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08 MARS 2019 : Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes
Publié dans Réflexion le 08 - 03 - 2019

Les 08 mars de chaque année, le monde célèbre la Journée internationale de la femme. Dans ce cadre, mon analyse est intimement liée à la place de la femme au sein de la société algérienne qui est appelée de plus en plus à exercer différentes fonctions tant dans la sphère économique, sociale, culturelle que dans différentes responsabilités politiques.
Espérons que les marches prévues en Algérie seront pacifiques, démontrant ainsi au monde, la maturité du peuple algérien qui aspire à la paix, à la sécurité, à de profondes réformes économiques et politiques condition du développement de l'Algérie.
1.- Rappelons que le 17 décembre 1999, par sa résolution 54/134, l'Assemblée générale de l'ONU a proclamé le 25 novembre «Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes» et a invité les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales à organiser ce jour-là des activités conçues pour sensibiliser l'opinion au problème. C'est un cri de ralliement, l'occasion de réfléchir et progresser vers l'égalité des genres et l'autonomisation de toutes les filles et les femmes. Si le travail est au cœur de la construction de la société, il est particulièrement au centre de la consolidation de l'autonomie de l'individu, notamment de la promotion de la situation de la femme en tant que personne et en tant que citoyen. Intégrer la femme dans le monde du travail implique un cadre adapté également aux coutumes. Les différentes recherches en sciences sociales affirment souvent que le développement d'une société se mesure au degré d'implication de ses femmes. L'émergence des femmes dans l'espace social et politique, la question de l'entreprenariat féminin devrait être posée dans le cadre de la problématique du développement et de la transformation générale de la société, étant au sein du carrefour de la pluridisciplinarité entre la psychologie et la sociologie du travail.
La première thèse, liée à la problématique du développement, est celle qui considère que l'arrivée dans le monde du travail des premiers contingents de femmes est le point de départ d'un mouvement évolutif et irréversible qui ne peut que changer la conscience qu'ont les femmes d'elles-mêmes, celles qui travaillent comme celles qui ne travaillent pas, et constitue un atout majeur dans la conquête de l'espace social et politique. Selon cette thèse, ce sont les femmes qui travaillent, quelle que soit la nature de l'activité exercée, qui s'intéressent le plus à la vie sociale et politique, qui votent davantage et de manière plus autonome. C'est parmi elles aussi que l'on trouve le pourcentage le plus élevé de femmes satisfaites, le revenu, essentiellement salarial des femmes, la scolarisation massive des filles constituant des facteurs de changement dans les rapports de sexe dans une société qui n'avait connu que le travail des paysannes.
La deuxième thèse, s'appuie sur une critique des catégories utilisées par l'Office national des statistiques, conteste d'abord la progression du travail féminin, remettant en cause dans ses travaux la thèse du travail émancipateur à partir d'une analyse théorique globale des rapports entre travail salarié et procès de travail domestique. Selon cette approche, le projet étatique de développement et de mobilisation de la société des années 70 a, de fait sinon délibérément, exclu les femmes en les affectant en priorité à un procès de travail domestique issu de la destruction des anciennes formes de production et de la séparation entre l'espace de production et de reproduction. Le modèle d'industrialisation mis en place en Algérie se traduit inévitablement par une très faible salarisation des femmes, circonscrite aux grandes villes. L'expulsion des femmes du système productif se complète à l'intérieur de ce dernier par une tendance les éloignant de la production». Ou encore : «la tendance la plus manifeste est leur expulsion pure et simple de la production, de l'emploi et plus globalement du champ social». La conclusion est que l'emploi féminin, «dérisoire et marginal», a encore un autre effet négatif. Il introduit une scission entre la minorité qui travaille et la majorité des femmes au foyer vouées aux rôles traditionnels dont les normes patriarcales se trouveraient renforcées.
La troisième thèse, à partir d'enquêtes au niveau des entreprises publiques, est que le «travail libérateur» de la femme serait un mythe, ne relevant pas d'une décision individuelle mais d'un projet de groupe et que l'enfermement à l'usine est le strict équivalent de l'enfermement à la maison. Cette vision conteste que le travail puisse être un facteur de libération, ni même de changement, du fait que la fonction proprement socioéconomique du salaire féminin est subvertie et réintégrée dans une logique symbolique propre à la société traditionnelle, la possibilité d'indépendance économique étant neutralisée par la logique de la domination.
