On se rend à l'évidence, les mesures coercitives et techniques, ainsi que les points de contrôle routier s'avèrent « insuffisants » face à l'hécatombe des routes. C'est le président du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), Bouchenak Khelladi Sidi Mohammed, qui l'a relevé, préconisant le recours à des spécialistes en « analyses comportementales » pour tenter de freiner ce fléau. Il a jugé nécessaire, dans ce contexte, « d'impliquer des spécialistes en analyses comportementales dans la cristallisation de solutions à ce phénomène, dans l'examen des mesures à prendre et surtout dans la vulgarisation du concept de la conduite défensive », lors de son intervention aux travaux d'une journée d'étude sur « le renforcement de la conduite défensive et la préservation de la sécurité routière en Algérie », organisée jeudi à Alger. Tous les participants à cette journée d'étude ont appelé à la nécessité d'impliquer des spécialistes en analyses comportementales dans la vulgarisation de ce concept, d'autant que le facteur humain demeure la principale cause des accidents de la route. Les principes de la conduite défensive, adoptés par plusieurs pays, depuis quelques années, consistent à anticiper et bien évaluer les situations, et à y réagir de manière appropriée. Cela passe également par une formation des conducteurs. En tout cas, le Conseil s'engage à « soumettre toutes recommandations aux plus hautes autorités du pays ; il revient aux participants de contribuer efficacement à la prise de décision concernant ce phénomène ». De son côté, le spécialiste en Economie des transports à l'Ecole des hautes études commerciales (EHEC), Fares Boubakour, a passé en revue les indicateurs aggravant davantage ce phénomène, saluant les efforts jusque-là déployés par les autorités du pays. Les accidents de la route coûtent au Trésor des pertes d'une valeur de 100 milliards DA/an, a-t-il déploré. Sans parler de la perte irremplaçable de centaines de vies humaines. Soit des impacts économiques, sociaux et environnementaux majeurs. La sous-directrice du Trafic routier au ministère des Transports, Hassiba Gouasmia, a abordé, pour sa part, l'aspect juridique lié à la circulation et souligné, par là même, l'importance d'adopter « la conduite défensive » comme stratégie de conduite. Elle a également jugé nécessaire de se focaliser sur la conscientisation et la formation, « en lançant des campagnes nationales de sensibilisation, à intégrer dans les programmes scolaires', en renforçant le volet de la formation et en créant un fonds spécial d'appui à la sécurité routière ». A la fin de cette journée d'étude, le CNESE a honoré, à cette occasion, la famille de feu Mohamed Lazouni dit « Chorti El-Mekhfi », connu pour son émission « Tarik Essalama » de la télévision publique, eu égard à ses efforts en matière de sécurité routière et de sensibilisation, au danger de l'irrespect du Code de la route.