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«Il n'y aura pas de 5e mandat»
Louisa Hanoune, secrétaire générale du parti des travailleurs
Publié dans El Watan le 29 - 11 - 2018

«A mon avis, il n'y aura pas de 5e mandat», a lâché hier la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, lors d'une conférence de presse. Elle a parlé d'«une opacité totale sur les scénarios terrifiants, qui rendent impossible toute visibilité à court terme et accentuent l'angoisse de la possibilité d'un chaos». Pour elle, «il faut que ce système putréfié s'en aille et que la parole soit restituée au peuple». L'oratrice a parlé des «partisans de la continuité» qui «veulent conduire le pays vers l'effondrement et l'explosion sociale». D'un ton virulent, elle a mis en garde contre la visite en Algérie du prince saoudien Mohammed Ben Salmane, qu'elle a qualifiée de «blague de mauvais goût».
Les déclarations de la secrétaire générale du PT, Louisa Hanoune, s'apparentent à un véritable réquisitoire contre le «régime putréfié», les «partisans de la continuité» et la visite du prince saoudien Mohammed Ben Salmane en Algérie.
Lors d'une conférence de presse animée, hier, au siège de sa formation politique, à Alger, Mme Hanoune n'a pas pris de gants pour dresser un tableau noir de la situation du pays, précisant que «le régime putréfié n'a ni la volonté ni la force pour apporter des changements» et a-t-elle ajouté, «à cinq mois de l'élection présidentielle, il y a une opacité totale sur des scénarios terrifiants qui ne laissent aucune visibilité à court terme et accentuent l'angoisse sur la possibilité que le pays plonge dans le chaos».
La responsable du PT s'est interrogée par ailleurs sur les motivations qui animent les partisans de la continuité : «Que veulent-ils au juste ? La continuité de la dilapidation, de la rapine, du statu quo ? Pour que cette situation change, il faut que ce système s'en aille et que la parole soit restituée au peuple.»
Selon elle, il n'y aura pas de 5e mandat et elle le dit à deux reprises de manière formelle : «Pour moi, il n'y aura pas de 5e mandat. Peut-être que d'ici la fin de l'année, tout se précisera. Je l'espère. Les autres spéculations nous mèneront vers l'irréparable.
La situation est gravissime.» La conférencière a dénoncé la «répression des manifestations et des marches pacifiques organisées par les citoyens pour le logement, le travail et contre la cherté de la vie» et qui «fragilise encore plus le lien» entre l'Etat et la population. Elle a fait état d'une trentaine d'activistes et internautes en détention et qui, selon elle, doivent retrouver leur liberté.
Abordant la situation économique, l'oratrice a estimé que la politique d'austérité prônée par le gouvernement augmente la colère des citoyens, et fait craindre le pire dans les années à venir, comme la hausse vertigineuse des prix des produits de large consommation ou encore le gel des salaires et des pensions. «La colère des citoyens devient encore plus grande en raison du fait que la minorité des plus riches continue de bénéficier des largesses de l'Etat en l'absence de tout contrôle de l'argent public.
La liste des produits importés soumis à une taxe douanière additive de sauvetage est une provocation, notamment lorsqu'il s'agit de produits comme la viande congelée, ou les intrants dont la valeur est multipliée de 180 à 200 fois, ce qui conduira à la mort certaine de nombreuses entreprises aussi bien publiques que privées (…) alors que les intérêts des gros importateurs ne sont pas touchés.
Ce sont ces mêmes catégories qui bénéficient des largesses du Conseil national de l'investissement (…) et que le rapport de la Cour des comptes pour 2016 montre le caractère prédateur et antisocial des politiques appliquées depuis 2015».
Mme Hanoune a rappelé les données «terrifiantes» de ce rapport comme, par exemple, 11,377 milliards de dinars d'impôts non récupérés, 497 milliards de dinars d'exonération fiscale, 118,950 milliards de dinars octroyés aux «copains» en tant qu'avantages dans le cadre de l'Andi, 378 157 postes de travail vacants en raison des départs à la retraite, 10 000 milliards de dinars de crédit alloués par les banques, dont 50% au secteur privé qui reste dominé par 5 hommes d'affaires.
La secrétaire générale du PT a dénoncé la délégation de certains pouvoirs des ministres aux walis pour en faire des «supergouverneurs» sous prétexte de décentralisation avant même, a-t-elle souligné, le changement des textes de loi qui augurent la déstructuration de l'Etat. Louisa Hanoune a par ailleurs qualifié l'annonce de la visite du prince saoudien Mohammed Ben Salmane de «blague de mauvais goût et même provocatrice».
«Nous nous joignons à ceux qui disent qu'il n'est pas le bienvenu en Algérie et nous mettons en garde le gouvernement sur cette visite», a-t-elle déclaré, rappelant que le régime que représente ce prince est le bourreau du journaliste Jamal Khashoggi, mais aussi des 10 000 Yéménites tués, des Syriens et des Palestiniens. Le président américain a lui-même déclaré que «sans l'Arabie Saoudite, l'Etat sioniste d'Israël n'aurait pas existé».
Louisa Hanoune a été virulente à l'égard du porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères : «Pourquoi avoir attendu plus d'un mois pour condamner l'horrible assassinat du journaliste Khashoggi, et dire en plus que la gouvernement algérien fait confiance à la justice saoudienne, qui elle-même est au service de ceux qui sont responsables de cet acte ignoble. Cette déclaration n'engage pas le peuple algérien, qui lui reste solidaire des peuples palestinien, yéménite, irakien et syrien.
Que vient faire Ben Salmane en Algérie ? Ce n'est sûrement pas dans un cadre économique, puisqu'il est complice de la destabilisation des Etats producteurs de pétrole, en faisant en sorte que le prix du baril soit au plus bas niveau. Il veut faire oublier Khashoggi. Pourquoi avoir peur de l'Arabie Saoudite ? Nous ne partageons rien avec ce royaume.
Notre destin n'est pas lié à ce régime obscurantiste, mais à celui de nos voisins, notamment le Maroc et la Tunisie, avec lesquels nous partageons une histoire, une identité et une géographie. Si Ben Salmane vient en Algérie, c'est pour mesurer le pouls du pouvoir algérien. La meilleure chose à faire est de lui dire de ne pas venir. Il n'est pas le bienvenu et sa visite peut soulever des réactions inattendues.»
Poursuivant son réquisitoire contre le ministère des Affaires étrangères, Louisa Hanoune s'est interrogée sur les raisons qui ont fait que le gouvernement n'a pas répondu à la demande du roi Mohammed VI du Maroc : «Le roi a fait une offre pour la relance du dialogue bilatéral et notre gouvernement répond par la nécessité de réactiver l'UMA, une structure qui n'a jamais incarné les aspirations des peuples. Nous ne comprenons pas cette réaction, tout comme nous n'avons pas compris le silence des autorités après l'assassinat de Khashoggi.»


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