L'ONSC organise une journée de formation au profit des associations locales    « L'objectif consiste à renforcer la crédibilité des institutions de l'Etat »    Vers la modernisation de la pêche et l'aquaculture    Plus de 1.700 dossiers fonciers agricoles régularisés par le biais de la nouvelle plate-forme numérique    Session de formation dans les domaines de l'entrepreneuriat, des Start-ups et des incubateurs        La présidente par intérim dit vouloir un dialogue avec l'opposition    Des colons envahissent les esplanades de la mosquée Al-Aqsa    Plus de 1.000 hectares de clairières dédiées aux agriculteurs    Arrestation d'un narcotrafiquant et saisie de 2.250 comprimés de psychotropes    Le Décret présidentiel portant création d'un Centre national de l'autisme publié au JO    Colloque sur l'héritage civilisationnel de Mouloud Kacem Naït Belkacem    Le CR Belouizdad, seul représentant algérien à briller    Coupe d'Algérie : Les stades des quarts de finale connus    Après la lourde défaite face à l'Egypte : Une leçon pour le handball algérien    Ouverture à Alger des Journées du cinéma algéro-italien    « Mon travail artistique est profondément lié à mon regard de psychologue »    «Cette conférence traduit l'engagement du chef de l'Etat à ancrer la culture du dialogue»    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.




Publié dans La Nouvelle République le 27 - 01 - 2026

C'est au moment où l'impérialisme recule qu'il fait du bruit. C'est au moment où un empire sort de la scène de l'histoire qu'il joue au théâtre. C'est au moment où il agonise qu'il déploie ses séniles forces armées pour se persuader qu'il peut pérenniser son hégémonie, recouvrer sa puissance.
L'opération américaine du 3 janvier au Venezuela ne constitue pas une victoire, mais une retraite déguisée, mise en scène avec tout l'arsenal du spectacle impérial. Une opération sans guerre, symptôme de faiblesse.
Trump a voulu apparaître en César tropical. Kidnapping du président vénézuélien, déclarations tonitruantes, pétrole proclamé «américain». Mais où sont les marqueurs classiques de la domination impérialiste victorieuse ? Pas de putsch sanglant à la chilienne. Pas de stades transformés en camps. Pas de dictature militaire installée. Pas même une opposition «démocratique» adoubée et mise au pouvoir. Comparée au Guatemala de 1954, au Chili de 1973 ou aux épisodes classiques de l'impérialisme conquérant et triomphant yankee, l'opération menée à la dérobée, en pleine nuit pour ne pas perturber le sommeil des Vénézuéliens, est délibérément limitée, presque timorée. Les seules victimes sont des mercenaires de second rang, des étrangers sacrifiés sur l'autel de la nouvelle alliance entre Caracas et Washington. La preuve : l'Etat vénézuélien reste intact. Le régime demeure identique. Le peuple heureusement indemne.
De tout temps, un impérialisme sûr de lui ne se contente pas de symboles. Il déploie avec assurance sa force. Hier encore, à son apogée hégémonique incontestée, l'empire américain n'hésitait pas à mobiliser 500 000 GI's pour attaquer un pays souverain, notamment l'Irak, pour déverser sans scrupule un déluge de bombes sur des populations civiles. Aujourd'hui, depuis son entrée en déclin, par crainte d'une réaction hostile et insurrectionnelle interne, l'empire sous traite ses guerres, notamment en Ukraine et à Gaza. Les fameuses guerres de proxy. Ou bien il s'engage à reculons, en déployant davantage une rhétorique comminatoire tonitruante qu'une armée pleine d'assurance en ses capacités militaires.
Le grand bluff d'un empire à bout de souffle
Pour ce qui est du Venezuela, pour ne pas perdre la face, accélérer l'effondrement total de son pays, Trump, en proie à une fronde quasi insurrectionnelle conduite par des Américains paupérisés et opposés à toute guerre, a dû recourir à des intimidations belliqueuses et tractations secrètes pour faire plier les dirigeants de Venezuela. Résultat, l'Etat vénézuélien n'a pas résisté. Il a coopéré. Défense anti-aérienne «débranchée», absence de riposte, continuité du régime : tout indique un accord tacite entre Washington et Caracas.
