La Libye au sein d'une région instable, avec les interférences étrangères, est confrontée à des défis économiques politiques et militaires persistants impactant sa sécurité et son développement, où l'économie libyenne est très dépendante du secteur pétrolier et gazier. 1.- Situation socio-économique de la Lybie La Libye s'étend sur 1.759.540 km2, ce qui la place au quatrième rang africain et au dix-huitième rang mondial. Plus de 90 % de son territoire couvert par le Sahara. La Libye a des frontières terrestres totalisant environ 4 383 km avec six pays africains : l'Egypte (1 150 km), le Tchad (1 055 km), l'Algérie (982 km), la Tunisie (459 km), le Soudan (383 km) et le Niger (354 km). Le total des frontières terrestres est d'environ 4 383 km et le Littoral méditerranéen près de 1 770 km. La nappe albienne, ou Système aquifère du Sahara septentrional (SASS), est une immense réserve d'eau souterraine partagée par l'Algérie (70%), la Libye (20%) et la Tunisie (10%). La population de la Libye est estimée à environ 7,4 à 7,5 millions d'habitants en 2025, avec des chiffres spécifiques variant légèrement selon les sources (par exemple : 7 381 023 en 2024 selon la Banque Mondiale. La densité est faible, d'environ 4 habitants/km2, et une grande partie vit en zone urbaine (82% en 2024). La Libye, proche de l'Europe qui pourrait donc bouleverser la carte énergétique de la région, possède la plus grande réserves de pétrole en Afrique environ 48 milliards de barils (pétrole et plus de 1500 milliards de mètres cubes gazeux exploitées à peine 2% s'étant concentré sur le pétrole/ (pétrole léger équivalant à celui de l'Algérie), également d'importantes réserves de fer, estimées à plusieurs milliards de tonnes métriques dans le Sahara libyen, notamment dans le Fezzan (Wadi ash-Shati) près de Sabha, la faisant une potentielle puissance minière en Afrique ainsi que des gisements d'or (troisième plus grandes réserves d'Afrique), et un grand potentiel en énergies renouvelables (solaire et éolien), sans oublier les atouts touristiques liés à ses paysages et sites archéologiques. Les objectifs sont mis sur l'augmentation de la production, visant 1,8 à 2 millions de barils par jour (Mb/j) d'ici quelques années, avec des objectifs de production autour de 1,4 à 1,6 Mb/j 2025, grâce à de nouveaux blocs et une reprise post-conflit. Les réserves d'hydrocarbures en Libye sont techniquement contrôlées par la compagnie pétrolière nationale NOC ; cependant, le contrôle réel est fragmenté et disputé entre le gouvernement de Tripoli (GNU), les factions de l'Est (sous l'influence de Khalifa Haftar), et des milices armées, ce qui entraîne des blocages de production et des négociations complexes, avec des appels d'offres récents pour des licences d'exploration ouvrant la voie à des investissements étrangers, dont les découvertes récentes (novembre 2025) dans les bassins de Ghadames et Syrte confirment le potentiel et attribution : de nouveaux blocs pétroliers et gaziers prévue début 2026. Le maréchal Khalifa Haftar et son Armée nationale libyenne (ANL) contrôlent une grande partie des principaux champs et terminaux pétroliers libyens, surtout dans l'Est et le Sud, ce qui lui confère un levier de pression majeur sur le gouvernement de Tripoli et l'économie nationale, malgré des tensions persistantes et des blocus temporaires de production qui affectent les revenus, essentiels à la stabilité du pays. En 2025, la Libye renforce sa stratégie d'attraction des investissements étrangers dans les hydrocarbures, avec la National Oil Corporation (NOC) préparant de nouveaux appels d'offres pour des blocs d'exploration (maritimes et terrestres) en 2026, suscitant un fort intérêt des entreprises américaines, européennes (Eni, BP, Shell) et autres, dans le but d'atteindre une production de 1,6 à 2 millions de barils/jour, l'italien Eni restant historiquement le leader étranger en Libye, TotalEnergies arrivant en deuxième position. Prévu du 24 au 26 janvier 2026 à Tripoli, le prochain Sommet sur l'énergie et l'économie en Libye accueillera une table ronde dédiée aux Etats-Unis et à la Libye ainsi qu'un pavillon américain complet, organisé par l'AmCham (Chambre de commerce américaine), mettant en avant le retour stratégique des entreprises américaines en Libye et leur rôle croissant dans la transformation énergétique du pays», souligne EPC dans son document pour illustrer la forte mobilisation de Washington pour se repositionner de manière active sur le marché énergétique du pays maghrébin. En 2026 on devrait assister « à un regain d'intérêt des Etats-Unis, alors Chevron en 2025, ayant participé à la ronde d'offres Chevron ayant manifesté leur intérêt pour les 22 blocs (11 onshore, 11 offshore) proposés par la Libye pour visant à explorer de nouveaux blocs en offshore et onshore pour accroître la production et partager son expertise technologique, signalant un retour significatif des majors américaines