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Le Maroc vise à amplifier le pillage des ressources sahraouies en violant le cessez-le-feu
Publié dans Algérie Presse Service le 30 - 11 - 2020

Le Maroc a pris le risque de violer l'accord de cessez-le-feu de 1991 signé avec le Front Polisario, pour amplifier son exploitation économique des territoires sahraouis qu'il occupe illégalement, déplore la journaliste Gabrielle Lefèvre, spécialiste de la question sahraouie.
La journaliste a expliqué, dans un article intitulé "Sahara Occidental : les armes ou la diplomatie ?", publié dans le site d'information, "Entre Les Lignes", que la route ainsi créée permet de faire passer vers la Mauritanie et le reste de l'Afrique les camions chargés des ressources pillées en territoires occupés.
Le 13 novembre, l'armée marocaine a tiré sur des civils sahraouis qui manifestaient pacifiquement devant une brèche illégale dans le "mur" érigé par le Maroc pour enclaver les territoires sahraouis. "Cette brèche permet la circulation de camions à El-Guerguerat au Sud-Ouest du Sahara occidental, dans la zone tampon prévue par l'accord de cessez-le-feu de 1991 entre le Maroc et le Front Polisario sous l'égide de l'ONU", a rappelé la journaliste basée à Bruxelles.
Déjà lorsqu'en mars 2001 l'armée marocaine a tenté de construire une route goudronnée à travers la zone tampon d'El-Guerguerat vers la frontière entre le Sahara occidental et la Mauritanie, l'ONU avertit le Maroc que "la construction envisagée posait des problèmes délicats et que certaines des activités entreprises pourraient contrevenir l'accord de cessez-le-feu", rappelle la journaliste. L'ONU n'a alors soulevé aucune question concernant le "trafic commercial ou civil" dans la région.
Gabrielle Lefèvre a également déploré dans son article, le fait que "le Maroc a tout fait pour empêcher ce processus d'autodétermination, annexant par la force la plus grande partie du territoire sahraoui, érigeant un mur totalement miné, réduisant la population sahraouie à un statut de réfugiée dans son propre territoire et en Algérie qui accueille et soutient depuis des décennies des milliers de Sahraouis aidés par l'assistance internationale".
Pendant ces années, le commerce des ressources ainsi spoliées "a contribué à l'économie marocaine exclusivement (et notamment à la fortune personnelle du roi)", à la grande satisfaction de pays européens, a-t-elle poursuivi.
Citant la France, -qui, en premier sert ses intérêts économiques et militaires au Maroc-, Mme Lefèvre a également évoqué l'Espagne. Ce pays qui était la puissance colonisatrice du Sahara occidental, "a laissé le Maroc s'en emparer illégalement mais il reste légalement la puissance responsable du sort de son ancienne colonie".
Elle a rappelé à cet effet, que les intérêts économiques espagnols "priment là aussi sur le droit", et les intérêts politiques aussi "car l'Espagne entend bien garder sa souveraineté en territoire marocain, de Ceuta et Melilla, vestiges de l'empire colonial et points de passage terrestre entre le Maroc et l'Europe", et que ceci constituait un autre point de discorde entre les deux pays, "et peut-être un élément du chantage exercé par le Maroc sur l'Espagne".
La journaliste a appelé dans son article, l'Union européenne (UE) "qui prétend sans cesse défendre les valeurs onusiennes et le droit international", d'"exercer une pression décisive" sur le Maroc, afin de rétablir la légalité internationale. "Elle en a le pouvoir", estime-elle, "encore faut-il qu'elle en ait la volonté politique", évoquant "son immense faiblesse" face aux violations meurtrières du droit international par Israël à l'encontre du peuple palestinien, "lui aussi occupé illégalement, lui aussi exploité et brimé, bombardé, séquestré".
Citant l'exemple de la Syrie et de l'Afghanistan, -attaqués par les Etats-Unis et des pays européens pour protéger des intérêts purement économiques-, Mme Lefèvre, estime que "notre monde décimé par une pandémie grave, à l'économie mondiale déstabilisée par cette catastrophe sanitaire", ne peut autoriser des conflits armés dont souffrent des populations civiles prises en otage.


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