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Procès EL Khalifa Bank : Valse de bons de caisse anonymes et anarchie comptable Valse de bons de caisse anonymes et anarchie comptable
Publié dans El Watan le 24 - 05 - 2015

Le procès El Khalifa Bank a repris hier avec la poursuite de l'audition des témoins. Le premier à passer à la barre est Tahar Mekadem, condamné à 5 ans de prison lors du procès de 2007. Après être passé à la BEA, la BNA, le CPA et la BDL, il a rejoint El Khalifa Bank en 1998 à la tête de l'agence de Chéraga. En 2000, il est chef d'exploitation, puis directeur de la même structure à la direction générale et chef de l'agence de Blida, après être passé par la direction des sports. Il affirme, à propos de ce poste, qu'il le voulait parce qu'il était fatigué et qu'il se chargeait plus de la gestion administrative des contrats de sponsoring, alors que le sport relevait de Maamar Djebour. «Il y a exactement six montants.
L'inspecteur général avait fait un rapport que je n'ai jamais vu jusqu'à ce que les gendarmes me convoquent pour m'entendre. C'est là où j'ai compris. 650 000 DA, un prêt que j'ai remboursé. Les 2 millions de dinars, c'étaient des bons de caisse que j'avais placés ; je les ai retirés pour payer un logement que j'ai acheté dans mon village, au bled. Les 2,332 millions de dinars ont été virés par la société KRG Pharma, pour la réservation d'un logement à Chéraga. C'est un prêt. Lorsque j'ai vu que l'appartement était au 4e étage, je l'ai vendu pour 4 millions de dinars.»
Les différents prêts ont été obtenus sans demande ni dossier, dit-il, expliquant qu'ils ont été obtenus auprès de KRG Pharma et non pas de la banque. «Je les ai remboursés au gérant de KRG.» Le juge lui fait savoir qu'avant, il avait déclaré avoir restitué le prêt, en mains propres, à Abdelmoumen Khalifa, 5 mois après. «Vous changez de version parce qu'il est là ? Avez-vous un document pour le prouver ?» Tahar Mekadem, visiblement gêné, affirme n'avoir aucun document : «Je sais que ces choses sont importantes pour la justice, mais sachez que dans ma vie je n'ai jamais signé un document à quelqu'un qui me prête de l'argent ou auquel j'en prête.» Des propos qui font rire le magistrat, qui l'interroge sur Zizi Abderrazak, directeur de l'administration générale, qu'il avait connu au CPA. Il l'a appelé pour un crédit de 300 000 DA, en attendant que le prêt lui parvienne sur son compte.
Lorsque celui-ci est arrivé, il a reçu le montant dans son compte. Pour ce qui est des 2 millions de dinars, il dit avoir acheté les trois premières Nubira, qui avaient coûté à l'époque 720 000 DA chacune. Il fallait un chèque certifié qu'il a lui-même établi et que la comptabilité lui a remboursés. Il se rappelle que les bons de caisse de 18 millions de dinars appartenaient à une personnalité. Il voulait les encaisser, mais sans que son nom apparaisse. «Je les ai encaissés à sa place, puis j'ai versé le montant sur son compte», souligne t-il.
Le magistrat lui demande d'expliquer un autre montant viré sur son compte à partir d'Oran. Mekadem affirme qu'il avait dépêché Omar Mir à Oran pour faire le recouvrement des bons de caisse anonymes auprès d'une banque publique, mais celle-ci a refusé d'établir un chèque au nom d'El Khalifa Bank : « Je lui ai dit de mettre le montant à mon nom, après je les ai restitués à El Khalifa Bank.» Maître Ali Meziane lui demande si Akli Youcef était sous sa responsabilité. Tahar Mekadem souligne qu'il l'était, mais avant que l'indice comptable de la caisse principale ne soit créé pour devenir autonome. Avant, dit-il, les premières agences transféraient leur argent vers la caisse de Chéraga parce qu'elle avait le compte de la Banque d'Alérie.
Elle était la seule habilitée à verser ou à retirer l'argent de la Banque centrale. «Cela a duré 8 mois, avant que la caisse principale n'ait son indice comptable pour prendre le relais.» Le témoin est catégorique : il n'a jamais vu Akli Youcef, durant la période où il était sous son contrôle, prendre de l'argent. L'avocat lui demande s'il avait fait une passation de consignes avec son prédécesseur, le témoin répond «non». Le juge lui signale qu'il ne peut avoir une idée sur l'état de l'agence. Le témoin dit que les crédits ont été accordés «en bonne et due forme». Le juge lui précise que lui-même avait bénéficié d'un crédit sans dossier et qu'il n'a pas répondu. «Comment pouvez vous savoir ce qu'il y avait ? Avez-vous un état de suivi des crédits ?»
