Nous avons assisté ce 3 janvier à un évènement inouï avec le bombardement de Caracas et de certains sites militaires et stratégiques vénézuéliens qui ont créé une diversion permettant le kidnapping du Président d'un Etat souverain, à savoir Nicolas Maduro, Président légitime du Venezuela élu par le peuple vénézuélien. Cet acte barbare a été décrété par un forcené, élu lui aussi mais qui a trahi son électorat, j'ai nommé Donald Trump, qui dirige les Etats-Unis et se comporte comme un véritable cow-boy à la sauce John Wayne, ce raciste et anticommuniste primaire qui raffolait faire des cartons dans ses films sur les guerriers autochtones que l'on nommait «Indiens » dans le cinéma hollywoodien d'après-guerre. Cela me rappelle l'anecdote qui révèle toute la grossièreté brutale de ce John Wayne, symbole de l'arrogance impérialiste US, lorsqu'au cours de la 45e cérémonie de la remise des Oscars en mars 1973, des agents de sécurité ont dû le maintenir car il voulait monter sur scène pour tabasser la militante amérindienne Sacheen Littlefeather qui lisait un message de Marlon Brando. Celui-ci avait envoyé la jeune femme pour le représenter et lui avait confié un texte à lire au public pour expliquer son refus de l'Oscar du meilleur acteur qui lui était décerné pour son rôle dans ''Le Parrain''. En effet, Brando a refusé le prix pour marquer son désaccord avec la représentation négative des Amérindiens dans les films et pour protester contre les événements qui se déroulaient au même moment à Wounded Knee. Cette position n'a évidemment pas plu à John Wayne qui faisait son beurre en incarnant les tueurs de guerriers amérindiens dans ses films. Ce petit intermède politico-cinématographique nous permet de comprendre que rien n'a changé dans la mentalité américaine en cinquante ans. Sous Trump, on retrouve les mêmes particularités : racisme, vulgarité, arrogance, brutalité, grossièreté, et cette certitude absolue d'être supérieur en tout qui caractérise l'Américain impérialiste. Donc, stupéfaits et tétanisés, nous avons tous vu en direct le kidnapping du Président légitime d'un pays souverain. L'Occident avec à sa tête les Etats-Unis qui n'arrête pas de seriner les termes «monde libre», «démocratie», «droits de l'Homme» et tous ces concepts qu'ils ne respectent pas mais qu'ils utilisent pour mieux contraindre les pays qui refusent leurs diktats ont renoué avec la mode qui consiste à envoyer des troupes dans un pays souverain pour capturer un Président en exercice et le ramener aux Etats-Unis pour y être jugé. On se rappelle du cas de Manuel Noriega, président du Panama, marionnette de la CIA, exfiltré aux Etats-Unis en 1990 et jugé pour trafic de drogue. Les Etats-Unis nous ont habitués à voir des assassinats de chefs d'Etat, des coups d'Etat de toutes sortes et autres interventions impérialistes mais les images de Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, avocate et députée, menottés et encadrés par des agents de la DEA, constituent une première à laquelle nous ne nous attendions pas, même si, dans l'absolu, rien ne nous étonne plus de la part d'un empire en perdition et prêt à tout pour assurer sa survie. Cependant, cet évènement a le mérite de faire tomber les masques et de réveiller les endormis. Le début de l'année a été marqué par la «délicatesse» de Trump en matière de communication qui a franchi toutes les limites de la vulgarité. Il n'arrête pas de faire des déclarations vantardes et bravaches, à faire le clown dans ses apparitions en public, au point où l'on se demande s'il n'a pas lui aussi, comme Biden mais sous une autre forme, complètement perdu les pédales. Se prenant pour César alors que beaucoup l'associent plutôt à Caligula, il a exhibé le Président Maduro comme un trophée en le baladant en camionnette ouverte dans les rues de New York, comme jadis les empereurs romains traînaient leurs prisonniers sous l'arc de triomphe. En tout cas, le rapt et la séquestration de Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores figureront comme une page particulièrement honteuse dans les manuels d'Histoire des Etats-Unis qui en comptent déjà beaucoup. Et les membres de l'administration Trump trôneront en première place dans le palmarès des criminels de guerre et contre l'humanité avec leurs comparses sionistes Netanyahou, Herzog, Smotrich, Ben Gvir et autres larrons nazis. Dans un discours prononcé récemment devant les ouvriers des chantiers navals et le personnel de la marine de Newport News Shipbuilding, le plus grand chantier naval militaire des Etats-Unis, le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, ce Croisé illuminé rêvant de pourfendre les «Infidèles», a déclaré que l'attaque américaine contre