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Le silence dans l'œuvre d'Assia Djebar
Littérature algérienne
Publié dans La Nouvelle République le 06 - 01 - 2011

Le recueil assez copieux, élaboré en 360 pages porte sur de nombreux auteurs mondialement connus dont Assia Djebar qui nous intéresse particulièrement comme Algérienne. Roseline Baffet une des participantes à ce colloque de spécialistes universitaires en littérature aborde Assia Djebar sous l'angle du silence et de l'autofiction dans toutes ses œuvres romanesques.
Une académicienne et une écriture prolifique
Si Assia Djebbar a été traduite dans toutes les langues modernes les plus parlées dans le monde, c'est pour ses qualités de romancière dont l'intérêt a franchi les frontières. Cependant, elle n'est pas la première romancière algérienne, selon Roseline Baffet qui semble avoir oublié l'aînée de romancières algériennes, Taos Amrouche dont les talents sont indiscutables, surtout par ses œuvres romanesques monumentales comme L'amant invisible, Rue des tambourins, Jacinthe noire dont le silence est dominant, surtout que celui qu'on s'impose en l'ignorant.
Assia Djebbar n'est pas seulement une romancière de renommée, elle est aussi critique littéraire. Dans Ces voix qui m'assiègent, elle ressuscite par l'écriture les nombreuses voix réduites au silence et sans lesquelles, dit-elle, elle ne serait pas devenue écrivaine. «Assiéger» dans ce titre signifie être cerné de toutes parts, être obsédé et une volonté d'être libéré. L'écriture est déterminée par Le devoir dire et Le devoir taire, selon ses propres propos : «Le silence, silence plein qui sous entend, le secret, s'impose donc à moi comme matière de départ, secouer les nerfs de ce silence tremblé.» Plus loin, et probablement dans «ces voix qui m'assiègent, elle dit : «Le premier grand roman occidental est L'âme d'or ou les métamorphoses écrit au milieu du IIe siècle en latin par Apulée, un Africain qu'on dirait aujourd'hui Algérien puisque né et élevé à Madaure, dans le Constantinois.»
Tous ces éléments d'information montrent bien que l'écrivaine a été pétrie de connaissances extrêmement enrichissantes des œuvres anciennes dont quelques unes sont millénaires. Elle lui permettent de mieux comprendre le présent.
Une voix féminine dominante
Pour Roseline Baffet, la voix féminine qui se fait entendre pendant la période coloniale est bien celle de Assia Djebar. Pourtant, il y a d'autres femmes qui ont écrit avant elle. La langue d'écriture ne signifiait nullement «assimilation», mais arme de combat anticolonial. Kateb Yacine avait employé une expression plus adéquate, à ce sujet. «Le français est un butin de guerre», disait-il à ceux qui continuaient de voir une coloration coloniale dans les œuvres des Algériens qui ont écrit dans la langue du colonisateur.
Cette voix féminine porteuse ou porte-parole du silence des femmes de son temps, est beaucoup plus marquante dans La soif Les impatients, Les enfants du nouveau monde, ces romans ont un caractère ethnographique et documentaire, sans compter qu'ils ont la vocation de l'autobiographie : «Le son arabe et quelque fois berbère – de mémoire d'enfance , ainsi que de ma vie familiale, avaient marqué le style de mes premiers romans, ou, au moins leur «non-dit», une sorte de blanc, qui se devinait tout autour. Les alouettes naïves inaugure une nouvelle ère, celle des interrogations, d'une littérature capable non pas seulement de refléter le réel, mais de le signifier. «J'ai utilisé jusque-là la langue française comme voile. Voile sur ma personne individuelle, voile sur mon corps de femme, je pourrais presque dire voile sur ma propre voix», dit-elle en parlant d'un exil intérieur qu'elle ressent entre sa langue maternelle, l'arabe et la langue de l'Autre.
Le français, langue, s'est imposé pour elle comme à tous ses contemporains, mais les perspectives d'une arabisation se profilait à l'horizon. C'est peut-être pour cela qu'on a vu apparaître, comme le résultat d'un processus, la littérature de la tragédie : «Les multiples voix qui m'assiègent – celles de mes personnages dans mes textes de fiction – je les entends, pour la plupart en arabe dialectal, ou même berbère que je comprends mal, mais dont la respiration rauque et le souffle m'habitent d'une façon immémoriale», dit-elle dans un entretien réalisé dans le journal le Monde de mars 2008 et qui s'intitule De l'école coranique à l'Académie française.
Les critiques littéraires surtout voient dans les œuvres d'Assia Djebar le silence de l'écriture et le silence musical, comme aspects dominants. Dans l'Amour, la fantasia, l'auteur se fait historienne. Elle est historienne de formation et agrégée dans cette discipline. Ce qui lui donne la capacité en décryptant les romanciers coloniaux pour en savoir plus sur l'histoire de son pays, de reconsidérer la littérature et le roman en particulier. «L'écriture devient ainsi pour elle à la fois un moyen de comprendre d'où elle vient et de dépasser le silence forcé de générations de femmes arabes», propos de Roseline Baffet qui s'appuie sur ces propos de l'auteure algérienne «J'écris, dit-elle, j'écris à force de me taire.» L'écriture serait ainsi une parole silencieuse, une luette intérieure contre le silence.


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