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Gilles Manceron : les manifestations du 11 décembre 1960 relèvent d'une autre forme de lutte (TROIS QUESTIONS)
Publié dans Algérie Presse Service le 10 - 12 - 2012

L'Algérie commémore mardi les manifestations du 11 décembre 1960, une date qui figure parmi celles qui ont marqué la guerre de libération nationale. L'historien français Gilles Manceron revient sur les principaux enjeux cette date historique. (TROIS QUESTIONS)
QUESTION : Parmi les dates qui ont marqué l'histoire de la lutte armée pour la libération nationale (et elles sont nombreuses), il y a lieu de citer celle du 11 décembre 1960. Beaucoup considèrent que les manifestations qui ont marqué cette journée, avaient répondu à de Gaulle qui disait "je ne négocie pas avec le Front de libération nationale (FLN)", et dont le plan consistait à mettre sur la sellette une troisième force pour négocier au nom du peuple algérien. Quelle lecture faites-vous de cette journée et des manifestations qui l'ont marqué ?
REPONSE : Il me semble que ce qui caractérise les grandes manifestations du 11 décembre 1960 en faveur de l'indépendance, c'est précisément qu'elles relèvent d'une autre forme de lutte que la lutte armée. Elles ont marqué l'entrée en scène de la population des villes, sous la forme de manifestations de rue et non pas d'une insurrection armée, et elles ont remporté à cette occasion une victoire politique décisive.
Ce sont ces manifestations, à Alger et de nombreuses autres villes d'Algérie, qui ont accéléré le basculement massif du peuple algérien en faveur de la cause nationale. Il a crié son soutien à l'idée d'une République algérienne, à son gouvernement provisoire, le GPRA, et à son président, Ferhat Abbas. Ces manifestations ont été violemment réprimées (une centaine de morts et quelque 400 blessés), mais elles ont connu un grand retentissement, en Algérie, en France et dans le monde. Ce sont elles qui ont achevé de persuader de Gaulle qu'il n'y avait pas d'autre solution que l'indépendance de l'Algérie négociée avec le FLN.
QUESTION : Quelles ont été les répercussions politiques et militaires de ces évènements sur l'Etat français ?
REPONSE : Le général de Gaulle, dès le 5 septembre 1960, avait parlé d'une "Algérie algérienne", et, le 4 novembre, il avait ajouté au dernier moment à son discours les mots de "République algérienne" qui ne figuraient pas dans le texte qu'il avait fait lire à son premier ministre, Michel Debré.
Debré était en désaccord avec cette orientation et a voulu démissionner.
C'est Debré qui va tenter en 1961 de susciter une "troisième force" à laquelle de Gaulle ne croit plus. Ses rencontres à l'Elysée en juin 1960 avec des chefs de maquis qui étaient venus de voir sans l'accord du GPRA n'avaient débouché sur rien, et, lors de son voyage en Algérie du 9 au 13 décembre 1960, il a bien vu que le peuple algérien soutenait massivement le FLN et le GPRA.
Il s'est trouvé renforcé dans son choix. Ce sera son dernier voyage en Algérie. Il avait été marqué aussi par de nombreuses manifestations d'européens violemment hostiles à sa politique.
QUESTION : Ces manifestations ont-elles eu un impact sur les négociations portant sur les accords d'Evian du 18 mars 1962 entre le GPRA et les autorités françaises ? Si oui quel est cet impact ? Ont-elles contribué à éclairer l'opinion internationale sur la pertinence et la justesse de la cause algérienne ?
REPONSE : Quelques mois plus tard, de Gaulle décide d'ouvrir des négociations avec le FLN à Evian, mais de hauts responsables politiques et militaires français rompent avec lui et vont combattre sa recherche d'une solution négociée pour l'indépendance de l'Algérie. Il va être confronté au putsch des généraux à Alger d'avril 1961 et au terrorisme de l'OAS, mais aussi à des oppositions au sein même de son gouvernement qui vont contribuer à faire durer les négociations jusqu'en mars 1962.
Mais les manifestations de décembre 1960 ont renforcé sa conviction et l'ont conduit à prendre directement le contrôle de la conduite des négociations, en s'appuyant sur le secrétaire d'Etat Louis Joxe qu'il a chargé de rencontrer secrètement le ministre des Affaires étrangères du GPRA, Saad Dahlab dès le 9 décembre 1960.
Les manifestations populaires des 10 et 11 décembre ont eu un immense écho à l'étranger. Des pays comme l'Inde, qui n'avaient pas pris parti jusque-là, dénoncèrent leur répression par l'armée française. L'assemblée générale des Nations unies a voté une résolution, par 63 voix contre 8 (et 27 abstentions), demandant l'autodétermination de l'Algérie sur la base de son droit à l'indépendance et de son intégrité territoriale.
Des pays nouvellement indépendants comme le Mali et le Togo se sont joints à la majorité de la communauté internationale. La France s'est trouvée isolée et a subi une défaite politique. Comme l'a dit un historien allemand, si son armée n'a pas été vaincue comme au Vietnam par une défaite militaire, elle a connu lors des manifestations de décembre 1960 un "Diên Biên Phu politique".


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