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Une crise humanitaire qui s'aggrave
Yémen
Publié dans La Nouvelle République le 17 - 01 - 2026

En décembre 2025, des forces affiliées au Conseil de transition du Sud, groupe séparatiste actif dans le sud du pays, ont progressé vers l'Hadramaout et Al-Mahra, deux régions de l'Est jusque-là relativement épargnées par les affrontements directs. Loin de rapprocher les parties d'un règlement, cette avancée menace d'ouvrir un nouveau front et d'élargir encore un conflit déjà profondément fragmenté. Sur le terrain, les dynamiques militaires témoignent de cette impasse. Depuis plus d'une décennie, le pays est enlisé dans un conflit opposant, d'un côté, les houthistes, une milice chiite soutenue par l'Iran et le Hezbollah libanais et, de l'autre, le gouvernement reconnu par l'ONU et appuyé par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite. Les rebelles contrôlent la capitale, Sanaa, ainsi que le nord et l'ouest du pays, y compris le port stratégique d'Hodeïda, sur la mer Rouge. Le gouvernement, replié à Aden, conserve la main sur le sud et l'est.
À la tête de l'exécutif reconnu, un conseil présidentiel rassemble une constellation d'acteurs anti-houthistes aux intérêts parfois divergents. Parmi eux figure le Conseil de transition du Sud, soutenu par les Emirats arabes unis, et récemment mis en cause par le Secrétaire général de l'ONU pour ses ambitions séparatistes. Cette fragmentation du camp gouvernemental complique toute perspective de négociation globale.
L'impasse politique se double d'un effondrement économique. « L'instabilité se fait d'abord sentir dans l'économie », a averti Hans Grundberg, évoquant la dégradation continue du niveau de vie, la flambée des prix et la paralysie des services publics. Cette déliquescence nourrit une crise humanitaire parmi les plus graves au monde. « En ce début de 2026, la crise humanitaire au Yémen s'est encore aggravée », a alerté Ramesh Rajasingham, haut responsable du bureau des affaires humanitaires de l'ONU, qui participait à la réunion du Conseil depuis Genève. « Les besoins augmentent, l'accès se contracte, et les financements ne suivent pas », laissant « des millions de Yéménites sans l'aide dont ils ont besoin pour survivre ». Les chiffres avancés par M. Rajasingham font froid dans le dos. Plus de 18 millions de personnes, soit près de la moitié de la population, seront confrontées à une insécurité alimentaire aiguë en février, dont des dizaines de milliers dans des conditions proches de la famine. Près de la moitié des enfants yéménites de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë, tandis que des milliers de programmes nutritionnels ont dû fermer faute de financements. Le système de santé, déjà exsangue, s'effondre à son tour, avec des centaines d'établissements contraints de fermer.
À ces pénuries s'ajoutent des entraves politiques directes à l'action humanitaire. « La détention continue de 73 membres du personnel de l'ONU par les autorités houthies de facto restreint sévèrement le travail humanitaire essentiel », a dénoncé Ramesh Rajasingham, appelant à leur libération immédiate et à la fin des poursuites engagées contre eux. Cette situation oblige les Nations Unies à réévaluer leurs opérations dans des zones qui concentrent pourtant la majorité des besoins. Dans ce contexte, la désescalade apparaît rétrospectivement comme une parenthèse qui n'a pas produit l'élan politique attendu. « Ce n'est pas l'héritage que méritent les enfants du Yémen », a insisté M. Rajasingham, appelant les Etats à accroître leur soutien financier et politique à une crise « qui ne montre aucun signe d'atténuation ».
Faute d'un cadre politique crédible et inclusif, la pause militaire risque désormais de céder la place à une nouvelle phase de fragmentation. Au Yémen, le temps perdu depuis 2022 se mesure en vies suspendues à une guerre qui, malgré les silences des armes, refuse toujours de s'achever.
Dans un pays où des millions de fonctionnaires ne sont plus payés régulièrement, l'économie est devenue un champ de bataille silencieux, mais décisif. Selon l'envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, Hans Grundberg, cette recomposition des lignes de force illustre l'échec d'une désescalade qui n'a pas été transformée en cadre politique inclusif. « L'avenir du sud ne peut être déterminé par la force », a-t-il rappelé par visio-conférence mercredi, lors d'une réunion du Conseil de sécurité, soulignant la nécessité d'un règlement « mené par les Yéménites eux-mêmes » et inscrit dans une dynamique nationale. La désescalade militaire engagée au Yémen depuis 2022 devait créer les conditions d'un processus politique. Quatre ans plus tard, cet objectif demeure hors de portée, tandis que les lignes de fracture sécuritaires, économiques et humanitaires se reforment.


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