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«SAINT» ALI !
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 06 - 04 - 2017


Livres
Ali Zamoum, le juste. Essai de Rabah Zamoum (préface de Hocine Zahouane et postface de Samir Imalayène). Inas Editions, Alger 2016, 1.000 dinars, 338 pages
Il ne s'est jamais arrêté de lutter. Hier, encore tout jeune, pour la libération du pays du joug colonialiste. Fait prisonnier, condamné à mort à plusieurs reprises, il erra de prison en prison jusqu'à l'Indépendance du pays en 1962. Entre- temps, son frère aîné, Mohamed Zamoum (Si Salah) commandant de la wilaya 4 historique, tombait au champ d'honneur.
Un homme hors du commun, un moudjahid vrai qui n'a jamais cherché à tirer un avantage matériel ou une quelconque gloriole. Hocine Zahouane, le préfacier, a tracé son portrait en trois points: Anti-carriériste (il aurait pu faire un très beau parcours, ayant débuté, en 1962, à la tête de la wilaya de Tizi-Ouzou). Anti-apparatchik (ce qui lui avait valu bien des inimitiés au sein du Fln dont il a animé la Fédération). Incorruptible (résistant aux «appels» continuels de Houari Boumediène, alllant alors qu'il était directeur d'un des plus gros complexes industriels, celui du textile- jusqu'à s'opposer publiquement et de quelle manière !- à Belaid Abdessaelam, alors ministre en charge omnipotent du secteur).
Mille et une fonctions, mille et une difficultés... et, c'est au ministère du Travail, avec comme boss, Mohamed Said Mazouzi, un autre vrai grand de la Révolution, qu'il va s'épanouir le mieux et le plus, à la tête de la direction de la Formation professionnelle. Il y développe sa démarche novatrice, «révolutionnaire» pour H. Zahouane... retrouvant, certainement, par bien des expériences originales (dont celles culturelles avec ses «complices intimes, Kateb Yacine et M'hamed Issiakhem), le chemin du combat commencé déjà durant la révolution armée à partir du village natal, Igihl Imoula, lieu de production et de publication de la Déclaration de Novembre: la libération économique, sociale et politique du citoyen. Par la suite, il s'investira dans l'humanitaire avec la Fondation «Tadjemaït» (qui continuera d'ailleurs l'œuvre du fondateur sous l'appellation «Tagmats Ali Zamoum»).
L'Auteur : A tout seigneur tout honneur ! Ali Zamoum, décédé en septembre 2004, est né le 29 octobre 1933 à Ighil Imoula (Tizi Ouzou)... Dès sa prime jeunesse, il se forme aux côtés de son frère aîné Mohamed Zamoum, Si Salah, futur commandant de la Wilaya 4 historique, tombé au champ d'honneur en juillet 1961.
Ali le moudjahid est fait prisonnier en février 1955... Condamné à mort à plusieurs reprises, il partagea la cellule de Ahmed Zabana la veille de son exécution. Libéré en 1962, il occupa plusieurs postes de responsabilité, dont celle de wali de Tizi Ouzou, avec toujours une grande volonté d'améliorer le sort des démunis, ce qui ne facilitera pas ses rapports avec le «pouvoir». Très proche de Mohamed Said Mazouzi, l'autre juste, et grand ami de Kateb Yacine et de M'hamed Issiakhem. Auteur, en 1994 (Ed. Rahma) d'un ouvrage qui avait connu un immense succès, «Tamurt Imazighen... Mémoires d'un survivant»
Rabah Zamoum est son neveu, fils de Si Salah
Extraits : «Quand on examine le fonctionnement des ministères, quand on observe les ministres eux-mêmes, les directeurs centraux, les cadres supérieurs du pays, la bureaucratie, nous constatons que pour eux et selon eux, tout est une réussite, ils sont forts, devenus les plus grands de tous... Je ne vois pas pourquoi ils militeraient pour une politique qui remettrait en cause leur pouvoir» (Ali Zamoum, p 75), «L'Algérie a agi comme les pays du Golfe : payer pour tout avoir sans posséder le savoir» (Rabah Zamoum, p 232), «Pendant que des spécialistes étudient la confection de taille-crayons de plus en plus perfectionnés pour gagner des clients, d'autres spécialistes concurrents ont inventé des crayons qu'on ne taille pas.