le Venezuela et l'enlèvement de son Président élu étaient la preuve du regain de puissance et de la capacité militaire américaine. «Nous rétablissons une dissuasion si absolue et si incontestable que nos ennemis n'oseront pas nous mettre à l'épreuve». Quant à l'ambassadeur US à L'ONU, Michael Waltz, il a déclaré au cours de la réunion du Conseil de sécurité réuni en urgence : «On ne peut pas continuer à avoir les plus grandes réserves d'énergie du monde sous le contrôle des adversaires des Etats-Unis». L'actuel ambassadeur US à l'ONU est cet ancien conseiller à la Sécurité nationale, auteur du «Signalgate», qui avait envoyé par erreur en mars 2025 une invitation au rédacteur en chef du journal The Atlantic pour participer à un groupe Signal réunissant les hauts responsables de la sécurité US, parmi lesquels J. D. Vance, Pete Hegseth, Marco Rubio, Tulsi Gabbard, afin de discuter des frappes américaines imminentes au Yémen dans le plus grand secret. Redoutant d'autres bourdes, Trump a préféré l'envoyer à l'ONU. Cet officier réserviste des forces spéciales ayant servi notamment en Afghanistan – d'où les Américains ont été expulsés par les Talibans sodomites en laissant armes et bagages – est considéré comme un «faucon» – qui a tout l'air d'un pigeon – proche de Marco Rubio et est un fervent partisan d'écraser l'Iran, la Russie, et la Chine. Il conseille d'ailleurs Netanyahou dans sa guerre contre l'Iran. Chacun est apte à apprécier à leur juste valeur les conseils tactiques éclairés de ce Waltz quand on voit la façon dont l'Iran a réagi face à Israël lors de la guerre des 12 jours. Quant à s'en prendre à la Russie et à la Chine… on a vu la récente frappe russe à Lviv en Ukraine avec le missile hypersonique Orechnik qui a détruit toutes les réserves de gaz ukrainien. La doctrine Monroe remise au goût du jour et dévoyée Comme nous l'a confirmé Romain Migus dans l'entretien qu'il nous a accordé récemment, Trump entend appliquer à nouveau la doctrine Monroe qui consiste à considérer le continent américain comme la propriété étasunienne ainsi que le stipule le slogan «l'Amérique aux Américains» formulé en 1823 par le Président James Monroe. En réalité, cette règle s'appliquait aux Européens qui avaient colonisé le continent pendant des siècles, mais elle a très vite signifié que l'Amérique latine serait la propriété exclusive de Washington. Cette vision impérialiste a poussé les Etats-Unis à intervenir dans les pays d'Amérique latine où la CIA s'est particulièrement illustrée. Une historienne américaine, Lindsey A. O'Rourke, a établi une base de données académique sur les opérations de «changement de régime» menées par les Etats-Unis entre 1898 et 2014. Elle a relevé 41 coups d'Etat en Amérique latine attribués à l'influence directe ou indirecte des Etats-Unis. Bien sûr, ce chiffre n'inclut pas toutes les formes d'ingérences telles que les interventions militaires, les occupations, les appuis à des insurrections, les opérations clandestines, le soutien logistique ou financier à des forces locales, les pressions économiques, etc., et tous les massacres qui y sont associés. Une étude estime qu'entre 1898 et 2019, les Etats-Unis ont mené au total 392 interventions militaires à l'échelle mondiale, dont environ un tiers, environ 130, en Amérique latine et dans les Caraïbes. Cela donne une idée de l'ampleur de l'implication étatsunienne dans la région. Donald Trump s'est emparé de la doctrine Monroe pour en faire la «doctrine Donroe» (condensé entre Donald et Monroe) et son agression contre le Venezuela nous a montré que cette politique sera dorénavant monnaie courante. Il vient en effet d'annoncer que les Etats-Unis vont mener des frappes terrestres contre le Mexique pour éliminer les cartels qui, prétend-il, contrôlent le Mexique. Un petit récapitulatif s'impose pour illustrer notre propos. Quasiment aucun pays d'Amérique latine n'a échappé à la prédation américaine depuis le XIXe siècle. Les pays qui ont subi des coups d'Etat sont le Guatemala (1954), le Chili (1973), le Brésil (1964), l'Argentine (1976), l'Uruguay (1973), la Bolivie (1971, 2019), le Paraguay (1954), le Pérou (1968, 1992), le Honduras (2009). D'autres pays ont subi des interventions militaires directes, voire des occupations, tels que le Panama (1989), Grenade (1983), la République dominicaine (1965), Haïti (1915-1934. 