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«La survenue du choléra était prévisible depuis le mois de janvier»
Pr Abdelouahab Bengounia. Chef de service épidémiologie et de médecine préventive au CHU Mustapha Pacha
Publié dans El Watan le 30 - 08 - 2018

– Vous avez récemment remis en question beaucoup de choses, dont le savoir-faire dans la gestion de la pandémie actuelle du choléra...
En effet ! J'ai remis en question la gestion de cette maladie infectieuse, notamment dans son volet déclaration. C'est une maladie dont la déclaration est obligatoire et immédiate. Elle est facilement diagnosticable et tout retard est impardonnable. Si cette maladie est devenue aujourd'hui une épidémie, c'est à cause de ce retard de déclaration et de prise de mesures préventives. Pendant plus d'une semaine, le choléra était présenté comme une simple toxi-infection.
Ce n'est qu'après que la vraie dénomination a été prononcée. Malheureusement, les autorités ont pris en considération l'impact politique plus que celui de l'évolution de la maladie pour arriver au stade qu'elle a atteint aujourd'hui. Dire que le choléra, qui a disparu depuis 1996, était revenu en Algérie n'était pas chose aisée, mais il aurait été plus sage de penser d'abord aux vies humaines avant l'aspect politique.
– Qu'en est-il des mesures de prévention ?
Depuis son apparition en 1971, le vibrion cholérique évolue dans notre pays de façon cyclique. Depuis les mois de janvier et février, les services de médecine préventive avaient découvert dans l'eau de mer qu'ils prélevaient un vibrion non pathogène appelé le vibrion non agglutinant (NAG).
Même s'il n'est pas aussi dangereux que celui du choléra, il en était un précurseur et annonçait une éventuelle épidémie de choléra en été. Malheureusement, il y a eu un relâchement flagrant des services de prévention. En 2001, en tant que sous-directeur de l'hygiène hospitalière, j'avais mis en place un programme intitulé «Prévention, contrôle et éradication des maladies infectieuses».
Un programme qui, malheureusement, n'a pas vu le jour, même s'il avait été approuvé et adopté démocratiquement dans 25 wilayas de l'est et de l'ouest du pays. Je n'ai pas pu terminer le lancement effectif de ce système de prévention à travers le territoire national, vu qu'on a mis fin à mes fonctions.
Tout le programme est tombé à l'eau. Durant la même période, j'avais proposé de créer un institut national de veille sanitaire. Une structure extraordinaire pour le pays qui n'existe que dans quelques pays développés, dont les Etats-Unis. Si nous avions une pareille institution, il n'y aurait pas plus d'un tiers des sujets âgés de plus de 25 ans hypertendus en Algérie. C'est une maladie bien plus importante que le choléra. Ce dernier est maîtrisable, même si on ne pourra pas l'éradiquer.
– Dans les différentes déclarations officielles, la notion de propreté chez les Algériens était pointée du doigt. Ont-ils raison ?
Pas du tout. La propreté relève certes du civisme, mais elle relève avant tout de la conscience politique de par son importance. Chose qui n'existe pas ou pas assez. Nos villes, y compris la capitale, sont devenues de véritables décharges publiques. Vivre avec la «baraka» n'est pas la solution.
Il faut que les autorités à tous les niveaux fassent preuve de plus de rigueur avec tout ce qui touche à la salubrité publique, à savoir les déchets, tous types confondus, l'irrigation utilisant les eaux usées, la propreté dans les lieux publics. Pénaliser tout ce qui va à l'encontre de cette volonté politique de répandre la propreté est alors une évidence.
Dans la situation dans laquelle nous sommes, il n'y a aucun doute que l'Algérie est vulnérable face à ce type de maladies et bien d'autres. Ceci est une certitude dans la mesure où la politique de santé algérienne est floue et qu'on ne sait pas si elle est curative ou préventive.
Devant cet état de fait, il est certain qu'elle n'est pas préventive et pas aussi curative qu'elle ne paraît. Je l'avais déjà écrit et dit à plusieurs reprises : le système de la santé va vers une faillite programmée. Si aujourd'hui nous sommes arrivés à une telle pandémie, c'est le résultat de ce système.
– Qu'est-ce qui a fait que le système de la santé vire vers cette faillite ?
Il y a un sorte de déni et de destruction de l'élite médicale. Nous sommes l'unique pays où les résidents en médecine font une grève pendant plus de 8 mois. Pire, ils sont plus de 1000 professeurs à être conduits vers la porte de sortie sous couvert du départ obligatoire à la retraite.
Ainsi, c'est toute la matière grise du secteur médical qui est appelée à quitter les infrastructures sanitaires. En parallèle, plusieurs facultés de sciences médicales ouvrent leurs portes un peu partout à travers le territoire national sans que l'on se soucie de l'encadrement qu'elles requièrent.
Déjà que la formation est vraiment à revoir ! Vider le secteur de tout ce personnel, qui représente le summum de l'élite médicale, est une grande atteinte au secteur et à la santé en Algérie. Ceci, sans oublier la ségrégation dans les départs à la retraite. Il y a certains professeurs dont l'âge de départ à la retraite est fixé à 62 ans et d'autres à 67 ans. Je ne peux qualifier cela que de ségrégation.


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