Les fabricants de mousse à raser s'ingénient à trouver le meilleur savon, les militants islamistes laissent fleurir leurs barbes. Certains cherchent à satisfaire un besoin, d'autres le suppriment, tout simplement «(Ali Zamoun, p 248).
Avis : Un juste ? Un saint ? Un anti-héros ? Un naïf en politique ? Un hyper-réaliste ? En tout cas, un vrai, un grand «homme libre» ayant l'Algérie dans le sang... et dans la vie. Jusqu'à la mort !
Citations : «Combien d'hommes et de femmes d'affaires, de la culture, des arts et des sciences, ont obtenu telle ou telle distinction, privilège ou récompense, non pas par leurs mérites propres mais simplement pour avoir vanté les vertus surfaites de leurs maîtres. Au fil des années, ces comportements se sont généralisés dans le paysage politique algérien.
Il est devenu coutumier d'appartenir pour obtenir» (Ali Zamoum, p 135), «Trente-six idées me viennent à la tête et comme trente-six choses ne peuvent être faites en même temps, je ferai alors la trente-septième... c'est-à-dire que je vais m'allonger sur mon lit et regarder bêtement la télé» (Ali Zamoum, p 237), «Le fait dêtre Kabyle ne signifie autre chose que celui d'habiter la Kabylie. Croire qu'être Kabyles signifie qu'ils sont meilleurs est une dangereuse erreur politique. On peut être un tyran à la tête d'une Djemâa d'un village» (Ali Zamoum, p 320)
Dans les maquis de la liberté. Récit d'un rescapé du commando Ali Khodja. Algérie : Guerre de libération. Mémoires et témoignages. Ouvrage de Abdelkader Blidi, dit Si Mustapha. Mémoires recueillis par Ait Mouhoub Mustapha. Rafar Editions, Alger 2016, 700 dinars, 192 pages.
C'est l'histoire palpitante d'un jeune Algérien, un montagnard, qui s'engage résolument dans la guerre de libération nationale... au sein d'une unité combattante parmi les plus prestigieuses (et les plus redoutables) de l'Aln : le commando Ali Khodja.
Ouvrier agricole chez les colons dès l'âge de douze ans, car n'ayant pas eu la chance d'aller à l'école publique, pratiquant mille métiers (et, donc, subissant mille misères) pour faire sa part face aux besoins de vie de la famille, il fait la connaissance, du côté de Boufarik, de miltants du Ppa dont Souidani Boudjemâa.
Premiers mois de la Révolution armée... premier engagement avec un attentat, afin de se procurer une arme. Il l'aura, la subtilisant à un militaire qu'il avait assommé... Une Mat 49, une arme de choix svp !... tout en oubliant la cartouchière (qu'il récupéra rapidement avec tous les risques encourus). C'est alors la vie au maquis... avec ses conditions de vie ardues et la participation aux rudes combats caractérisant les monts de Palestro. Puis, le Commando Ali Khodja... Une grande et inoubliable aventure aux côtés d'hommes et de femmes inoubliables.
Mars 1958, il est blessé grièvement lors d'un combat. Un jeudi meurtrier avec le décès de Si Lakhdar, le chef... Il est alors évacué. Interminable et chaotique traversée de la région de Médéa jusqu'au Maroc. Il y découvrira un «autre Fln» (ambiance exécrable de suspicion). Une autre évacuation médicale en Tunisie, cette fois-ci réussie.
Le reste est une toute autre histoire dans les services de renseignement auprès de Ahmed Bencherif, de Krim Belkacem... puis à Genève pour soins complémentaires.
L'ouvrage est complété par des réflexions sur bien d'autres problèmes (la Bleuite, l'assassinat du colonel Mellah,...) et sur les mésaventures rencontrées après l'Indépendance puisqu'il se retrouvera, sous Ben Bella, puis sous Boumediène... emprisonné. Il y a aussi des témoignages, des documents ainsi qu'un riche album de photographies.
L'Auteur : Abdelkader Blidi est né en 1935 (décédé le 27 février 2017), non loin de Blida (Hamleli), dans un milieu très modeste. Acteur et témoin privilégié de la Guerre de libération nationale (entre autres, membre du fameux commando Ali Khodja), mais aussi des premières années de l'indépendance. Aït Mouhoub Mustapha est journaliste professionnel, déjà auteur de plusieurs ouvrages.
