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«Le 13 décembre, on sera encore dans la rue»
Zoubida Assoul. Porte-parole de l'UCP
Publié dans El Watan le 03 - 12 - 2019

– Le Parlement européen vient de voter une résolution sur l'Algérie ; que pensez-vous de l'initiative et de son contenu ?
D'abord, les gens doivent comprendre que le Parlement européen n'est pas la Commission européenne. Le Parlement est composé de parlementaires élus par les citoyens des pays membres de l'UE et les résolutions que ce Parlement n'ont aucun aspect contraignant ni pour le pays objet de la résolution ni dans le cadre des relations internationales. C'est un principe.
Ensuite, en ce qui nous concerne en tant que pays signataire de l'accord d'association avec l'Union européenne en 2002, mais entré en application seulement en 2005, ce n'est pas la première fois qu'il y a des résolutions sur l'Algérie. Mais on n'a jamais vu s'élever le gouvernement contre ces résolutions, encore moins les partis qui ont cautionné sa politique.
Je pense que les gens ignorent que lorsqu'un pays comme le nôtre signe un accord d'association avec l'UE, l'article 2 de l'accord parle justement des principes de démocratie, des droits de l'homme, de la bonne gouvernance et de tout ce qui touche les aspects politiques dans le pays, et quand on est signataire, on doit respecter les dispositions de cet accord dans leur globalité.
Troisièmement, l'Algérie n'est pas le seul pays objet de résolutions prises par le Parlement européen, et elles n'ont aucun impact contraignant, parce que ce sont les parlementaires qui représentent les opinions publiques de leurs pays respectifs qui se sentent concernés par les droits de l'homme. Aujourd'hui, tout est mondialisé, et pas seulement l'économie.
Les droits de l'homme, la gouvernance, la liberté de la presse, etc. sont mondialisés, donc c'est un pacte global si vous voulez, mais je vous rappelle que le conseil d'association du 13 mars 2017 avait, avec l'accord de l'Algérie, inscrit les points de priorité du partenariat, et parmi ces points il y a ce qui implique le comportement du gouvernement jusqu'à 2020 : la gouvernance, l'Etat de droit, la promotion des droits fondamentaux, les questions énergétiques, le dialogue stratégique et sécuritaire et la dimension humaine, y compris le dialogue culturel et interreligieux, et enfin la modération et la mobilité.
– Le pouvoir a mobilisé toutes ses institutions pour dénoncer la résolution. Qu'en pensez-vous ?
Le pouvoir en place et ses satellites utilisent beaucoup de populisme et de contre-vérités. J'ai lu la réaction du ministère des Affaires étrangères à travers son communiqué, mais aussi la réaction du porte-parole du gouvernement, et vraiment ça fait rire.
Ces gens qui disent : «Nous allons revoir notre accord» ; personnellement, j'aimerais bien, parce qu'en tant que politique et depuis le départ, je dis que la solution est algéro-algérienne. Depuis la révolution du 22 Février, le peuple a prouvé sa maturité politique, sa capacité de se transcender, son unité autour des objectifs communs qui sont la rupture avec ce système en place.
Mieux encore, les Algériens affirment aujourd'hui qu'ils veulent trouver la solution entre eux. Mais il faut admettre aussi que l'Algérie ne vit pas en dehors du monde. L'Algérie a ratifié l'ensemble des conventions internationales, à commencer par la Charte des Nations unies sur les droits de l'homme, la convention sur les droits économiques et sociaux et un accord d'association avec l'UE. Donc, on ne peut pas se permettre aujourd'hui de dire qu'on va revoir les accords, parce qu'un accord n'est pas unilatéral.
J'aurais bien aimé que ce pouvoir puisse développer le pays et créer une économie diversifiée pour se débarrasser de la dépendance des importations, qui s'élèvent à 60 milliards de dollars, dont 52% viennent de l'UE. Le jour où on aura un pouvoir légitime, capable d'assurer la sécurité alimentaire du pays et nous sortir de la dépendance des importations, à ce moment-là, nous serons suffisamment forts pour revoir les accords.
