Vaste mouvement dans le corps des Secrétaires généraux des wilayas    Le FFS "fidèle à son esprit nationaliste et patriotique"    Un mémorandum d'entente sur les concertations politiques algéro-thaïlandaises    Les efforts de l'Algérie visant l'unification des rangs arabes et palestiniens soutenus    Renforcer et diversifier l'investissement touristique pour la promotion du tourisme    Salon de l'habitat: le Reverse Engineering, une source d'innovation    APN: chaud débat en perspective    Zineb El Mili inhumée au cimetière de Sidi Yahia à Alger    Réception de 2,5 millions de doses de vaccin    Mise en service de plusieurs structures sanitaires à Chlef    Tlemcen: Ilham Mekliti lauréate du concours du 14e Salon des arts plastiques    Hand/CAN 2022 (dames): "Ce sera difficile mais jouable"    Mémoire nationale: élaborer un guide académique pour l'enseignement de l'histoire    Sommet arabe: un tournant qualitatif dans l'action arabe commune en faveur de la cause palestinienne    Handball: décès de l'ancien international algérien Ahmed Hadj Ali    Foot (match amical) : Algérie A' - Soudan à huis clos    L'Armée sahraouie bombarde des retranchements des forces d'occupation marocaines dans plusieurs secteurs    Le nouveau stade de Tizi-Ouzou sera livré dans les délais    Festival national du Malouf de Constantine : un spectacle des plus élégants à la troisième soirée    Alcool frelaté: 19 morts dans le nord du Maroc    Algérie A'- Soudan aujourd'hui à 20h00: Maintenir la dynamique des résultats    Ligue 1: Deux duels attrayants    Tiaret: L'usine de plaques PVC entre en production    De la dualité désordre-ordre humain à la guerre Ukraine-Russie    Tlemcen: Les nouveautés de la codification des marchandises    Huit agences de voyages agréées pour la Omra 1444: 21 millions de cts au minimum pour une «Omra simple»    Préservation des îles Habibas: Lancement de l'atelier chargé de l'élaboration du schéma directeur    Les chantiers de la santé : éviter de se perdre    A quand une rencontre Président-Maires ?    Sonatrach: Priorité à l'exploration    Une centaine de supporters blessés    LA VIE... ET LE RESTE    Tensions accrues au Sahel    Des «lignes rouges» tracées    Du bon et du moins bon    60 Cantines scolaires à l'arrêt    Ce qu'en attendent les syndicats    Maguire, c'est désastreux    Une aubaine pour les cimentiers    Les autorités pro russes revendiquent la victoire    Un géant qui voit grand    Festival algérien des arts et de la culture «Dz Fest»    Le Japon invité d'honneur    Saint Augustin de retour à Souk Ahras    Tebboune reçoit l'Ambassadeur du Ghana    Conseil de sécurité de l'ONU: La Ligue arabe, l'UA et l'OCI soutiennent l'Algérie    Une commission et des Interrogations    Le wali, homme-orchestre    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'hirondelle et le grain
Publié dans El Watan le 12 - 03 - 2009

En littérature, une hirondelle, à elle seule, pourrait renverser le monde des apparences et faire le printemps. La preuve, eh bien, nous la tenons dans deux exemples typiques : le Soudanais Tayeb Salih (1929-2009) avec son roman Saison de la migration vers le Nord et le Mexicain Juan Rulfo (1917-1986) avec son court roman Pedro páramo. Impossible donc d'évoquer ces deux romanciers exceptionnels sans faire usage des superlatifs les plus éclatants. Avant l'arrivée fracassante sur scène de Tayeb Salih, en 1969, rien n'indiquait que le Soudan disposait de quelque production littéraire digne de ce nom. Les lettrés du monde arabe se souvenaient alors de Mohamed Al-Faytouri, grand poète, qui devait reprendre, par la suite, sa nationalité libyenne. Quant aux autres écrivains, ils étaient, la plupart du temps, comme inféodés à la littérature égyptienne, c'est-à-dire, sans couleur particulière.
En effet, en publiant son roman Saison de la migration vers le Nord, il a su, brusquement et sans crier gare, imposer de nouvelles techniques narratives dans toute la littérature arabe contemporaine. Une nouvelle architectonie mariée à une technique stylistique d'une grande fluidité ont fait, à la fois, la grandeur et la nouveauté de ce type inédit d'écriture. C'est que le long séjour de Tayeb Salih en Grande-Bretagne lui avait permis d'aller se ressourcer directement chez les classiques du roman anglo-saxon, comme chez les modernes, sans oublier sa connaissance profonde de la littérature arabe de l'ère classique. Juan Rulfo, quant à lui, a annoncé la venue d'un nouveau printemps pour les lettres mexicaines dès la publication de son roman Pedro Páramo.
C'est comme si l'on venait de faire la découverte d'un nouveau continent, découverte somme toute bien salvatrice, d'autant que le problème fondamental pour le Mexique et pour toute l'Amérique latine était de savoir comment se soustraire à l'emprise de la culture européenne avant tout. Et même si Juan Rulfo n'a publié depuis que quelques petits textes, il y eut, de son vivant et après sa mort, une véritable éclosion littéraire au Mexique. Pourtant, les protagonistes de Tayeb Salih comme de Juan Rulfo n'apportent pas grand-chose à leur statut social, et ne font que déambuler çà et là en quête de leurs identités respectives. Le premier en racontant ses pérégrinations en Europe occidentale pour finir noyé dans les eaux du Nil, le second, en enquêtant dans le village de ses ancêtres pour découvrir que son père avait mené la vie d'un véritable potentat.
Cet ineffable grain de matérialité, quelque peu, sinon tout à fait étrange, mériterait, toutefois, d'être bien retourné dans les esprits des anthropologues et des chercheurs en histoire sociale et littéraire. N'est-il pas, en effet, à l'origine d'une approche littéraire révolutionnaire, au Mexique comme au Soudan ? Et comment expliquer, dès lors, la naissance de toute une littérature, foncièrement moderne et moderniste, en Algérie après la Seconde Guerre mondiale ?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.