1994), le Nicaragua (années 1980). D'autres Etats subissent des sanctions et des tentatives de déstabilisation comme Cuba qui vit sous blocus depuis 1962 et qui a connu bon nombre d'opérations clandestines ou carrément ouvertes comme l'épisode de la Baie des Cochons qui a renvoyé chez eux les apprentis conquérants assez stupides pour croire qu'ils pourraient renverser la révolution cubaine, et 638 tentatives d'assassinat à l'encontre de Fidel Castro, lequel est mort bien tranquillement dans son lit à l'âge de 90 ans en faisant la nique à tous les agents de la CIA qui avaient planché pendant 50 ans sur la façon de le faire passer de vie à trépas. Et puis, il y a aussi le Venezuela sous sanctions et tentatives de changement de «régime» depuis les années 2000, d'abord avec l'interdiction de lui vendre des armes et du matériel militaire, pour aller progressivement vers les sanctions ciblant des responsables politiques pour arriver à un embargo sur le pétrole et des sanctions majeures comme le gel des actifs entre 2017 et 2019. Il y a aussi le Salvador dans les années 1980 avec le soutien à la junte, la Colombie avec le Plan Colombia et les bases américaines sur le territoire colombien, l'Equateur avec des pressions politico-économiques, le Mexique qui subit des ingérences historiques et contemporaines et auquel les Etats-Unis ont volé une grande partie de son territoire. C'est ainsi que la Californie, le Nevada, l'Utah, l'Arizona, le Nouveau-Mexique et de larges parties du Colorado et du Wyoming sont issus de territoires mexicains conquis par la force au XIXe siècle. Le Texas, quant à lui, est un ancien territoire mexicain appelé auparavant Tejas qui a été annexé par les Etats-Unis en 1845. Le gouvernement chaviste toujours au pouvoir Face à l'intervention américaine, les autorités bolivariennes ont aussitôt réagi en affirmant leur soutien à Nicolas Maduro qu'ils considèrent comme le seul Président légitime du Venezuela et en réclamant sa libération. La vice-présidente Delcy Rodriguez a condamné l'agression américaine en soulignant le caractère sioniste de celle-ci et a refusé d'obéir aux injonctions de Trump. Désormais, c'est elle qui assume la Présidence par intérim du pays avec le même gouvernement jusqu'au retour de Maduro, sinon jusqu'à la fin du mandat de celui-ci. Le peuple vénézuélien s'est mobilisé dans les rues, participant à des manifestations massives pour s'opposer à l'agression impérialiste américaine et pour exiger le retour du Président Maduro et de son épouse Cilia Flores qu'ils ont baptisée la Première combattante du Venezuela, et les milices populaires sont prêtes à en découdre avec tout qui osera mettre un pied dans le pays pour s'emparer de ses richesses. Quant au couple présidentiel otage des Etats-Unis, ils sont devenus des héros aux yeux du monde et des manifestations se multiplient dans le monde entier, y compris dans de nombreuses villes américaines. Trump menace désormais de faire chanter, d'enlever, voire de tuer la présidente par intérim Delcy Rodríguez, le ministre de l'Intérieur Diosdado Cabello et le ministre de la Défense Vladimir Padrino s'ils ne cèdent pas aux entreprises américaines le contrôle du pétrole du pays. Leur tête est déjà mise à prix pour des millions de dollars et il leur a été ordonné de couper tous les liens avec la Russie et la Chine. Le forcené de la Maison Blanche désormais en roue libre multiplie les tweets qui sont l'expression brutale d'une logique impériale décomplexée : «J'ai le plaisir d'annoncer que les autorités intérimaires au Venezuela vont remettre entre 30 et 50 millions de barils de pétrole de haute qualité aux Etats-Unis d'Amérique. Ce pétrole sera vendu à son prix de marché, et cet argent sera contrôlé par moi, en tant que Président des Etats-Unis d'Amérique, afin de garantir qu'il soit utilisé au bénéfice du peuple du Venezuela et des Etats-Unis. J'ai demandé au secrétaire à l'Energie, Chris Wright, de mettre ce plan à exécution immédiatement. Le pétrole sera transporté par des navires de stockage et acheminé directement vers des quais de déchargement aux Etats-Unis. Je vous remercie de l'attention que vous portez à cette affaire». Il s'agit ni plus ni moins d'une violation flagrante du principe de souveraineté, assimilable à une mise sous tutelle coloniale de fait. Selon l'homme politique américain Ron Paul qui dénonce l'intervention vénézuélienne : «Cette opération semble n'être rien de plus qu'une grosse récompense pour les donateurs de Trump, notamment le capitaliste vautour Paul Singer qui devrait empocher des milliards grâce à elle». Cela nous renvoie à la déclaration très juste de Delcy Rodriguez qui a dénoncé une agression impérialiste sioniste, car il convient de noter que tous les ministres et conseillers de Trump sont des affairistes juifs et/ou évangéliques, tous sionistes. La serre sioniste et néocons sur le Venezuela Delcy Rodriguez ne se trompait pas quand elle voyait la main sioniste dans l'agression du Venezuela. Il apparait en effet que le milliardaire Paul Singer, patron de fonds