Mekadem : «Aucune banque au monde n'appelle ses clients pour leur demander de restituer les débits.» Il affirme détenir un brouillard de caisse pour tenir la comptabilité de caisse à jour au niveau de l'agence, ce qui n'est pas le cas de la caisse principale. Lorsqu'il reçoit l'argent, il est compté en présence du caissier de l'agence qui l'a envoyé. Il n'a pas besoin de brouillard de caisse. Me Meziane lui demande d'expliquer les écarts de caisse durant la période où il était directeur de l'agence. «Ma caisse était bonne sauf une fois, il y a eu une erreur, de 2 millions de dinars. C'était quelqu'un qui avait des bons de caisse dont les intérêts devaient être payés. Lorsqu'il est venu, on m'a dit qu'ils n'avaient pas le module nécessaitre pour le faire.
J'ai versé le montant mais ce trou est resté durant deux ans. Il est revenu quelque temps plus tard pour nous dire avoir encaissé le double par erreur.» Pour ce qui est du virement par KRG Pharma du prêt sur son compte, Tahar Mekadem dit ignorer si le compte de la société était débiteur ou non, cela ne relevait pas de ses prérogatives. Mekadem explique en outre que pour le sponsorig des équipes de footbal, seul le personnel d'encadrement avait droit à un salaire, pas les joueurs. Il dit ignorer les circonstances du contrat de sponsoring de l'OM, dont les négociations ont été menées par le PDG.
Le procureur général revient sur le virement de KRG Pharma sur son compte, au même moment que ceux de Omar Mir d'un montant 1,6 million de dinars, et de Lynda Benouis de 9 millions de dinars, «même si celle-ci l'a obtenu d'ailleurs». Le témoin ne donne pas de réponse. Le procureur général insiste sur les conventions de sponsoring, en précisant que certains dirigeants de club ont refusé d'être sponsorisés par Khalifa sans signer de contrat.
Tahar Mekadem répond : «A ma connaissance toues les conventions de sponsoring existent.» Le magistrat lui demande où ces sommes — 180 millions de dinars, 100 milions de dinars, 500 000 DA — remises aux clubs est comptabilisé. Mekadem répond : «A chaque fois que l'agence décaisse, elle envoie à la comptabilité, mais à quel compte, je ne sais pas.» Le procureur général demande : «Aviez-vous une direction des sports dans les banques publiques où vous avez travaillé ?» Tahar Mekadem : «A l'époque nous travaillions de manière archaïque. Nous n'étions pas professionnels.» Le procureur général cite quelques noms et le témoin déclare qu'il s'agit de ses deux nièces et de son neveu, qui travaillent à El Khalifa Bank.
Maître Nasreddine Lezzar, avocat de Khalifa, lui demande sur quelles bases la banque accordait des facilités de caisse.Le témoin indique que cela repose sur les «bonnes relations» avec les bénéficiaires. Le juge : «Est-ce suffisant ? N'y a-t-il pas des clients recommandés ?» Tahar Mekadem persiste à dire que les crédits sont octroyés dans les normes, «mais il se pourrait que passagèrement il y ait des débits de compte». Le juge pousse un long soupir. Me Lezzar interroge Tahar Mekadem sur la personnalité qui avait 18 millions de dinars de bons de caisse. Le témoin se limite à affirmer que c'était un haut cadre de l'Etat, sans plus.
Le juge appelle Hakim Guers, directeur de l'agence El Khalifa Bank, qui a purgé les 10 ans de réclusion criminelle qu'il a écopé pour la même affaire en 2007. Il était à la BDL de Ouargla, puis à celle de Blida, avant de rejoindre l'agence El Khalifa d'Oran, en tant que directeur, en septembre 1999. Il revient sur la mise en activité de cette agence, qui n'avait pas encore de compte à la Banque d'Algérie. Les versements des clients — 5000 DA pour les comptes courants et 10 000 DA pour les comptes commerciaux — étaient envoyés à Alger.
Les premiers temps, dit-il, des agents étaient envoyés d'Alger pour faire le convoyage par avion, jusqu'à ce qu'un agent local soit formé pour la mission. En janvier 2000, l'agence a été autorisée à verser ses fonds à la Banque d'Algérie d'Oran. Le juge l'interroge si Abdelmoumen lui demandait de lui envoyer de l'argent, mais Guers nie catégoriquement. Le juge lui fait savoir qu'il avait cité le nom de Baichi. «Fawzi Baichi a été envoyé pour récupérer les fonds, mais je ne sais pas qui l'a envoyé. Il était à la direction de KGPS», dit-il.
