Les Algériens qui ont vécu cette période ainsi que les observateurs qui ont eu à l'analyser affirment, dans leur grande majorité, que, durant la présidence de feu Houari Boumediene, l'Algérie a connu un âge d'or dans les domaines économique, social et culturel. Le véritable plébiscite qu'a constitué le déferlement humain qui a accompagné les obsèques du Président Houari Boumediene – décédé à Alger le 27 décembre 1978 – atteste du très large consensus populaire sur l'appréciation de son bilan. Est-il paradoxal de constater qu'à ce moment, le pluralisme n'existait pas au plan politique, ni médiatique, deux espaces étroitement contrôlés par le Parti unique qui en avait le monopole ? Le pouvoir n'hésitait pas à réprimer les voix discordantes et les activités qu'il jugeait subversives. Toutefois, des acteurs politiques et médiatiques qui étaient en dehors du parti unique et même dans l'opposition, à cette époque, pourraient témoigner qu'ils avaient fini par trouver une certaine marge de manœuvre leur permettant de passer leurs messages et d'agir selon leurs convictions. Durant la présidence de feu Houari Boumediene, l'Algérie a rayonné au plan international. Il y a deux ans, à la même occasion, l'Association Mechaâl Echahid et le quotidien El Moudjahid consacraient le ''Forum de la Mémoire'' au soutien que le Président Houari Boumediene a apporté aux mouvements de libération en Afrique, au Front Polisario et à la Palestine, particulièrement. Tout le monde se rappelle la phrase mémorable de Houari Boumediene sur le soutien à la Palestine «quelles que soient les circonstances». Au cours de ce « Forum de la Mémoire », le président de l'Association internationale des amis de la Révolution algérienne, Noureddine Djoudi, a affirmé que «le Président Houari Boumediene fut un fervent défenseur des mouvements de libération en Afrique, lui qui n'était pas engagé seulement à la libération de l'Algérie mais plutôt de toute l'Afrique, à savoir tous les peuples qui souffraient sous le joug colonial et la discrimination raciale». Par ailleurs, Noureddine Djoudi a salué la position du Président Abdelmadjid Tebboune qui «abonde dans le même sens que feu Houari Boumedienne quant au soutien aux causes de libération dans le monde». Il est utile de rappeler qu'en inaugurant le premier Festival culturel panafricain d'Alger le 21 juillet 1969, le Président Houari Boumediene faisait remarquer que l'Afrique aux trois-quarts libéré, mais en pleine possession de son destin, entreprend une étape nouvelle dans la lutte conséquente contre toute forme de domination. Cette manifestation avait été mise au service de la lutte contre les résidus du colonialisme au Mozambique, en Angola ou en Namibie. C'est Amilcar Cabral, l'un des fondateurs du Parti Africain pour l'Indépendance de la Guinée et du Cap Vert qui luttait contre la domination coloniale portugaise, qui a dit qu'Alger était «La Mecque des révolutionnaires». En effet, dans les années 1960 et les années 1970, jusqu'à la mort du Président Boumediene, Alger a été le lieu d'accueil des militants révolutionnaires et anticoloniaux des quatre coins du monde. A commencer par Che Guevara qui est venu à Alger début juillet 1963 pour participer aux festivités de l'Indépendance, le 5 juillet et qui a séjourné près d'un mois en Algérie. Le 24 avril 1968, le nom de Ernesto Che Guevara a été donné au Boulevard de la République, dans le prolongement des Bds Hassiba ben Bouali, Colonel Amirouche et Zighout Youcef, et prolongé, lui-même, par la Place des Martyrs puis l'Avenue du 1er Novembre, à Alger. La plaque a été inaugurée par le Président Boumediene. A l'époque, Alger a également reçu à plusieurs reprises le président de l'OLP (Organisation de la libération de la Palestine), Yasser Arafat, du Front de libération du Mozambique (Frelimo), Samora Machel, qui a suivi un entraînement militaire en Algérie, et qui est considéré comme le père de l'indépendance du Mozambique, les responsables du Mouvement pour la Libération de l'Angola (MPLA), du Front National de Libération du Sud Vietnam, des Black Panthers, de l'Union Populaire Africaine du Zimbabwe (ZAPU), ainsi que les responsables des guérilleros du Guatemala, du Venezuela et du Nicaragua en plus des opposants politiques espagnols, portugais, brésiliens, qui luttaient contre les dictatures militaires au pouvoir dans leurs pays. En reconnaissance Nelson Mandela avait dit : «C'est l'Algérie qui a fait de moi un homme».