Le Président sortant, Abdelaziz Bouteflika, veut-il rempiler pour un quatrième mandat ? A l'heure actuelle, le chef de l'Etat n'a toujours pas retiré le formulaire de souscription des signatures en vue de se présenter à l'élection du 17 avril prochain. Un démenti formel a été apporté hier par le ministre de l'Intérieur, Tayeb Belaïz, à l'information selon laquelle le président Bouteflika aurait retiré ce fameux sésame jeudi dernier. Répondant à une question de l'agence de presse officielle APS, Tayeb Belaïz a répondu de manière catégorique : «Jusqu'à présent, le président de la République n'a adressé aucune demande au ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales exprimant le vœu de présenter sa candidature à la prochaine Présidentielle.» Insistant sur la question, M. Belaïz a précisé que son département ministériel n'avait reçu (jusqu'à hier) aucune demande du Président sortant pour le retrait de formulaire de souscription de signatures en vue de sa candidature à la prochaine Présidentielle. Les propos de Tayeb Belaïz interviennent dans un contexte politique marqué par un assourdissant tapage médiatique des partisans du maintien du président Bouteflika à la tête de l'Etat. Visiblement malgré lui, puisque le concerné n'a pas dit qu'il allait se présenter. La réponse du ministre de l'Intérieur est ainsi de nature à refroidir les ardeurs des promoteurs zélés d'un quatrième mandat, à leur tête Amar Saadani, secrétaire général (contesté) du FLN, et Amar Ghoul, président du nouveau parti Tajamou Amal Jazaïr (TAJ). Amar Ghoul, désormais responsable du Groupe pour la loyauté et la stabilité, une entité politique regroupant 26 partis politiques, a annoncé samedi dernier avoir lancé l'opération de collecte de signatures pour la candidature de Bouteflika. Interrogé hier en marge de la cérémonie de clôture de la session d'automne au Sénat sur la réponse du ministre de l'Intérieur, Amar Ghoul s'est quelque peu emporté en considérant cette question comme dépassée. Visiblement irrité par l'insistance des journalistes, il affirme être désormais dans la perspective de collecte de signatures, estimant que cette question de savoir si Bouteflika est candidat ou pas est totalement dépassée. «En ce qui nous concerne, nous sommes passés à une autre étape : celle de la collecte des signatures au profit de notre candidat, Abdelaziz Bouteflika. Nous sommes plutôt dans cette logique», se défend Ghoul, pour qui il n'y a plus aucun doute que le Président sortant rempile pour un autre quinquennat. Face aux journalistes qui ont relevé sa contradiction avec les déclarations du ministre de l'Intérieur, Amar Ghoul a eu cette réponse : «Comment peut-on récolter les signatures, si au préalable le candidat n'a pas formulé une demande ?» Le président du TAJ ira jusqu'à reprocher aux journalistes leur insistance et leur étonnement quant à ses propos : «Je ne parle pas dans le vide. Je ne peux être plus clair. Nous ne sommes pas dans un théâtre et nous ne sommes pas en train de jouer», assure le président de TAJ et néanmoins ministre des Transports. Certes, les partisans de Bouteflika n'en sont pas à leur première sortie ; ils réclament et clament la candidature de Bouteflika depuis plusieurs semaines. Seulement, cet empressement, alors que le concerné ne s'est pas encore prononcé, suscite des interrogations. Si Amar Ghoul affiche une assurance quant à la candidature de Bouteflika, le Premier ministre Abdelmalek Sellal a esquivé la question, estimant que le délai pour la clôture de l'opération de retrait des formulaires de candidature n'est pas encore arrivé à son terme. Une manière pour lui de dire que le Président a tout le temps pour déposer la demande et retirer ce fameux document. M. Sellal a rappelé sa phrase fétiche : «Les Algériens veulent la stabilité, connaissent leurs intérêts et se soucient de leur avenir. Les préparatifs du prochain rendez-vous électoral se déroulent dans de bonnes conditions.»