Une réponse qui ne convainc pas le magistrat, qui commence à lire les aveux du témoin lors de l'instruction. «C'est vrai. Il est venu me demander 500 000 DA sans aucun document. Mais je ne sais pas qui l'a envoyé.» Le juge lui demande qui lui a donné l'ordre d'envoyer les fonds sans document et Guers persiste à dire que ce n'est pas Abdelmoumen. Il se souvient que «ces 2 millions de dinars étaient destinés à l'association La Radieuse, qui a appelé de mon bureau pour me confirmer l'octroi de la somme…»
«La version est tronquée, dit le juge. «Vous aviez dit que Khalifa vous a appelé pour vous ordonner de remettre ‘à une personne que je ne connais pas', qui venait souvent prendre de l'argent et ce n'est pas La Radieuse.» «Ceux qui venaient étaient des agents de sécurité», déclare Hakim Guers avant d'être interrompu par le président : «Vous l'aviez déclaré en présence de votre avocat. Ne me dites pas que le juge a inventé ces propos. Il faut expliquer vos propos.
Qui est cette personne ?» Le témoin : «Ce sont des personnes envoyées d'Alger.» Le juge : «Envoyées par Khalifa ?» Le témoin : «Non.» Le juge : «Fawzi Baichi ?» Guers : «Oui c'est lui, il venait souvent.» Le juge lui précise qu' il prenait l'excedent en devise. «Oui c'est vrai et une fois, il a pris un million de francs français. Je lui ai fait des écritures entre siège, il les a prises.»
Le juge : «Vous aviez déclaré que Khalifa vous a demandé d'exécuter ses ordres et ceux de Baichi.» Guers hésite puis dément, précisant que «Baichi est revenu pour 50 000 FF et une autre fois 13 000 FF.» Guers précise : «Le premeir montant c'est vrai, mais les 13 000 FF étaient pour un club de foot oranais.» Le juge lui demande combien a eu l'association La Radieuse, Hakim Guers répond : «2 millions de dinars.» «En mars 2003, le chargé du juridique m'a convoqué à Alger. Quand j'y suis arrivé, j'ai appris que l'enquête a révélé des EES en suspens. J'ai demandé à Fawzi Baichi, qui était sur place, ce qu'il en pensait. Il me l'a confirmé, en m'expliquant que c'étaient des commissions.
J'en ai parlé avec M. Alloui, qui me l'a confirmé lui aussi, en me disant que je devais m'expliquer.» Le juge lui précise qu'il avait un trou injustifié. «Ce n'est pas vrai. J'ai des EES en suspens, mais pas un trou. J'ai des documents.» Le juge rappelle que les EES sont des opérations non justifiées. Et le témoin exhibe des accusés de réception de montants qu'il aurait retrouvés chez lui. Le juge lui précise que le trou est une vérité. Le témoin persiste à dire qu'il n'y a que des EES en suspens.
Le juge l'interroge sur les commissions et Guers déclare : «C'est vrai, ces sommes existent, mais ce ne sont pas des commissions.» Le juge lui précise que les directeurs des OPGI, auxquels ces commissions ont été versées, ont tous nié avoir reçu cet argent. Hakim Guers : «Ce n'est pas moi qui fais ces écritures.» Le président lui demande si la direction générale ne lui a pas fait état d'avantages donnés aux grands déposants. Guers : «Ce sont des écritures. Moi je n'ai rien donné. L'argent était donné à Baichi.» «Pourquoi n'avoir rien dit de cela au juge d'instruction», lance le président.
Hakim Guers continue à surfer, évitant de donner une réponse claire. Pourtant, précise le magistrat, «vos propos n'ont pas changé durant toute l'instruction. Avez-vous peur de Khalifa ?» Guers : «Pas du tout !» Le juge : «Est-il possible que ce soit Baichi ?» Le témoin : «Je ne sais pas. C'est possible. C'est vrai que je lui remettais l'argent…» Le juge : «Et lui l'a détourné…» Guers fini par lâcher : «Oui, c'est à lui que je donnais ces commissions.
