«S'il n'a pas été désarmé depuis les accord de Taef (1989, qui ont mis fin à la guerre civile au Liban, M. Brahimi en a été l'un des architectes), c'est à cause de l'occupation et qu'il a démontré qu'il est une formidable et efficace force de résistance», a-t-il ajouté. Lakhdar Brahimi a poursuivi en indiquant qu'«on ne peut désarmer le Hezbollah alors que le Liban est attaqué», rappelant que même si beaucoup au Liban, à part les chiites, voulaient le désarmement de ce mouvement, «tous les Libanais disent que ce n'est pas le moment», alors que le pays subit une féroce agression. Il a montré du doigt la contradiction israélienne consistant à demander, d'un côté, le déploiement de l'armée libanaise sur l'ensemble du territoire pour évincer le Hezbollah et de bombarder, de l'autre, cette même armée. Revenant sur le rôle de l'ONU, où il a exercé durant des années, notamment comme envoyé spécial de l'ONU en Afghanistan, M. Brahimi a indiqué que «le Conseil de sécurité de l'ONU s'est disqualifié en n'exigeant pas un cessez-le-feu», soulignant que ce sont les Etats-Unis qui empêchent le Conseil de sécurité d'adopter une telle résolution. Il a qualifié la décision de l'ONU d'évacuer son personnel civil de «normal», avançant que «la bureaucratie regarde ses responsabilités : la protection de son personnel civil non essentiel et des femmes et enfants l'accompagnant». M. Brahimi a estimé que l'Iran et la Syrie, qualifiés d'«axe du mal» par Washington, seront certainement sollicités pour des tractations afin de faire pression sur le Hezbollah pour relâcher les deux soldats israéliens capturés le 12 juillet. Lakhdar Brahimi a appelé la population arabe a manifester son soutien aux Libanais et aux Palestiniens par l'envoi de dons d'argent à travers le Haut-Commissariat aux réfugiés et le Comité international de la Croix-Rouge.