Selon le dernier rapport du FMI l'objectif du développement des infrastructure est de renforcer les liens économiques entre l'Afrique du Nord, l'Europe et l'Afrique subsaharienne afin intensifier la coopération dans des secteurs clés tels que le commerce, l'énergie, la finance et l'optimisation des ressources dans un contexte de changements économiques mondiaux rapides. L'Afrique du Nord notamment est un carrefour, un trait d'union naturel entre les marchés industriels d'Europe et le dynamisme démographique de l'Afrique, sa position lui conférant une valeur stratégique dans la configuration actuelle des échanges mondiaux, cet avantage géographique étant un levier de croissance économique et de progrès social pour les populations. L'ambition de l'Algérie est de transformer ses axes routiers en véritables artères du commerce intra-africain dont les projets ferroviaires et routiers structurants visent à relier le nord du pays au Sahara et au-delà, ouvrant ainsi de nouveaux corridors logistiques vers des marchés encore peu connectés. C'est pourquoi, le Gouvernement algérien compte développer tout un programme concernant les infrastructures et le transport au carrefour des échanges et comme moyen de soutien à la croissance. Cette politique pour son efficacité doit séparer l'activité de régulation de celle des services commerciaux dans le transport routier, urbain, ferroviaire et l'activité portuaire. Ces projets qui doivent être menés au sein d 'une planification stratégique, constituent des enjeux pour la dynamisation de l'économie algérienne, impliquant différents opérateurs. 1.-Les différents modes de transport 1.1.-Transport maritime et coûts logistiques La dynamisation du transport, sous toutes ses formes, a un impact sur le développement local et l'attractivité des territoires comme l'important axe routier Est-Ouest. Concernant le transport maritime, il est le mode de transport le plus utilisé dans le commerce international (75% du commerce mondial en volume transitent par voie maritime) et plus de 97% des marchandises destinées à l'Algérie passent par les compagnies de transport étrangères. Actuellement, le pavillon algérien ne couvre que 11% des échanges commerciaux. La dépendance de l'Algérie à l'égard des armateurs étrangers paraît évidente, rendant urgent l'amendement du Code maritime, afin d'ouvrir cette activité à des opérateurs privés très intéressés par le secteur maritime. Le problème principal qui se pose, actuellement, est que les ports algériens représentent le domaine public mais agissent, en même temps, comme entités commerciales. La gestion du secteur du transport maritime connaît certaines lacunes qui se traduisent par des coûts logistiques importants. Selon un rapport de la Banque mondiale, le coût moyen d'un conteneur de 20 pieds à l'importation est de 858 dollars en Tunisie, de 950 dollars au Maroc, alors qu'en Algérie il s'élève à 1.318 dollars. A l'exportation, le même conteneur coûte en moyenne 733 dollars en Tunisie et pas moins de 1.248 dollars en Algérie, soit un surcoût moyen annuel par rapport aux pays voisins de 400 millions de dollars. Concernant les surestaries, un séjour en rade d'un navire coûte entre 8.000 et 12.000 dollars par jour. Ainsi, la dépense nationale de transport maritime consacrée aux marchandises générales dépasse tout entendement. Ces surcoûts entravent tout effort de compétitivité des entreprises nationales, notamment celles désirant un développement à l'exportation, et épongent les trésoreries des entreprises importatrices qui paient beaucoup plus cher le transport de leur marchandise, ce qui se répercute sur le produit final donc le consommateur. En plus des ports existants qui nécessitent un important investissement pour leur mise à niveau, l'Algérie avait décidé d'investir dans la réalisation d'un grand port commercial. le port d'El Hamdania, d'un coût initial prévu entre 5 et 6 milliards de dollars, devrait disposer, selon le projet, de 23 quais d'une capacité annuelle de traitement de 6,5 millions de conteneurs et de 25,7 millions tonnes de marchandises, avec un trafic global en vitesse de croisière de 40 millions de tonne en plus du transbordement du trafic international. La durée prévisionnelle des travaux ayant été ramenée de 10 à sept ans, ce port devait être relié avec l'axe routier de l'unité africaine afin de faciliter la route de la Soie initiée par la Chine, projet auquel l'Algérie a adhéré. Or en rappelant que le groupe émirati DP World, est coactionnaire des ports de Djendjen et Alger, selon les dernières informations du mois de