Extraits : «Ceux qui prétendaient que les parachutistes français et les légionnaires ne savaient pas se battre se trompaient lourdement. Ils ne les avaient visiblement jamais affrontés. Ils étaient de véritables fauves ! Des tueurs !» (p 59), «Le suicide collectif des Européens a été organisé par l'Oas à travers sa politique de terre brûlée et par le slogan qu'elle a mis sur notre dos, celui : «La valise ou le cercueil» (p 153)
Avis : Trop de détails, trop riche en informations. Nos cinéastes devraient réaliser un film sur le fameux commando en y ajoutant, pourquoi pas, un peu de fiction. Et ce, afin que les héros ne meurent jamais !
Citation : «N'eussent été les sorties salvatrices du peuple pour clamer haut et fort «Sept ans barakat !» (Sept ans, ça suffit ! ), Alger aurait été brûlée par ses propres fils, ce qui aurait concrétisé le rêve des ultras» (pp 116-117)
Constantine. L'exil et la guerre. Récit de Nora Sari, Casbah Editions, Alger 2016. 1 150 dinars, 525 pages.
Après son ouvrage sur Cherchell, la ville de la prime enfance, c'est au tour de Constantine d'être présentée par l'auteure qui y a fait de janvier 1954 jusqu'à juin 1963, une année après l'indépendance, sa scolarité ; son père, enseignant, y ayant été affecté.
Constantine, la ville située «fe thelth el khali medenia, «aux troisèmes confins arides du monde», et où «existent une civilisation et un art de vivre des plus raffinés» ! Constantine avec ses familles citadines aux origines «aristocratiques», avec son parler, ses coutumes, ses traditions, ses us, son accent et sa cuisine originaux, avec ses lieux historiques, avec sa musique malouf, introuvée ailleurs, avec la cœxistence des communautés (tout particulièrement au niveau de certains quartiers, mais pas tous), avec les changements technologiques (l'avion, la télévision)...
A travers l'histoire (plutôt les histoires... pas les querelles !) d'une jeune fille encore en fleurs, c'est toute la vie quotidienne des gens de la ville des années 50 et début 60 qui défile... avec ses joies et ses peines, ses amitiés, ses espoirs et ses déceptions, avec ses échappées (les vacances, puis les impondérables de la guerre) à Cherchell, la ville natale, et aussi, à Djelfa, chez un cousin médecin.
La guerre n'est pas loin et elle n'est pas évitée, vue par une adolescente déjà nationaliste, mais quelque peu choquée par les brutalités inattendues. La guerre est d'ailleurs abordée à travers des chapitres totalement consacrées à des héros ou à des événèmenst la grève de 56, les enfumades du Dahra en 1844-1845 et celles du pic du Marceau en 1957, l'insurrection et la déportation des Brakna, Mustapha Saâdoun (patriote propriétaire terrien et agriculteur faisant partie des militants communistes montés au maquis, le «Maquis rouge» - comme Maillot, Laban, Moussaoui, Guerrab, Hannoune, Zelmat, Mohamed Boualem - mort au combat à l'âge de 25 ans), le Mouloudia de Cherchell... Ils alourdissent un peu le récit et il serait intéressant de voir l'auteur «commettre» un ouvrage consacré uniquement à ces événements et hommes historiques. Sa plume et sa pédaogogie apporteront beaucoup à l'histoire événementielle si recherchée mais si mal écrite encore.
L'Auteur : Professeur de français à la retraite, elle a déjà publié un récit, «Concert à Cherchell» (Casbah Editions, 2014)... et elle a obtenu, en 2014, le troisième prix de la presse écrite en français, pour le concours «Les enfants de Novembre».
Extrait : «La transe est bien un exutoire ; elle libère du stress, elle contrarie la morosité du quotidien des femmes au foyer, prises dans leurs tâches ménagères récurrentes «( p 255)
Avis : Un livre écrit avec une maîtrise parfaite de la langue ... avec cependant quelques mots rarement utilisés par le grand public... Prof' de français un jour, prof' toujours ! Chapitres courts aux sujets divers, agréables à lire par les anciens et émouvant pour les «nostalgériques» d'ici... et d'ailleurs.
Citation : «De la différence naissent les conflits, les on-dit, les rumeurs, les verdicts» (p 125)


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