La ville de Bou Saâda a vibré, mardi soir, au rythme des mélodies spirituelles à l'occasion du lancement de la 12e édition du Festival local de l'Inchad. Placée sous le thème évocateur « Les valeurs de l'Inchad sèment l'esprit des gloires », cette manifestation culturelle confirme, une fois encore, l'attachement de la région à cet art porteur de sens et d'émotion. La soirée inaugurale, organisée à la salle des fêtes de la ville, a réuni un public nombreux venu partager un moment de communion artistique. Sur scène, l'artiste Ben Dahbia Bellalia, originaire de Mostaganem, ainsi que la troupe Ennahda de Tizi Ouzou, ont tour à tour enchanté l'assistance. À travers des chants patriotiques et des louanges religieuses, les artistes ont su installer une atmosphère empreinte de ferveur et de profondeur spirituelle. Dans une déclaration à la presse, le commissaire du festival, Mohamed Bouhali, a souligné que cette édition rassemble dix munshidines venus de six wilayas différentes. Tous concourent pour décrocher le titre convoité de « Munshid de Bou Saâda », distinction qui récompense autant la qualité vocale que la capacité à transmettre des messages nobles et inspirants. De son côté, le directeur de la culture et des arts de la wilaya de M'Sila, Mourad Benaïssa, a estimé que l'accueil régulier de ce rendez-vous artistique par Bou Saâda témoigne de l'enracinement profond de l'Inchad dans le patrimoine local. Selon lui, le succès des précédentes éditions a encouragé de nombreux artistes à participer, séduits par l'ampleur et la portée de cette manifestation. Il a également rappelé que ce type d'événement bénéficie du soutien du ministère de tutelle, dans la mesure où il promeut des messages religieux et sociaux à vocation éducative. Le président de l'APC de Bou Saâda, Saïd Ben Amer, a pour sa part salué la forte affluence enregistrée dès la première soirée. À ses yeux, cette mobilisation illustre la place privilégiée qu'occupe l'Inchad dans le cœur du public, aussi bien à l'échelle nationale qu'au niveau local, où cet art conserve une dimension identitaire particulière. La cérémonie d'ouverture ne s'est pas limitée aux prestations artistiques. Elle a également été marquée par un moment d'émotion avec l'hommage rendu aux familles des regrettés artistes Sofiane Zigam et Abdelkader Houari, ainsi qu'à plusieurs anciens munshidines de Bou Saâda. Cette reconnaissance symbolique vient saluer leur contribution à la valorisation d'un art fondé sur la parole porteuse de sens et la transmission de valeurs. Le coup d'envoi officiel du festival a été donné par le wali délégué de Bou Saâda, Attal Amrani, en présence des autorités locales. Les festivités se poursuivront jusqu'au 26 février, offrant aux habitants et aux visiteurs une nouvelle occasion de célébrer un patrimoine artistique qui conjugue foi, patriotisme et engagement culturel.