à l'Algérie comment intégrer la masse minutaire hoirs banques ? En 2023, la circulation fiduciaire hors banques (l'équivalent de la masse monétaire hors banque) était de 8 300,76 milliards de dinars, ce qui représentait plus d'un tiers de la masse monétaire/ M2, et ce chiffre restait globalement similaire en 2024. Selon les rapports de la Banque d'Algérie, la masse monétaire en circulation hors du circuit bancaire en Algérie a atteint environ 66,25 milliards de dollars à la mi-2024. Ce montant représentant une part très importante de la masse monétaire totale (M2), estimée à environ 34%. Cette circulation fiduciaire hors banques a connu une croissance continue, avec un taux de 8,6% fin 2023 et de 7,25% fin juin 2024, montrant qu'il reste un long parcours pour bancariser cet argent, la numérisation n'étant qu'un moyen, la solution consiste à redonner confiance, sans laquelle aucune mesure et aucun développement fiable ne peut se concrétiser. Aussi, se pose cette question de l'efficacité de la mesure introduites dans le PLF 2026 où pour lutter contre l'informel où il est prévu une amnistie fiscale à 10% et des garanties de non-poursuites judiciaires contre les personnes qui accepteraient de déposer leur argent dans les banques, procédure permettant la déclaration des montants cachés contre le paiement d'un impôt raisonnable et la garantie de ne pas être poursuivi, disposition valable une année, jusqu'au 31 décembre 2026. En conclusion : le déficit budgétaire a plus que triplé entre 2021 et 2025/2026 et le risque, si on attire pas les investissements directs étrangers à valeur ajoutée et non de simples fournisseurs marchands avec la baisse des recettes d'hydrocarbures, serait de recourir à la planche à billets qui aurait un effet inflationniste dévastateur remettant en cause la nécessaire cohésion sociale. Face à un monde turbulent et instable et à des besoins sociaux internes croissants, l'Algérie étant fortement connectée à l'économie mondiale -importation/exportation, le taux de croissance via la dépense publique, le taux d'emploi, les réserves de change, le corps social étant irrigué essentiellement par la rente des hydrocarbures, une Nation ne pouvant distribuer plus que ce qu'elle produit, afin d'éviter de vives tensions sociales à terme, cela rend urgent, la nécessité de gérer efficacement les finances publiques pour assurer la stabilité et le développement économique à moyen et long terme. Abderrahmane Mebtoul Professeur des universités Expert international