L'Algérie affronte Arabie saoudite cet après-midi. Il y a des souvenirs qui ne quittent jamais la conscience des professionnels du football. On peut tenter d'esquiver un fait marquant, un épisode fort de l'histoire d'une nation footballistique, mais il finit toujours par ressurgir au moment où l'on s'y attend le moins. Hervé Renard résume parfaitement cette réalité en quelques mots. Lui qui a travaillé en Algérie, a connu de près les moments forts comme les moments faibles du football national. Sans jamais s'ingérer dans la politique du sport, il a toujours su mesurer la valeur du football algérien et reconnaître son potentiel à figurer parmi les meilleurs. Aujourd'hui sélectionneur de l'équipe d'Arabie saoudite, Renard n'a pas hésité à expliquer clairement les raisons qui l'ont poussé à choisir d'affronter l'Algérie en amical. L'analyse de ce technicien — qui a encadré plusieurs sélections africaines et bâti une partie de sa carrière sur le continent — vaut son pesant d'or. Expert du football africain, il reconnaît cependant que « la prestation de son équipe avec le ballon n'a pas été à la hauteur de ses attentes », ajoutant que malgré la domination globale, l'Arabie Saoudite devait encore apprendre à mieux gérer la possession, être plus précise dans les transmissions et plus tranchante dans les mouvements offensifs. Selon lui, l'écart aurait pu être plus large avec davantage de justesse technique dans les trente derniers mètres. Renard estime que son équipe a globalement été meilleure que la Côte d'Ivoire, ce qui constitue un signal fort, mais il a tenu à rappeler que les champions d'Afrique restent un adversaire redoutable. Battre un tel rival doit, selon lui, pousser ses joueurs à élever encore leur niveau. Il insiste notamment sur l'importance d'améliorer la coordination offensive, les déplacements entre les lignes et la capacité à créer du danger de manière constante. Fort de son succès récent contre son ancienne équipe, la Côte d'Ivoire — victorieuse en amical dans le cadre de la préparation à la CAN 2025 (21 décembre – 18 janvier) — l'Arabie Saoudite s'est imposée 1-0 vendredi au Stade Prince Abdullah Al-Faisal de Djeddah. Un coup d'arrêt pour les Eléphants, qui restaient sur cinq rencontres sans défaite. Ambitieux, Renard ne compte pas s'arrêter là. Il veut désormais faire « tomber un autre poids lourd du football africain : l'Algérie ». Le match est prévu ce mardi, toujours à Djeddah. Pourquoi ce choix ? Avec intelligence, il l'a expliqué juste après la victoire face aux Ivoiriens, soulignant la nécessité de se mesurer à des adversaires de grande qualité en vue de la Coupe du monde 2026. Et il n'a pas manqué d'encenser les Fennecs : « J'ai choisi l'Algérie parce que nous avons besoin d'affronter des équipes de grande qualité. L'Algérie est une équipe forte, organisée et qui joue avec beaucoup d'intensité. Ce genre de match est le seul qui nous fait progresser. Affronter des équipes comme l'Algérie et la Côte d'Ivoire est indispensable, car cela renforce la préparation avant un tournoi majeur comme la Coupe du monde. » Renard mène dans ses confrontations face à l'Algérie Si l'historique des confrontations penche en faveur de l'Arabie Saoudite, jamais battue par l'Algérie en quatre matchs depuis 1984 (2 victoires, 2 nuls), le bilan personnel de Renard face aux Verts reste moins flatteur. Rappelant qu'Herve a subi deux défaites à la tête de la Zambie en 2009 (0-2, 0-1) lors des éliminatoires de la coupe du Monde 2010, avant de prendre une première revanche en 2015 avec la Côte d'Ivoire (3-1) en quarts de finale de la CAN.