Le Premier ministre annonce la mise en service de la ligne ferroviaire Boughezoul-Tissemsilt à la fin de l'année 2022    Réunion du Gouvernement : feuille de route pour la mise en œuvre du programme complémentaire de développement de Tissemsilt    Coronavirus : 8 nouveaux cas et aucun décès ces dernières 24h en Algérie    Tebboune reçoit une délégation du Conseil du renouveau économique algérien    Sonatrach annonce la prorogation du délai du concours de conception d'un logo à l'occasion du 60e anniversaire de sa création    Le bombardement de Laghouat en 1852, "un génocide"    Maroc: les opposants à la normalisation n'abdiquent pas    L'Algérie élue à la vice-présidence de la 27e Session de la Conférence des Etats parties à CIAC    Poursuite à Beyrouth des travaux du Forum parlementaire sur le plan de développement durable de 2030    Sétif: encourager les initiatives pour l'écriture et la documentation de l'archive sportive    CLCPRO : plus de 2.000 techniciens formés en matière de lutte antiacridienne    Tribunal de Sidi M'hamed: 15 ans de prison ferme requis contre l'ancien ministre Arezki Berraki    Décès du moudjahid et ancien diplomate Othmane Saâdi à l'âge de 92 ans    20 ans de prison ferme requises à l'encontre de Zitout    Entre le Maroc et la France, le grand désamour    Intense activité diplomatique de Lamamra    Air Algérie prolonge les délais    Le calvaire des Algériens pour obtenir un visa    46e Eucoco: une occasion pour réitérer le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui    Accord signé entre l'AAPI et le Groupe STELLANTIS: une étape importante dans la concrétisation du projet FIAT en Algérie    Séisme de 3,1 degrés près de Guelma    Les aviculteurs appelés à déclarer tout décès: La grippe aviaire inquiète    CNAS Oran: Le rôle des commissions paritaires dans la sécurité et la santé au travail en débat    La politique du «zéro Covid» contestée    Assainissement de la voie publique à Medina Jedida: Les trottoirs occupés illicitement libérés    Ligue 2 - GC Mascara : Belloumi et Yesaad en renfort    Selon l'APOCE: 80% de l'or écoulé n'est pas conforme    Quel avenir pour l'Europe ?    Pourquoi s'auto-dénigrer ?    Le choléra touche des résidents d'un centre pour personnes âgées    Le Qatar annonce un contrat pour approvisionner l'Allemagne    L'APLS mène de nouvelles attaques contre les forces marocaines à El Fersia    Une semaine pour l'entrepreneuriat    Un guichet électronique national    À qui profite la crise?    Le poumon de Bouira    Agnelli prend la porte    Le CSA cède 80% de ses actions à Mobilis    Les dessous du clash Song-Onana    Le stress hydrique inquiète les agriculteurs    Vibrant hommage à la défunte artiste Sonia    Projection de «Frantz Fanon. Une vie, un combat...»    Films à l'affiche    Une troisième journée d'espoir pour les équipes africaines    Grand retour après deux ans d'absence forcée    L'Algérie émerge    Mondial 2022 (Australie-Danemark): l'Algérien Ghorbal au sifflet    Ligue 1: CRB-CSC, un choc explosif    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Malheureusement, nous n'avons pas eu un Mandela en 62
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 07 - 12 - 2013

Mandela Nelson est mort. Le monde va saluer sa vie, son œuvre, son sourire, sa mort et sa philosophie. Et nous Algériens ? Faire de même dans la longue procession de l'hommage. Mais au-delà ? Un regret secret, une amertume. Le chroniqueur l'avait écrit un jour : Et si on avait eu Mandela en 62 et pas Benbella ? Et on avait eu la Vérité avant la Réconciliation et pas la Réconciliation sans la vérité, comme avec Bouteflika ? Et si.
On ose alors le tabou parce que c'est un grand rêve éveillé : une Algérie qui n'aurait pas chassé les Français algériens mais qui en aurait fait la pointe de son développement, de son économie et la pépinière de sa ressource humaine. Une Algérie de la couleur de l'arc en ciel. L'Afrique du Sud de Mandela a eu son OAS, ses Pieds noirs, ses colons, ses fermiers blancs, ses radicaux noirs, ses traîtres, ses torturés et ses Aussarresses et ses Larbi Ben M'hidi. Sauf qu'avec Mandela le choix avait été de faire passer le pays avant les procès et les vengeances et de construire, en ouvrant les bras. La valise ou la mort n'était pas le slogan de Mandela malgré l'histoire douloureuse de cet homme touché dans sa chair, et l'histoire des siens tués, torturés, assassinés. L'homme avait une vision que nous n'avons pas eue et a sauvé son pays de la guerre civile et des tueries et des grandes vanités chauvines. Le «62» de l'Afrique du Sud, par cet homme, n'a pas connu sa crise de l'été, les guerres fratricides entre clans, les massacrés de Oued Sly, ni les coups d'Etat cycliques ni la main mise des casernes et des polices politiques sur le pays. Parce que Mandela voyait loin, les Blancs n'ont pas été chassés et massacrés ou exclus au nom d'Allah ou de l'identité. Les chars n'ont pas roulé vers la capitale de ce pays pour y violer la légitimité et on n'aurait pas cédé à l'illusion du socialisme, nous n'aurions pas été malades du butin et du bien-vacant et nous aurions évité les révolutions agraires et futiles qui ont détruit la propriété et la valeur du travail et notre patriotisme n'aurait pas été dégradé en propagandes et persécutions. Un Mandela algérien nous aurait évité la seconde guerre des années 90, sa fausse conclusion par référendum risible et un président à vie, unique dans le monde, parce que un Mandela algérien aurait imposé la dignité des deux mandats et pas plus.
Nous aurions fait les bons choix, nous aurions jeté les armes, les machettes dans l'océan, nous aurions choisi de sourire à l'adversaire et pas de l'assassiner et nous aurions fait coïncidé, chaque jour venant, le mot liberté et le mot libération. Un Mandela algérien nous aurait appris que la violence subie n'est pas nécessaire à rendre, justement pour casser le cycle.
Un Mandela algérien nous aurait évité le pays actuel, ses mauvaises convictions, nos mauvais jours et des molles dictatures et ses gabegies. Nous aurions perdu moins de vies et moins de temps et nous aurions été un grand pays. Car cet homme est l'un des très rares à avoir donné sens à la décolonisation. Toutes les autres épopées ont mal fini : la décolonisation glorieuse y a été menée à la dictature hideuse ou sournoise. Au massacre, aux caricatures sanguinaires et au sous-développement. C'est dire que l'on ne décolonise pas avec les armes, mais avec l'âme. Décoloniser n'est pas vaincre le colon mais le démon en soi. Adieu l'homme au sourire qui dénoue.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.