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Téhéran met une nouvelle fois en garde contre une attaque
Tension entre l'Iran et les Etats-Unis dans le Golfe
Publié dans El Watan le 22 - 09 - 2019

Téhéran a déjà affirmé qu'une riposte saoudienne ou américaine en Iran entraînerait une «guerre totale», précisant toutefois que son pays ne voulait pas la guerre mais se défendrait au besoin.
Le chef des gardiens de la révolution iranienne (Pasdarans), a prévenu hier que tout pays qui attaquerait l'Iran verrait son territoire devenir le «principal champ de bataille», au lendemain de l'annonce de l'envoi de renforts militaires américains dans le Golfe. «Quiconque veut que sa terre devienne le principal champ de bataille, allez-y», a déclaré le général Hossein Salami lors d'une conférence de presse à Téhéran, relayée par des médias, une semaine après des attaques contre des installations pétrolières saoudiennes revendiquées par les rebelles du Yémen mais attribuées à Téhéran par Riyad et Washington.
Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a dénoncé vendredi une «escalade spectaculaire de l'agression iranienne» et annoncé que le président Donald Trump a approuvé le déploiement dans le Golfe de forces américaines, «qui seront défensives par nature». Il a expliqué que ce déploiement constitue «une première mesure» en réponse aux attaques, à la demande de l'Arabie Saoudite et des Emirats. Le nombre de troupes et l'équipement envoyés n'ont pas été décidés, mais il s'agira d'un déploiement «modéré», d'après l'état-major américain.
Les attaques du 14 septembre ont réduit la production de pétrole saoudienne, entraîné une flambée des cours de l'or noir et ravivé les craintes d'un affrontement militaire entre Washington et Téhéran. En juin, la destruction d'un drone américain par l'Iran avait déjà fait craindre une escalade. «Nous ne permettrons jamais qu'une guerre empiète sur le territoire de l'Iran», a ajouté le général Salami durant l'inauguration d'une exposition sur des drones que l'Iran dit avoir capturés.
Des débris du RQ-4 Global Hawk abattu en juin et le missile iranien utilisé pour le neutraliser ainsi qu'un RQ-170 Sentinel intact capturé en 2011 ont été dévoilés. «Que font vos drones dans notre espace aérien ? Nous les abattrons», a averti le général, affirmant que l'Iran a vaincu la «domination technologique américaine».
Le chaud et le froid
Côté saoudien, le n°2 de la diplomatie, Adel Al Jubeir, a prévenu que son pays prendrait «les mesures appropriées» après les attaques du 14 septembre une fois que l'enquête menée par l'Organisation des Nations unies (ONU) aura déterminé d'où venaient les tirs. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, a affirmé jeudi qu'une riposte saoudienne ou américaine en Iran entraînerait une «guerre totale», précisant toutefois que son pays ne voulait pas la guerre mais se défendrait au besoin.
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a qualifié mercredi les attaques d'«acte de guerre» mais affirmé le lendemain que Washington privilégiait une «solution pacifique». Le président Donald Trump s'est montré de moins en moins enclin à des représailles militaires. «Il n'y a jamais eu de pays plus préparé», a-t-il prévenu vendredi. «Ce serait la solution de facilité pour moi» (…), frapper 15 sites majeurs en Iran (…) Mais ce n'est pas ce que je privilégie», a-t-il soutenu, vantant sa «retenue».
Cela dit, les rebelles yéménites houthis ont eux aussi adopté une attitude moins belliqueuse, vendredi, en envisageant l'arrêt des attaques contre l'Arabie Saoudite pour mettre fin à un conflit de cinq ans au Yémen, où Riyad les combat en soutien au gouvernement yéménite.
Les tensions n'ont cessé de croître entre Téhéran et Washington depuis le retrait américain unilatéral, en mai 2018, de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l'Iran. Vendredi, Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions sur le secteur bancaire iranien, notamment la Banque centrale. «Il n'y aura plus d'argent qui ira aux Gardiens de la révolution pour financer le terrorisme», a assuré le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin. Par ailleurs, l'Iran a nié hier avoir subi une cyberattaque contre ses installations pétrolières, après que des perturbations de la connexion ont été rapportées sur des plateformes en ligne.


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