Pour ceux qui s'étonnent du retournement d'alliance opéré par Caracas, il suffit de rappeler que le chavisme n'a jamais été un courant révolutionnaire. C'est un bonapartisme rentier, un péronisme tropical adossé à la rente pétrolière. Sa collaboration ponctuelle avec les différents impérialistes (russe, chinois, et désormais états-unien) est conforme à sa nature de classe bourgeoise. La mythologie «anti-impérialiste» chaviste s'effondre dès que la vente du pétrole est garantie.
Pour rappel, le Venezuela dispose des premières réserves mondiales de pétrole, estimées à environ 303 milliards de barils (AIE, 2023). Il s'agit majoritairement de pétrole lourd ou extra-lourd, historiquement central pour l'appareil de raffinage américain.
Les Etats-Unis produisent principalement du pétrole léger, tandis qu'une part décisive de leurs raffineries – notamment dans la région du Golfe du Mexique – est spécialisée dans le traitement de bruts lourds, indispensables à la production de diesel, de carburants industriels et de bitume.
Depuis l'embargo de 2019, Washington a compensé cette absence par des importations canadiennes, qui représentent aujourd'hui près de 60 % du pétrole lourd importé. Cette solution accroît cependant les coûts et la dépendance stratégique. Dans ce contexte, la remise en cause implicite de l'embargo vénézuélien apparaît moins comme une victoire impérialiste que comme une réponse contrainte à une impasse énergétique.
Un triomphe de façade : une crise de fond
Les déclarations de Trump affirmant que le pétrole vénézuélien serait désormais «américain» relèvent davantage de la mise en scène politique que d'une réelle conquête. En réalité, elles signalent une inflexion stratégique : la nécessité pour les Etats-Unis de réintégrer le Venezuela dans leurs circuits d'approvisionnement, malgré l'échec des sanctions.
Ce type de discours agressif ne vise qu'à masquer un recul économique sous une rhétorique de domination.
Cela étant, dans cette opération théâtralisée de Venezuela, le véritable adversaire est la Chine. Le cœur de l'affaire n'est pas Caracas, mais Pékin. Les investissements chinois massifs faisaient basculer progressivement le Venezuela dans l'orbite russo-chinoise.
Au vrai, avec son opération éclair soldée par le rapt de Maduro, Trump ne conquiert rien : il défend un reste, un vieux bijou de famille menacé par les nouveaux riches de l'impérialisme chinois. Trump n'est ni un génie ni un fou. Il est le bateleur d'un impérialisme sur la défensive, contraint de transformer un repli économique en triomphe médiatique.En effet, loin de signaler une montée en puissance des Etats-Unis, cette opération révèle une contrainte structurelle de l'économie américaine, liée à la dépendance au pétrole lourd vénézuélien et à la recomposition contemporaine des hiérarchies impérialistes. L'impérialisme américain n'avance plus, il tente de ralentir son déclassement. Avec l'opération Vénézuélien, tout comme les prochaines interventions militaires planifiées, annoncées avec beaucoup d'éclat, notamment contre le Groenland, l'impérialisme américain ne se renforce pas : il tente de conserver l'accès à des ressources stratégiques face à la concurrence chinoise.
En réalité, l'intervention américaine au Venezuela ne saurait être interprétée comme un durcissement impérialiste. Elle constitue plutôt le symptôme d'une crise structurelle de l'hégémonie états-unienne. Elle exprime la contradiction centrale du capitalisme états-unien contemporain : une économie toujours dépendante des ressources énergétiques mondiales, mais de plus en plus incapable d'en contrôler politiquement l'accès, sous la pression conjointe de la Chine, de la recomposition géopolitique du Sud et de l'affaiblissement de ses mécanismes classiques de subordination. L'intervention à Caracas apparaît ainsi moins comme une démonstration de force que comme une tentative désespérée de compenser un déclin stratégique.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.