La quatrième thèse, plus récente et, me semble-t-il, plus réaliste, essaie de réaliser une synthèse entre ces différentes approches intégrant les analyses psychosociologues et la dualité de la société algérienne formel/informel. L'arrivée des femmes dans le monde du travail, limitée mais non marginale, a produit un mouvement irréversible d'aspiration au travail, à l'activité rémunérée et à ce qu'elle implique, c'est-à-dire une forme ou une autre d'autonomie, encore qu'existent des résistances au changement . Ce mouvement, du fait des nouvelles orientations économiques et du désengagement de l'Etat, a donné naissance à un développement sans précédent du travail informel qui prend des formes très variées, concernant un nombre de femmes beaucoup plus important que celui des travailleuses déclarées. Toutes sortes d'activités, exercées en auto-emploi, se développent et sont appelées à se développer. Le travail salarié a produit des effets sociaux et culturels profonds et irréversibles. Ils remettent en cause la problématique d'une sorte d'inertie des pratiques et des représentations dans le monde des femmes dans son ensemble, mettant en valeur qu'avec la scolarisation massive des filles, le travail est le paramètre essentiel du changement et ce changement a des retombées sur celles qui ne travaillent pas. Encore que cette approche met en relief que le savoir social que ces femmes acquièrent et les multiples manières dont elles l'utilisent en le combinant à des matériaux puisés dans le patrimoine culturel pour construire une image de soi valorisante à la fois comme femme et comme travailleuse, peuvent se trouver en butte à des manifestations de réprobation du fait de résistances socioculturelles. Selon cette approche, avec l'évolution de la famille algérienne qui ne vit pas en vase clos mais influencée par des facteurs d'environnement local et international (télévision, Internet…), il faille éviter le stéréotype selon lequel la famille, lieu de la tradition, emprisonne les individus et constitue toujours un frein à l'autonomie et au changement, une famille pouvant pousser ses membres féminins au changement parce qu'elle en tire des profits matériels et symboliques. A l'inverse, une femme qui fait des choix individuels en affrontant sa famille, ne s'en détache pas pour autant, ce qui signifie bien entendu qu'il ne peut y avoir d'un côté tradition et de l'autre innovation. Ces différentes recherches mettent en valeur la connivence mères-filles pour contrer une décision ou en faire valoir une autre, tout un ensemble de stratégies qui relèvent de ce que certains sociologues qualifient de «féminisme informel ».
2.-A partir d'enquêtes l'on peut relever six (06) constats.
Premier constat : sur le marché de l'emploi, de plus en plus de femmes diplômées et expérimentées sont à la recherche d'un emploi comprenant des avantages et perspectives d'évolution professionnelle.
Deuxième constat : La violence contre les femmes a pris des proportions alarmantes ces dernières années. Le phénomène touche de plus en plus de femmes qui, souvent, sont victimes de violences commises par le mari, le père, le frère ou même l'enfant.
Troisième constat : une partie infime des femmes qui travaillent en Algérie occupent des postes de responsabilité.
Quatrième constat: leur niveau d'expérience varie selon la nature du métier exercé.
Cinquième constat : durant la recherche d'un emploi, de plus en plus de femmes sont confrontées à de multiples difficultés d'ordre social (discrimination) et professionnel (manque d'évolution). Les difficultés qui entravent l'évolution des carrières professionnelles des femmes sont en relation avec la discrimination dans l'attribution des promotions.
Sixième constat : il y a également les critères de taille et de type d'entreprises qui constituent un facteur clef dans la sélection du poste de leur choix.
Quelle conclusion tirer ? Nos filles et nos femmes ont besoin de la plus grande considération devant concilier la modernité et notre authenticité. Je considère que la promotion de la femme dans toutes les sphères de la vie sociale, conciliant la modernité et notre authenticité, comme le ciment et la vitalité de toute société. Car, le noyau central, El-Oum Ed-Dounia, la racine de l'arborescence, la racine de l'Arbre de la Vie, ceux sont nos mères, nos femmes et nos filles. Sans nul doute, les algériennes et algériens démontreront au monde entier ce 08 mars 2019 que les manifestations seront pacifiques, le peuple algérien aspirant à la sécurité, à de profondes réformes économiques et politiques condition du développement de l'Algérie. Car comment ne pas souligner la forte mobilisation le 22 février et le 01 mars qui implique de biens analyser les aspirations de la société civile pas celle rentière vivant dans les salons mais celle que l'on a vu dans la rue. Au moment où le monde traverse des bouleversements politiques, sociaux et économiques, où l'Algérie est interpellée par les 70% de sa population pour de véritables réformes démocratiques, condition d'un développement harmonieux et durable face à l'implacable mondialisation, l'on doit rendre un grand hommage à notre jeunesse, cette société civile à dominance informelle non organisée mais néanmoins mature, qui n'a pas connu le drame des années 1990//1999, donc insensibles à certains discours, veut un changement dans la paix. Saluons sa maturité politique et les marches pacifiques sans violence, où les partis politiques toutes tendances confondues n'ont joué aucun rôle pour la mobilisation et également à nos forces de sécurité qui ont su gérer d'une manière moderne. Ces événements doivent être médités attentivement tant par les partis et organisations du pouvoir que ceux de l'opposition et la majorité des membres du gouvernement vivant dans une autre planète, (des ministres incapables d'aller au devant de cette population), qui ont été hors circuits et dont certains partis de salon par opportunisme ont voulu récupérer ce mouvement mais, comme démontré, récemment rejetés par cette jeunesse.


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