juin 2025, il serait abandonné par la Chine , avec la délocalisation du lieu, Projeté initialement à El Hamdania, dans la commune de Cherchell sur la côte de la wilaya de Tipasa, le méga-port en eau profonde devrait être réalisé sur la côte de la wilaya de Boumerdès selon le PDG du groupe public des services portuaires Serport le 9 juin 2025. L'Algérie, étant pour l'instant en pourparlers pas de contrat définitif avec CMA CGM pour un investissement de plusieurs milliards de dollars, mais sans mentionner la part du financement l'opérateur français CMA CGM et la part de l'Algérie, cet opérateur une grande multinationale étant , déjà présent dans neuf ports algériens, dont Alger, Annaba, Béjaïa, Skikda et Ghazaouet, ambitionne à court terme, d'avoir la concession du port d'Oran avec une implication directe dans la gestion logistique s'agissant notamment d'une ligne maritime entre Marseille et Oran, opérée par La Méridionale, filiale de CMA CGM et à moyen terme la construction d'infrastructures portuaires modernes, des terminaux à conteneurs à travers l'ensemble du territoire national. 1.2. Le transport aérien : Air Algérie La compagnie aérienne nationale « Air Algérie » où entre 2O22/2023 avait 43 agences dans 26 pays bien qu'il ait été procédé entre 2020-2021 au rappel de 50 expatriés et la fermeture de 9 agences, a transporté, sans compter d'autres compagnies étrangères présentes dont Air France, près de 8 millions de passagers en 2024, soit une hausse de 10% par rapport à l'année 2023, Ce résultat a été atteint à travers 79 100 vols, avec en moyenne 200 à 250 vols par jour. Air Algérie prévoit d'élargir son réseau international, qui dessert actuellement 44 aéroports internationaux, avec l'ouverture de nouvelles lignes vers Abuja (Nigeria), Amsterdam(Pays-Bas) et deux nouvelles connexions vers l'aéroport de Stansted à Londres (Royaume-Uni). En parallèle, sur le plan domestique, la compagnie ajoutera dès février 2025 35 vols hebdomadaires, offrant ainsi 3500 sièges supplémentaires pour répondre à la demande croissante. Le PDG d'Air Algérie a dévoilé en août 2O24 un effectif de 8315 employés contre 1O.OOO vers les années 2O2O, mais révèle malgré cette baisse que le surplus d'effectifs était estimé à 3.000 employés mal répartis par les filiales et les services. Bien que bénéficiant d'un prix du carburant subventionné, pour faire face aux pertes enregistrées, Air Algérie avait sollicité un prêt gouvernemental, selon le conseil d'administration du 7 mai 2022, afin de faire face au déficit budgétaire estimé à 120 milliards de dinars, soit au cours actuel 900 millions de dollars, dont une partie est destinée à couvrir les dépenses de l'entreprise et les salaires des travailleurs, une partie à rembourser les dettes de l'entreprise. Ainsi, dans le cadre du Projet de loi de finances (PLF) pour l'année 2024, le ministère des Transports a prévu une aide substantielle pour Air Algérie s'élevant à 10 milliards de dinars algériens, montant significatif qui intervient à un moment où Air Algérie en 2024 annonce un excédent financier après sept années de déficit. Par ailleurs le développement aérien est tributaire d'investissements pour de nouveaux aéroports et l'extension de ceux existants devant répondre au nombre croissant de passagers. 1.3.- Les réseaux ferroviaires Le réseau ferroviaire algérien s'étend actuellement sur 4 500 km, dont plus de 4 000 km en exploitation. Des projets de développement sont en cours pour augmenter cette longueur à 6 300 km à court terme et potentiellement à 15000 km d'ici 2030. Un programme d'investissement de 378 milliards de dinars (près de 2,8 milliards USD) a notamment été dévoilé en 2024, comprenant la modernisation des gares, des parcs de trains, l'installation de caméras de surveillance sur certaines lignes, le déploiement de distributeurs automatiques de billets. Nous avons la ligne de Béchar à Gara Djebilet financé intégralement sur le budget de l'Etat et dont la réalisation a été faite avec l'apport des chinois, qui s'étend sur environ 950 km en plein Sahara, l'ANESRIF destinée au fer de Gara Djebilet mais également au transport des voyageurs qui a été inauguré début février 2026 par le président de la république et qui a été salué par la presse international( les quotidiens entre le 01/04 février 2026- le Monde.fr- Figario.fr – Jazzera Tv) car de par le monde le chemin de fer répond à une rentabilité sociale et non pas une rentabilité financière permettant un développement équilibré et solidaire ( expérience USA). (Suivra…) Abderrahmane Mebtoul Professeur des Universités