– Peut-on parler d'ingérence justement ?
Dire que c'est de l'ingérence, c'est de la démagogie et du populisme, et d'ailleurs quand vous avez un porte-parole qui traite les députés européens d'«ânes qui braient», c'est irrespectueux et irresponsable, et quand on est comme ça dans la vulgarité et l'agressivité, ça dénote de la légèreté et le manque d'arguments.
La souveraineté n'est pas un slogan, on ne la protège pas avec des déclarations comme ça, la souveraineté se construit avec les citoyens algériens. En tant que présidente de l'UCP, je n'ai pas attendu l'UE, cela fait des mois que nous dénonçons les atteintes, et en tant qu'avocate cela fait des mois que je dénonce la détention de Bouregaâ, Taou, Boumala, Larbi et les jeunes comme Samira Messoussi et tous les autres qui sont en prison pour des chefs d'inculpation fallacieux.
C'est d'abord une atteinte aux droits fondamentaux et aux droits individuels et collectifs garantis par la Constitution algérienne, avant d'aller au droit international. Mais le pouvoir ne nous a pas écoutés. Bien entendu, les droits de l'homme aussi sont mondialisés, vous ne pouvez pas empêcher des parlementaires, même s'ils ont des arrière-pensées, et c'est ça la politique. Je ne les défends pas, ce n'est pas mon souci. Moi, je défends mes compatriotes et l'intérêt de mon pays, mais je suis contre l'irresponsabilité.
Quand vous avez un ministre de l'Intérieur espagnol qui vient et déclare cautionner les élections, n'est-ce pas de l'ingérence ? Donc aujourd'hui, il faut revenir au sens de la mesure. Les responsables au gouvernement n'ont pas le droit de faire aujourd'hui des déclarations farfelues qui démontrent justement la faiblesse et la médiocrité des gens qui nous gouvernent.
– Le hirak multiplie les manifestations de rejet de la présidentielle alors que le pouvoir persiste dans son option ; quelle est votre lecture de la situation à une semaine du rendez-vous électoral ?
Dans le contexte que nous vivons aujourd'hui, la Révolution du sourire qui continue dans une mobilisation exceptionnelle nous donne la chance à nous tous, pouvoir et politiques, de nous remettre en question, d'écouter la voix du peuple.
C'est une chance inouïe que cette révolution donne à l'Algérie de faire ce saut qualitatif dans la construction de l'Etat de droit, d'un Etat des institutions, de sortir définitivement et irréversiblement du pouvoir personnel, du pouvoir des clans, du pouvoir occulte, de la corruption, de l'arbitraire, et d'aller vers la construction d'un Etat de droit. Les Algériens sont disposés et il ne faut pas qu'on rate cette chance.
Ces élections ne peuvent en aucun cas constituer une solution à la crise politique que nous vivons, bien au contraire, ça risque d'aggraver la situation parce que le pouvoir cherche à ce que les Algériens soient en confrontation.
Il faut retourner à la voie de la raison et je pense que la mobilisation va être de plus en plus forte et vous allez voir, on se donne rendez-vous vendredi prochain. Nous appelons aussi à préserver le caractère pacifique et à ne pas répondre aux provocations d'où qu'elles viennent et je suis sûre que c'est le peuple qui aura le dernier mot.
– Et comment voyez-vous l'après-12 décembre ?
Eh bien, ça sera le 13 et on sera encore dans la rue. Je suis très confiante, j'ai le sentiment que ces élections n'auront pas lieu. Pas uniquement un sentiment, mais il y a aussi des indicateurs.
Voyez ce qui c'est passé samedi. Tout l'Etat et ses ramifications n'ont pas pu mobiliser quelques milliers de personnes pour soi-disant soutenir les élections, c'est quand même un indicateur assez significatif que les Algériens dans leur grande majorité rejettent ce scrutin, et je pense qu'il doit y avoir dans les institutions de l'Etat des gens qui ne peuvent pas aller vers ces élections rejetées par la majorité du peuple.


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