La coupe d'Afrique des Nations 2025 laissera un goût amer, bien au-delà du simple résultat sportif. Si le Sénégal est sacré pour la deuxième fois champion d'Afrique au terme d'une finale d'une intensité rare, cette édition restera surtout marquée par une succession de décisions arbitrales controversées, de tensions et d'incidents qui ternissent durablement l'image du football africain. Les Lions de l'Atlas ou le penalty qui fond les espoirs de titre Les Lions de l'Atlas, pourtant favoris et portés par leur public, voient leurs espoirs de titre s'effondrer dans un contexte délétère où ils ont semblé devoir affronter non seulement leurs adversaires, mais aussi une pression arbitrale et institutionnelle omniprésente. Leur défaite, loin d'être uniquement sportive, s'inscrit dans une compétition minée par des polémiques qui ont frappé plusieurs grandes nations du continent. La finale elle-même a cristallisé toutes ces dérives : un but refusé au Sénégal, un penalty accordé au Maroc à la 94e minute après intervention de la VAR, puis des scènes de chaos avec des supporters tentant d'envahir le terrain, des jets de projectiles et une intervention policière. Rarement une affiche aussi prestigieuse n'a basculé dans une telle confusion. La révolte silencieuse traduit un malaise profond Le symbole le plus fort reste sans doute l'attitude des joueurs sénégalais, qui ont refusé de reprendre le match avant de finalement revenir sur la pelouse sous l'impulsion de Sadio Mané. Cette révolte silencieuse traduit un malaise profond : le sentiment d'une compétition où l'équité n'a pas toujours été au rendez-vous. Et que dire de l'image renvoyée au monde ? Les médias internationaux ont largement relayé ces incidents, transformant ce qui aurait dû être une fête du football africain en un spectacle de divisions, d'erreurs arbitrales et de désorganisation. Au sommet de cette tempête, la CAF et son président sortent fragilisés Au lieu de renforcer la crédibilité de l'institution, cette CAN ressemble davantage à un séisme – un véritable séisme d'image – qui met en lumière les failles de l'arbitrage, du système de gestion et de l'organisation globale du tournoi. Le Sénégal repart avec la coupe, mais le football africain, lui, sort perdant sur le plan de la confiance et de la réputation. Il faudra plus que des trophées pour réparer les fissures laissées par cette CAN mouvementée. les lions se sont servis de leur rage pour se bonifier en prolongation. Alors que les débats avaient été équilibrés pendant les 90 premières minutes, les Sénégalais avaient cru ouvrir le score dans le temps additionnel (90e+2) grâce à Ismaïla Sarr, mais l'arbitre l'a refusé pour une légère poussette d'Abdoulaye Seck sur Achraf Hakimi, une première décision litigieuse. Puis deux minutes plus tard, ils ont hurlé au scandale quand ce même arbitre, avec l'aide de la VAR, a accordé un pénalty au Maroc pour un léger accrochage entre El Hadji Malick Diouf et Brahim Diaz (90e+4).Une VAR qu'il n'a consulté à aucun moment, notamment lors du but de Sadio Mané, et des autres fautes commises. Résumé Au-delà du sacre sportif du Sénégal, cette finale de la CAN-2025 laissera surtout le goût amer d'une compétition minée par des controverses arbitrales et une gestion organisationnelle contestable. Ce qui aurait dû être une fête du football africain s'est transformée en démonstration de tensions, de frustrations et de désillusions, non seulement pour le Maroc, pays hôte, mais pour l'image du football africain dans son ensemble. Une grande compétition ne peut briller que si elle est portée par une organisation irréprochable et une arbitrage juste. Sans cela, même le plus beau des trophées ne peut masquer les fissures d'un édifice fragilisé.