dans le pays. Cependant, entre 2024/2025, l'italien Eni reste historiquement le leader étranger en Libye, TotalEnergies arrive en deuxième position. La structure des échanges entre la Libye et le reste du monde est la suivante entre 2024/2025 pour les exportations en % du total : Europe 71%- Royaume-Uni 5%- Etats-Unis d'Amérique 5% -Thaïlande 4% – Chine 3%. Pour les importations, nous avons pour les biens : Europe 37%- Chine 22% Turquie 18%- Chypre 4%- Corée du Sud 3% . Le PIB de la Libye en 2025 est projeté autour de 48 à 51 milliards USD, avec une forte croissance attendue grâce au pétrole, variant entre 12,3 % et 17,3 %, selon les sources (FMI, BM, Trading Economics). En 2025, avec une situation budgétaire très incertaine, la Libye a fait face à d'importants «déficits jumeaux», budgétaire et de balance des paiements courants, principalement dus à la forte dépendance aux hydrocarbures et aux dépenses publiques élevées, malgré des projections optimistes de croissance tirées par le pétrole, avec des chiffres récents montrent un déficit de change de 5,2 milliards de dollars sur les 7 premiers mois 2025. Les prévisions pour 2025, notamment de la BAD, anticipent un renversement, avec un excédent de la balance courante (jusqu'à 22,3 % du PIB), grâce à la reprise de la production pétrolière, même si des sources du Trésor français évoquent des défis liés aux dépenses budgétaires persistants. Le PIB par habitant (nominal), environ 6 866 dollars (selon FMI via Worldometer) où les hydrocarbures représentent environ 60 % du PIB, 90% des recettes budgétaires et 95 % de la valeur des exportations (2024). Le taux de chômage en Libye était d'environ 18,6 % en décembre 2024 et devrait se situer autour de 18,5 % d'ici fin 2025, selon Trading Economics. Pour la cotation de la monnaie libyenne, fin 2025, nous avons en moyenne 1 Euro égal 6,38 dinar libyen et 1 USD, 5,42 dinar libyen que les subventions sur les produits de première nécessité, le carburant et l'électricité contribuent grandement à contenir l'inflation, et du poids de l'informel, elle reste largement sous-estimée, malgré le renouvellement, début 2025, de la méthode de calcul employée. L'inflation est essentiellement portée par le prix des produits alimentaires. En 2024 et 2025, l'inflation en Libye devrait rester modérée, se situant autour de 2,1 % à 2,8 % en 2024 et 2,3 % à 2,6 % en 2025, grâce à la stabilité des prix mondiaux des matières premières, notamment alimentaires, et aux subventions gouvernementales. Une certaine stabilité économique malgré un environnement politique fragile. Fin 2024-début 2025, les réserves de change de la Libye étaient substantielles, atteignant environ 98,8 milliards de dollars fin septembre 2025, incluant l'or selon la Banque centrale de Libye, incluant des avoirs importants en or (plus de 18 milliards de dollars). La Libye dispose également d'un important montant de fonds souverains gérés principalement par la Libyan Investment Authority (LIA), créée en 2006 pour investir les revenus pétroliers, estimés à 67-68 milliards de dollars, selon le rapport d'audit de 2023, mais dont la majorité des avoirs sont gelés depuis 2011 par les sanctions des Nations Unies. La justice belge a levé le 22 janvier 2026, la saisie pénale de 14,6 milliards de dollars d'actif logée chez Euroclear Bank, une société internationale de dépôt et de règlement/livraison pour les obligations, selon le Premier ministre libyen. Les interférences étrangères facteur de déstabilisation de la Libye La Libye est une société tribale complexe avec des groupes arabes et berbères, dominée par des puissantes confédérations tribales comme les Warfalla (la plus grande), les Toubous (sud), les Infusen (Berbères) et des groupes comme les Touaregs, jouant un rôle clé dans les conflits et la gouvernance post-Kadhafi. Il existe de nombreuses autres tribus et clans, souvent regroupés dans des confédérations, qui constituent la structure sociale de la Libye qui contrôlent de vastes territoires, surtout dans le Sud. Les structures tribales ont toujours influencé le pouvoir, de la période coloniale à l'ère Kadhafi, et continuent de jouer un rôle crucial dans la gouvernance actuelle de la Libye en fournissant des réseaux de solidarité, de sécurité et de justice, mais peuvent aussi être une source de division et de conflits, surtout dans le contexte politique actuel. Rappelons qu' après la révolution de 2011, mettant fin à 41 années de règne de Kadhafi, la guerre civile (2014-2020) a abouti à la division est-ouest du pays. Le Gouvernement d'unité nationale (GUN) administre le nord-ouest. Basé à Tripoli et jouissant de la reconnaissance internationale, il est dirigé par le Premier ministre Abdelhamid Dbibegh, le Haut Conseil d'Etat (chambre haute) et le Conseil présidentiel. Le GUN a reçu pour mandat de l'ONU de conduire la Libye à des élections présidentielles et législatives initialement prévues en décembre 2021. (A suivre…)