Les habitants de l'agglomération Ali Mesbah 1 (El Firma), vivent de grands manques alors que leur localité se trouve à moins de 2 km seulement du chef-lieu de commune, El Harrouch, en l'occurrence. Isolée et n'ayant jamais bénéficié d'un projet de développement conséquent, cette localité reste le parent pauvre de tous les plans de développement programmés dans la région. Outre l'absence flagrante d'infrastructures et d'aménagements, celle-ci se retrouve chaque hiver dans l'isolement. En effet, Oued N'sa, qui sépare la région d'El Harrouch, devient, à chaque saison des pluies, un obstacle pour le déplacement de la population de cette agglomération, qui se voit ainsi coupée du monde, et ce des jours durant. Les enfants scolarisés sont les plus touchés par cette situation ; ils se trouvent souvent contraints de sécher leur cours. Les habitants attendent, depuis des décennies, que les pouvoirs publics daignent solutionner ce problème en érigeant un pont sur l'oued ; ils évoquent dans la foulée beaucoup d'autres problèmes, comme l'absence d'une infrastructure de santé. Ils déclarent dans ce sens : « Nous sommes souvent obligés de parcourir 2 km à pied pour emmener nos malades ou nos femmes enceintes à l'hôpital d'El Harrouche, et cette situation n'est pas sans danger car nous devons traverser, de nuit, la RN3, ce qui a mené à plusieurs accidents mortels dont ont été victimes des enfants, des femmes et des vieux. Nous avons demandé à ce que des ralentisseurs soient installés pour minimiser le danger, mais là aussi, nos doléances sont restées vaines. » Les habitants, qui se disent lésés, ne comprennent pas le fait que d'autres agglomérations de la commune aient plus ou moins bénéficié de projets de développement, alors que la leur demeure marginalisée. « Nous n'avons bénéficié ni de projets d'amélioration urbaine, ni d'infrastructures sportives de proximité comme les agglomération de Bir Stal ou Toumiates », témoignent-ils. L'autre problème épineux qui mine leur quotidien est en relation avec la scolarité de leurs enfants. Les habitants affirment, à ce sujet : « Nos enfants ne disposent pas de transport scolaire et l'état dégradé de la route menant à notre village n'encourage pas les transporteurs privés à l'emprunter. Résultat : une scolarité difficile, et l'hiver, nos enfants passent beaucoup plus de temps chez eux que sur leur bancs de l'école. Si les responsables locaux avaient pensé à construire un pont sur l'oued, la situation aurait été totalement différente. » Evoquant les élus locaux, beaucoup d'entre eux disent ceci : « C'est vrai qu'ils étaient venus avant s'enquérir de nos problèmes ; ils avaient même promis de les prendre en considération, mais depuis il n'y a eu aucune suite, El Firma n'a connu aucune embellie. »