Mais je ne sais pas.» Le juge : «Quand il venait prendre les commissions, comment il les appelait ?» Guers : «Je lui remettais les commissions, en pensant qu'elles allaient être remises aux bénéficiaires», puis il se ressaisit : «Moi je n'ai rien donné.» Le juge lui fait savoir que le trou de 45 millions de dinars concerne l'agence d'Oran. Guers persiste à dire qu'il n'a «pas de trou mais des EES en suspens». «Les EES en suspens sont des opérations non justifiées.»
«Baichi venait d'Alger pour récupérer les commissions sans document»
Maître Meziane précise que ces commissions ont été enregistrées au niveau de l'agence. Hakim Guers confirme qu'elles sont réelles sans pour autant se rappeller au moins d'une seule opération sur les 34 qui existent. Me Meziane : «Avez-vous des accusés de récéption de Baichi ?» Guers : «J'ai ici un accusé d'un montant de 2 millions d'euros, mais pas les autres.» A propos des EES, Hakim Guers dit ignorer leur nombre. Me Meziane lui demande s'il sait qu'il y avait 1090 opérations avant la liquidation. «Je me rappelle des EES entre moi et la caisse principale, qui étaient au nombre de 25.»
Le procureur général interpelle Hakim Guers sur la qualité de Fawzi Baichi qui, selon lui, n'était pas habilité à faire la collecte des fonds. «Je sais qu'il était directeur des mouvements de capitaux», répond-il. «Un commerçant, déclare le magistrat, affirme avoir reçu un virement de plus de 10 millions de dinars sur son compte, alors que la banque était sous contrôle de l'administrateur, en disant qu'il s'agissait d'une dette qu'il détenait auprès du directeur de l'agence.» Guers dément catégoriquement. Tout comme il nie avoir négocié les conventions de placement avec les sociétés publiques. Hakim Guers revient même sur ses propos tenus en 2007.
Benyoucef Youcefi, ex-inspecteur général d'El Khalifa Bank, a été recruté par Ali Kaci, le PDG, en octobre 1999, pour être nommé chef de projet, puis inspecteur par intérim durant deux mois, inspecteur général durant quatre mois, avant d'être nommé conseiller auprès du PDG, puis inspecteur auprès de Khalifa Airways. «Pourquoi autant de postes en quelques mois ?», lui demande le juge. «Ils ne m'aimaient pas à la banque. Parce que je faisais mon travail. A cette époque, c'était la faoudha, l'anarchie. Le premier incident, c'est lorsque j'ai relevé les anomalies.
J'ai envoyé des rapports au PDG, mais aucune réponse. Un jour Kebbach, qu'on connaissait comme l'oncle de Khalifa, mais pas comme actionnaire, m'a demandé d'arrêter les écrits. Il m'a dit : ‘Tu vas mettre en péril l'entreprise.' Il m'a même menacé en me disant : ‘Fais attention aux camions qui circulent trop vite. Tu risques un accident.' J'ai compris qu'il s'agissait d'une menace.» Le juge lui demande de citer les anomalies. «J'ai envoyé des inspections, comme celle dirigée par Agaoua, mais Alloui l'a appelé pour lui ditre d'arrêter. Lorsqu'il m'a rapporté cela, je me suis énervé. J'ai compris que c'était Krim Smail qui était derrière ce refus et non Alloui», déclare le témoin.
Benyoucef Youcefi confirme avoir constaté des écritures entre sièges en suspens, sans justificatif, avant d'évoquer sa mutation à l'inspection de Khalifa Airways, où il dit avoir fait son travail sans problème. «Parce qu'il n'y a pas d'EES. Pouviez-vous enquêter sur les comptes de Khalifa Airways ?» Le témoin : «Non. J'inspectais les agences surtout.» Le président l'interroge sur l'inspection effectuée aux agences de Blida et de Chéraga. Le témoin confirme «les graves anomalies», comme le crédit suspect accordé à Dejimex (100 millions de dinars) à Blida ou des écritures non justifiées à Chéraga. Des rapports, note-t-il, restés sans suite.
Benyoucef Youcefi révèle avoir découvert un déficit de plus de 850 milions de dinars à la direction de la monnaie et du crédit et d'autres anomalies à l'agence du Hilton, sans pour autant se rappeler les détails. «Aucune mesure n'a été prise ?», lui demande le juge. «La seule chose qui a été faite a été de me dire ‘ferme ta bouche'», répond-il. Benyoucef Youcefi avoue avoir demandé un prêt social, par écrit, au PDG de la banque, qu'il dit avoir remboursé. «Je ne recevais pas les états où étaient mentionnées les EES. Mais j'avais des rapports où j'ai constaté des tirages croisés d'escompte de chèques sans qu'il y ait de marchandise», souligne le témoin.
