Dans l'affaire de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2025, une question simple s'impose, peut-on effacer, depuis un bureau, ce qui a été gagné sur une pelouse ? En attribuant la victoire au Maroc sur tapis vert, plus de deux mois après le match, la Confédération africaine de football (CAF) a pris une décision qui dépasse le cadre réglementaire pour entrer dans celui de la controverse. Face à cela, la Fédération sénégalaise de football a saisi le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Et sur le terrain du droit, le Sénégal avance avec des arguments solides. Car les principes sont connus : lorsqu'un match va à son terme, sous l'autorité de l'arbitre, son résultat bénéficie d'une protection juridique forte. Or ici, la rencontre a repris, s'est achevée normalement, et le verdict sportif a été rendu sur le terrain. Requalifier cet épisode en «abandon» a posteriori revient à fragiliser un principe fondamental du sport : la primauté du jeu. Au-delà du cas d'espèce, c'est une ligne rouge qui est en jeu ; si les résultats peuvent être inversés après coup, au gré d'interprétations discutables, alors c'est toute la crédibilité des compétitions qui vacille. Le Tribunal arbitral du sport est désormais face à une responsabilité majeure : dire le droit, mais surtout protéger l'essence même du sport. Car si le football ne se décide plus sur le terrain, alors il perd sa raison d'être.