spéculatifs, devrait tirer d'énormes profits de la nationalisation de l'industrie pétrolière vénézuélienne par les Etats-Unis. En décembre 2025, soit un mois avant l'opération militaire qui a permis le rapt de Nicolas Maduro, Elliott Investment Management, un fonds vautour appartenant à Singer, a racheté CITGO, la grande société pétrolière américaine historiquement contrôlée par l'entreprise étatique pétrolière vénézuélienne PDVSA, pour une bouchée de pain suite à une vente ordonnée par le tribunal. Cette vente forcée est le résultat de sanctions et de pressions juridiques qui ont dépouillé le Venezuela de son réseau de raffineries le plus précieux au moment où la puissance militaire américaine menaçait le pays. Si le contrôle américain du pétrole vénézuélien se concrétise et que les entreprises américaines arrivent à dominer la production et l'exportation, l'achat de Singer va lui rapporter des milliards de dollars de profit. Il faut savoir que ce Paul Singer est également un important donateur d'Israël. Sa fondation familiale a versé plus de 3,3 millions de dollars en 2021 à des organisations telles que la Birthright Israel Foundation, Israel America Academic Exchange et Boundless Israel. C'est également lui qui soutient Marco Rubio depuis la primaire républicaine en 2016, faisant de lui son homme de main au niveau politique, car Singer a également appelé d'autres donateurs à soutenir son poulain. Singer est aussi connu pour avoir fermé des usines et détruit des villes du Midwest américain. Sa société rachète également des obligations souveraines à bas prix, puis poursuit les pays pour le recouvrement de leurs dettes impayées. Un mot sur ce Marco Rubio, secrétaire d'Etat, qui est la force de frappe au sein de l'administration Trump en ce qui concerne la politique agressive US contre le Venezuela et Cuba et l'Amérique latine en général. Il est souvent désigné par le surnom de «Narco» Rubio pour plusieurs raisons. Effectivement, Rubio est issu de l'écosystème politique de Miami où évolue le réseau historique des exilés cubains anticastristes, où les milieux d'affaires liés à des circuits de blanchiment ont pignon sur rue dans l'immobilier, les banques et les fondations, et où bien des personnalités politiques ont été accusées ou condamnées pour corruption ou pour entretenir des liens avec le narcotrafic. On remarquera au passage que Donald Trump détient de l'immobilier à Miami (Mar-a-Lago et le Trump National Doral Miami) et fait donc partie intégrante d'un système immobilier propice au blanchiment, Miami étant l'un des plus grands hubs mondiaux du blanchiment immobilier. Trump vend de très nombreux biens en Floride à des sociétés offshore et à des acheteurs anonymes en fermant les yeux sur l'origine des fonds. Plusieurs enquêtes indépendantes ont montré que des biens Trump ont permis le recyclage de capitaux, pour le dire en langage politiquement correct. Mais revenons à «Narco » Rubio. Il est l'un des principaux promoteurs de la qualification de «narco-Etat» pour le Venezuela et de la désignation de Nicolas Maduro comme «narco-trafiquant» et chef du «cartel de los soles», une invention par la CIA – accusation abandonnée d'ailleurs par le pseudo-tribunal qui juge le Président vénézuélien actuellement en dehors de toute légalité – et de «narco-régime» pour désigner Cuba et le Nicaragua. Cependant, Rubio se tait sur les flux de cocaïne (dont il semble par ailleurs qu'il soit un grand amateur) passant par des pays alliés des Etats-Unis, sur le rôle financier US dans le blanchiment de l'argent de la drogue, et sur le fait que la majorité de la demande et des profits est étatsunienne. Cette prétendue guerre contre la drogue activée par la CIA n'est rien d'autre qu'une arme politique utilisée pour frapper des pays récalcitrants à céder leurs bijoux de famille à l'empire américain. Or, Rubio a un passé chargé en matière de narcotrafic, puisque lorsqu'il était adolescent, il travaillait pour l'entreprise d'importation d'animaux exotiques de son beau-frère, Orlando Cicilia, dont la société était une couverture pour un trafic massif de cocaïne et de marijuana. Des centaines de tonnes de drogue ont été importées via ce réseau. Cicilia a été condamné en 1989 à 35 ans de prison pour trafic de drogue après avoir été pris la main dans le sac à bord d'un bateau transportant plusieurs centaines de kilos de cocaïne. A cette époque-là, Hegseth n'était pas encore en poste pour couler les bateaux et massacrer leurs équipages, une chance pour la famille Rubio ! Cicilia a été libéré au bout de seulement 12 ans de détention, en 2000, à la même époque que l'entrée en fonction de Rubio à la Chambre des représentants de Floride le 5 janvier 2000. A suivre