Le juge «C'était délibéré ?» Le témoin : «Je ne peux pas savoir par qui. Mais je sais qu'il y avait des gens qui voulaient cette anarchie. Je pense à Kebbach Ghazi qui ne voulait pas que j'inspecte…» Me Meziane : «Est-ce que la caisse principale doit avoir des registres et des brouillards de caisse ?» Le témoin : «Bien sûr qu'elle doit les avoir, mais je ne l'ai pas inspectée pour savoir s'ils existaient.» Benyoucef Youcefi affirme clairement que les comptes de la comptabilité étaient mal gérés. A la question sur la date exacte de sa mutation à Khalifa Airways, il fait un large sourire en disant : «Après le rapport que j'ai remis au PDG. Quelque temps après, j'ai démissionné.»
A propos des inspections de la Banque d'Algérie, Benyoucef Youcefi indique en avoir entendu parler sans les voir, tout comme il dit n'avoir jamais reçu les rapports qui en ont découlé. Au procureur général, il affirme qu'à l'agence Hilton, il a également découvert des tirages croisés d'escompte, dont un représentait un montant très important. Me Lezzar lui demande si sa nomination en tant que conseiller du PDG n'était pas une promotion. «Pour moi, c'était une voie de garage», répond-il. Benyoucef Youcefi estime que Moumen lui a demandé d'inspecter les agences de Khalifa Airways «pour être informé». Le juge appelle Farid Benaamer, de la mutuelle de l'éducation, condamné en 2007 à 3 ans de prison.
La commission des œuvres sociales de la mutuelle avait placé la somme de 500 millions de dinars à l'agence El Harrach, et en contrepartie, qu'elle n'a pu récupérer. Il explique qu'en 2001, la BEA a revu les intêrêts de 11,45% à 2%, ce qui a poussé les responsables de la mutuelle à prendre une partie des fonds pour les déposer à El Khalifa Bank à un taux de 11,25%, en contrepartie d'une réduction de 50% sur les billets d'avion pour les enseignants. Farid Benaamer cède sa place à Mustapha Menad, directeur financier de la CNAS, condamné à 3 ans de prison lors du procès de 2007. Il explique que c'est le conseil d'administration, composé de 26 membres (dont 16 représentant l'UGTA) et présidé par le secretaire général de l'UGTA, qui est habilité à décider du placement.
Le témoin ne cesse de répéter qu'il n'a fait qu'exécuter les décisions du conseil. Il dit ignorer si la réunion a eu lieu, l'essentiel est que lui a recu une résolution relative au placement. A la question de savoir si, en tant que financier, il a vérifié si la tutelle a été informée, Menad répond que le conseil a son propre bureau dont la mission est d'informer le ministère. Il se dit étonné de voir son nom sur la liste des bénéficiaires de cartes de thalassothérapie, alors que l'hôtel en question est conventionné avec la CNAS et, de ce fait, il avait accès à ces services.
Selon lui, la CNAS avait déposé 10 milliards de dinars 7 mois après l'ensemble des caisses. Mustapha Menad dément avoir donné un quelconque ordre au directeur de l'agence de Chlef, alors que pour le directeur de Annaba, il a eu selon lui, une autorisation de dépôt, sans dire de qui.. Le juge appelle Hassen Boubedra, condamné lui aussi à 4 ans de prison en 2007. Ancien directeur général de la Casnos, il explique que le placement de 12 milliards de dinars a été décidé par le conseil d'administration, niant que la formation de pilote dont a bénéficié son fils soit une contrepartie. Il reconnaît avoir obtenu une MasterCard, utilisée en France, et un billet gratuit.
Le juge commence la lecture des procès-verbaux d'audition de plusieurs témoins n'ayant pas répondu à la convocation du tribunal. Il s'agit de Ahmed Mir (inspecteur général d'El Khalifa Bank, qui a remplacé Youcef Benyoucef), Karim Boukadoum, Hocine Soualmi (directeur de l'agence de Hussein Dey, hospitalisé en France), Ghouli Mohamed (son sous-directeur), Ahmed Benchefra (ex-directeur de l'OPGI de Constantine) et Abdelghani Cherchali (commissaire aux comptes d'El Khalifa Bank). Maître Lezzar demande au tribunal de procéder au recours de la force publique pour ramener les témoins absents ; dans le cas contraire, il exige que leurs déclarations ne soient pas prises en compte. Le président précise que pour les témoins dont la déclaration s'avère importante, le tribunal utilisera les moyens qu'il faut pour les ramener.


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