Le ministre des Affaires religieuses et des wakfs, Bouabdallah Ghlamallah a invité, samedi à Alger, les journalistes à prendre exemple sur le "pionnier de la presse algérienne", Cheikh Brahim Benaissa Abou El-Yakdane. "Nous aspirons aujourd'hui à voir émerger des plumes du gabarit du pionnier de la presse algérienne (1888-1973) qui apporta une précieuse contribution par ses écrits condamnant l'extrémisme et le fanatisme et incitant à l'éveil des consciences", a souligné M. Ghlamallah qui intervenait lors d'un colloque organisé à l'occasion du 40ème anniversaire de la disparition de Abou Al Yakdane. "Au moment ou la presse électronique gagne du terrain, nous avons grandement besoin de médias crédibles qui traitent des informations en toute objectivité et loin de toute dénaturation", a-t-il ajouté. Le colloque sur Abou El Yakdane, né le 5 novembre 1888 à Gourara (Ghardaïa) et décédé le 30 mars 1973, vise à faire connaître cette personnalité qui comptait à son actif pas moins de huit titres parus entre 1926 et 1973. Parmi ces titres, "Oued Mizab" et "El Oumma" qui êtaient des tribunes à partir desquelles s'élevaient les condamnations du colonialisme français, a souligné l'organisateur principal du colloque, Mohamed Nacer Kacem Bouhedjam. Abou Al Yakdane était un des fondateurs de l'Association des oulémas musulmans algériens et membre éminent du parti indépendant constitutionnel tunisien créé par Abdelaziz Thaalibi, précise l'intervenant rappelant que le défunt fut le premier algérien à instituer une imprimerie arabe en 1931. Les écrits de Abou Yakdane et ses oeuvres littéraire, religieuse et journalistique demeurent méconnues du grand public, a déploré M. Bouhedjem. Des enseignants et historiens algériens et étrangers dont le mufti du Sultanat d'Oman prennent part aux travaux de ce colloque de deux jours.(