Actuellement en convalescence, Youcef Belaïli prépare déjà l'après-carrière. Invité sur Samira TV, le meneur de jeu de Espérance Sportive de Tunis a annoncé son intention de lancer une académie de formation en Algérie, un projet qu'il souhaite implanter d'abord à Oran, sa ville natale, avant de l'étendre à Alger. Dans son intervention, Belaïli n'a pas laissé place à l'ambiguïté quant à l'identité du projet. «Ça sera la Juventus», a-t-il affirmé, évoquant un modèle directement inspiré du club italien. Séduit par l'expérience de Juventus Tunisia, structure affiliée créée en 2015 en Tunisie et fréquentée notamment par son fils, l'international algérien ambitionne de reproduire ce schéma en Algérie. De nombreux jeunes talents algériens, souvent loués pour leur technique Si la Juventus ne revendique pas la réputation d'«usine à talents» d'un club comme l'Atalanta Bergamasca Calcio, elle s'est imposée historiquement par sa capacité à façonner des joueurs rigoureux, capables d'évoluer sous pression et d'intégrer des schémas tactiques exigeants. Un modèle qui pourrait trancher avec le profil traditionnel de nombreux jeunes talents algériens, souvent loués pour leur technique mais parfois pointés du doigt pour des lacunes dans la discipline collective — un contraste qui n'a d'ailleurs pas toujours épargné Belaïli lui-même au cours de sa carrière. Au-delà de l'ambition sportive, le projet affiche une dimension sociale affirmée. L'international algérien veut offrir une structure d'accueil et de formation à des jeunes issus de milieux modestes, en mettant à disposition hébergement, encadrement et conditions d'entraînement adaptées. Le déficit d'infrastructures et d'encadrement structuré freine Il est indiscutable puisque revendiquer depuis des lustres que la formation demeure est l'un des principaux défis du football algérien. La référence qui revient souvent dans des discussions à diverses occasions footballistiques, est bien l'école du Paradou AC qui s'est imposée comme une marque continentale, aujourd'hui le constat est édifiant : l'offre reste limitée à l'échelle d'un territoire aussi vaste. En dehors des grands centres urbains, le déficit d'infrastructures et d'encadrement structuré freine l'émergence de nombreux talents. Les conséquences de ce manque de formation se vérifient à chaque rencontre de football et même dans d'autres disciplines. A quand des centres de formations… Comme ceux qui poussent timidement au sein de quelques clubs ? Alors qu'Algérie, les jeunes talents sont régulièrement salués pour leur créativité et leur aisance technique, mais parfois critiqués pour des lacunes dans la lecture du jeu ou la discipline tactique. Le contraste entre ces profils et l'exigence méthodique du modèle turinois pourrait, s'il est correctement adapté, produire un équilibre intéressant. Dans ce contexte, l'initiative de Belaïli pourrait représenter un signal fort. Reste à savoir si le projet parviendra à se concrétiser et à s'inscrire durablement dans le paysage du football algérien, où la structuration de la formation apparaît plus que jamais comme un enjeu stratégique.