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Nouveaux câbles wikileaks : Boumediène vu par les Américains
Publié dans El Watan le 10 - 04 - 2013

Au plus fort de son règne, Boumediène, décrit comme un leader rayonnant à l'étranger et terne au plan national, aurait vécu dans la hantise d'un coup d'Etat pouvant être mené par ses pairs de l'armée. Dans un câble diplomatique en date du 21 mars 1974 et intitulé «Les deux faces de Boumediène», le président algérien, arrivé au pouvoir en 1965 et décédé en décembre 1978, est décrit dans un long portrait qui souligne ses forces et ses faiblesses.
En ces premiers mois de l'année 1974, selon les câbles révélés avant-hier, le président Houari Boumediène jouit d'une position de leader dans le tiers-monde. Il a vu, avec la montée des prix du pétrole, les perspectives politiques et économiques de son pays s'améliorer grandement. Toutefois, note le diplomate rédacteur du télégramme, des observateurs mettent en garde contre le risque d'être induits en erreur par une position de force sur le plan extérieur qui cache mal une position intérieure beaucoup plus faible et fragilisée.
En révélant son mariage avec une jeune femme, Anissa Boumediène, ancienne avocate issue d'une famille riche, décrite comme provenant d'un «doubtful background», donc au passé controversé, Boumediène aurait terni son image de leader ascétique sur lequel les impulsions égoïstes n'ont pas d'emprise.
«un homme conscient des griefs populaires»
Toutefois, à travers ce que lui rapportent quotidiennement la sécurité militaire et les services de renseignements liés à la Présidence, Boumediène est décrit comme un homme conscient des griefs populaires retenus contre lui. Il doit donc accorder plus de temps aux affaires domestiques. Il va probablement prendre toutes les mesures nécessaires, y compris la dissolution de son mariage, ajoute le diplomate. Nous continuons à considérer l'Algérie comme l'un des pays les plus stables des Etats du tiers-monde et Boumediène comme un leader avec lequel on peut maintenir le dialogue pour les problèmes du monde et pour la recherche de la paix au Proche-Orient.
Pour illustrer ses propos, le rédacteur souligne que durant ces six derniers mois, le président algérien a visité Moscou, Pékin, Pyongyang, Hanoi, Washington et La Havane. Il a accueilli un sommet arabe et un sommet des pays non-alignés et reçu un flux continu de chefs d'Etat et de ministres. Les diplomates américains notent que le règne de Boumediène repose sur la cohésion du petit «groupe d'Oujda» resté uni à travers l'élimination des leaders rivaux et qui a émergé comme une élite privilégiée qui se défend contre les outsiders.
A travers des associés de confiance, Boumediène a su prendre le contrôle de l'armée et des forces de sécurité en jouant adroitement sur les forces des uns et les faiblesses des autres. Ancien chef de l'état-major des armées, Houari Boumediène a pris le pouvoir en juin 1965 après un coup d'Etat contre le président Ahmed Ben Bella. Pour asseoir son règne sur le pays, le président s'est appuyé sur un cercle d'amis et de fidèles connu sous le vocable de «clan d'Oujda», en référence à cette ville du Maroc frontalière avec l'Algérie, où ce groupe a élu domicile durant la guerre d'indépendance.
Dans un autre câble, en date du 5 novembre 1975, les Américains se posent la question de la pérennité du régime algérien. La révolution agraire y est décrite comme étant un autre point de mécontentement de la population qui reproche au chef de l'Etat algérien son entêtement à maintenir une voie socialiste qui ne crée que des tensions. Malgré tout, au milieu d'une industrialisation forcée dont la sagesse est remise en question, Boumediène semble bien en selle, notent les Américains.
Bouteflika de plus en plus distant
«En matière de politique interne, à première vue, Boumediène dirige encore et il ne semble pas y avoir d'opposition organisée. Toutefois, le régime algérien n'est pas un bloc monolithique comme il semble l'être à première vue. Il y a des critiques et des querelles au sein du cabinet. Le ministre des Affaires étrangères, Bouteflika, semble de plus en plus distant de Boumediène. Il me semble évident que Boumediène est de plus en plus préoccupé par sa sécurité personnelle. Il ne semble plus prendre à la légère la possibilité que quelqu'un puisse s'en prendre à lui, mais son comportement indique qu'il craindrait beaucoup plus un acte d'un tueur isolé qu'un putsch organisé.
En l'absence d'institutions représentatives, le régime semble de plus en plus sous la menace d'un coup d'Etat qui arrivera tôt ou tard, mené ou encouragé par les militaires. «Que se passera-t-il si Boumediène est assassiné ou est dans l'incapacité de gouverner ?», s'interroge l'ambassadeur américain de l'époque. Boumediène n'a pas d'héritier connu», conclut-il.
Il ajoute plus loin, selon des déclaration que lui aurait fait le président lui-même «un autre combattant prendra sa place.» Le ministre des Affaires étrangères, Bouteflika, ainsi que celui de l'Intérieur, le colonel Abdelghani, sont les candidats les plus probables en ce moment, conclut le diplomate.
Dans un câble, en date du 6 mars 1974, il est fait état de la «première apparition», de Mme Boumediène. Laquelle apparition, selon les diplomates américains, est le souhait express du président Boumediène. Pourquoi ? Le président souhaitait l'introduire de façon progressive et indirecte sur la scène politique. Ainsi, Anissa Boumediène assistera à la cérémonie d'ouverture du 1er séminaire des femmes arabes et africaines qui se déroule la même année à Alger et deviendra le centre d'intérêt des participantes et des journalistes.
Toutefois, le ministère de l'Information a averti journalistes et photographes présents de prendre garde à ne pas mentionner sa présence. Le rédacteur du télégramme a jugé utile de préciser que Mme Boumediène a figuré sur la photo officielle des participantes publiée par le quotidien El Moudjahid. Son nom, toutefois, ne figurait nulle part.
Cherif Belkacem en disgrâce
Dans un autre câble, en date du 1er août 1974, on apprend que la disgrâce de Cherif Belkacem, homme fort du régime, ministre d'Etat et ami de Boumediène, est acquise. Son absence remarquée date de début juin de la même année, alors qu'il était allé au Maroc pour représenter l'Algérie à l'anniversaire du roi Hassan II. Les diplomates américains pensent que sa disgrâce est en relation avec sa seconde épouse, une Suédoise, soupçonnée d'avoir alimenté le contenu d'un livre sulfureux intitulé Les Folles nuits d'Alger où l'on décrit force détails croustillants les dessous de la vie lascive de la nomenklatura algérienne. A en croire le télégramme cité plus haut, la disgrâce de Cherif Belkacem serait également liée à son séjour au Maroc où il aurait rencontré secrètement Hassan II ainsi que les leaders déchus, Hocine Aït Ahmed et Kaïd Ahmed.


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